Ancienne star du basket et ex-sénateur, le démocrate Bill Bradley s’est imposé en quelques mois comme une menace pour le vice-président Al Gore dans la course à la présidence américaine, à la faveur d’une campagne sans panache mais singulièrement efficace. Il y a encore un an, aucun expert ne donnait la moindre chance à cet introverti flegmatique d’1,95 m, à l’éloquence souvent ennuyeuse, qui a toujours refusé de jouer le jeu politique traditionnel de Washington. Mais, sans fanfare, Bill Bradley, 56 ans, a tissé sa toile électorale. Il a joué de toutes ses cartes : diplômé en histoire de Princeton, joueur adulé de la NBA avec l’équipe des New York Knicks entre 1967 et 1977, sénateur du New Jersey de 1978 à 1996. Un carnet d’adresses unique et la ténacité minutieuse qui le caractérisent lui ont permis de récolter à la surprise générale quelque 27 millions de dollars pour financer sa campagne, autant qu’Al Gore et sa puissante machine démocrate. Une fois assise sa respectabilité financière, il a choisi une campagne anticonformiste, au message idéaliste. Bradley se veut authentique, moral, l’anti-Clinton. Il dit refuser la dictature des sondages. «Je dis aux gens ce que je crois», aime à répéter ce fils unique d’un petit banquier handicapé et d’une enseignante, élevé dans la ville de Crystal City (Missouri). Distant avec la presse, il se présente comme l’homme de «quelques grands projets» : réformer le système d’assurance maladie pour que tous les enfants en bénéficient, réduire la pauvreté, travailler à la réconciliation raciale. Il se situe plutôt à gauche du Parti démocrate, défend le droit à l’avortement, un strict contrôle des armes à feu, mais est aussi un fervent partisan du libre-échange. Quand tous les autres candidats profitent de la prospérité économique pour promettre des baisses d’impôts, Bradley affirme doucement que ce n’est pas sa priorité, préférant plutôt «réparer le toit de la maison quand le soleil brille». Et à l’inverse de ses concurrents, il refuse toute confidence sur sa vie privée, qu’il s’agisse de son mariage avec Ernestine, une universitaire d’origine allemande de 8 ans son aînée, de ses pratiques religieuses ou simplement de son livre préféré. Ces dernières semaines, face à un vice-président qui a modifié sa stratégie de campagne pour mieux le contrer, Bradley semble en perte de vitesse. Il n’espère pas gagner les caucus de l’Iowa, État à dominante agricole où son côté professoral passe parfois pour du dédain. Dans le New Hampshire, où auront lieu les premières primaires, il est au coude à coude avec Al Gore. Mais Bill Bradley, homme modeste et brillant, habitué du succès, se projette dans la durée. «Il y a une vraie campagne nationale, (après le New Hampshire) et nous avons les ressources pour nous battre», a-t-il déclaré cette semaine.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Ancienne star du basket et ex-sénateur, le démocrate Bill Bradley s’est imposé en quelques mois comme une menace pour le vice-président Al Gore dans la course à la présidence américaine, à la faveur d’une campagne sans panache mais singulièrement efficace. Il y a encore un an, aucun expert ne donnait la moindre chance à cet introverti flegmatique d’1,95 m, à l’éloquence souvent ennuyeuse, qui a toujours refusé de jouer le jeu politique traditionnel de Washington. Mais, sans fanfare, Bill Bradley, 56 ans, a tissé sa toile électorale. Il a joué de toutes ses cartes : diplômé en histoire de Princeton, joueur adulé de la NBA avec l’équipe des New York Knicks entre 1967 et 1977, sénateur du New Jersey de 1978 à 1996. Un carnet d’adresses unique et la ténacité minutieuse qui le caractérisent lui ont permis...