Discret et pondéré, avare de paroles mais déterminé, Gustavo Noboa, le nouveau président de l’Équateur, un homme apolitique et fervent catholique, promène à 61 ans une allure tranquille et débonnaire sous une barbe blanche rassurante. Avocat et professeur d’université, le successeur du démocrate-chrétien Jamil Mahuad était son vice-président depuis l’élection d’août 1998. Sa réputation d’homme efficace n’avait pas été étrangère à la décision de Jamil Mahuad de lui confier la vice-présidence. Grâce à une puissance de travail reconnue, il avait ainsi réussi à obtenir des aides substantielles pour la reconstruction de la zone de la côte pacifique, ravagée en 1998 par le phénomène climatique El Nino avec des pertes pour le pays évaluées à 3,6 milliards de dollars. Père de six enfants, cet homme réputé pour son intégrité a fait de la «lutte contre la corruption» l’un des axes de sa politique, ainsi qu’il l’a déclaré avant de signer le décret de sa prise de fonctions comme chef de l’État au siège du commandement des forces armées. «Nous devons récupérer les biens mal acquis», a-t-il lancé dans une menace voilée contre les auteurs de détournements de fonds. Originaire de Guayaquil (sud-ouest), il a été recteur de l’université catholique de cette ville, véritable poumon économique du pays. Il a été également gouverneur de la province de Guayas (sud-est) en 1983, sous la présidence d’Osvaldo Hurtado. Le nouveau chef de l’État n’appartient à aucun parti politique. Ce catholique pratiquant, qui assiste à la messe tous les dimanches, avait été reçu en 1979 dans l’Ordre de Saint-Sylvestre au Vatican. Sa discrétion explique sa réserve à évoquer la qualité de ses relations avec Jamil Mahuad. «Je n’ai jamais été consulté pour résoudre les graves problèmes du pays», avait-il fini par lâcher à son retour de Guayaquil alors que le pays affrontait les convulsions d’un coup d’État. Cette pondération n’empêche pas Gustavo Noboa de savoir s’affirmer quand il le faut. Lors de son discours de prise de fonctions, sa détermination a été illustrée par une élocution ferme et résolue dans sa volonté de «normaliser les activités du pays» face aux «germes de décomposition» de l’Équateur.
Discret et pondéré, avare de paroles mais déterminé, Gustavo Noboa, le nouveau président de l’Équateur, un homme apolitique et fervent catholique, promène à 61 ans une allure tranquille et débonnaire sous une barbe blanche rassurante. Avocat et professeur d’université, le successeur du démocrate-chrétien Jamil Mahuad était son vice-président depuis l’élection d’août 1998. Sa réputation d’homme efficace n’avait pas été étrangère à la décision de Jamil Mahuad de lui confier la vice-présidence. Grâce à une puissance de travail reconnue, il avait ainsi réussi à obtenir des aides substantielles pour la reconstruction de la zone de la côte pacifique, ravagée en 1998 par le phénomène climatique El Nino avec des pertes pour le pays évaluées à 3,6 milliards de dollars. Père de six enfants, cet...
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