Tommi Makinen a ouvert la saison 2000 des rallyes par une démonstration au volant de sa Mitsubishi dans le rallye Monte-Carlo. En s’adjugeant avec maestria la classique hivernale pour la deuxième fois consécutive, le Finlandais a donné un premier coup au moral de ses adversaires qui rêvent de le déboulonner du trône mondial sur lequel il s’est installé il y a maintenant quatre ans, fin 1996. «C’est excellent, c’est un très bon départ pour ce qui s’annonce comme une rude saison, s’est réjoui le vainqueur. Je vais maintenant me concentrer sur le prochain rallye en Suède où on a gagné ces deux dernières années». Ford et Subaru, prétendantes au titre mondial des constructeurs en fin d’année, ont engrangé de précieux points en complétant le podium. Mais ni Carlos Sainz ni Juha Kankkunen n’ont jamais menacé de faire chuter le roi, finissant respectivement à 1’24’’8 et 3’21’’4. Le putsch, deux pilotes y croyaient après la première étape, l’ambitieux vice-champion du monde anglais Richard Burns sur Subaru et le Français Gilles Panizzi sur Peugeot, respectivement à 12 et 30 secondes du leader finlandais. Mais ils ont été victimes d’une panne presque grotesque vendredi matin à l’aube de la deuxième étape, leurs voitures refusant de démarrer dans le parc fermé de Gap. Du coup, la course s’est transformée en promenade de santé pour Makinen. «Depuis l’abandon de Burns et Panizzi, nous ne sommes pas vraiment inquiets», déclarait ainsi le Finlandais à mi-étape samedi. «Mais il faut rester motivés et c’est plus facile en gardant un certain rythme». Sur un asphalte sec le plus souvent mais parsemé de pièges de verglas, le pilote a en effet rarement levé le pied, s’imposant au total dans six des 14 spéciales disputées au total (l’ES 6 ayant été annulée). Dans un petit jeu sans doute enrageant pour ses lointains poursuivants, il a parfois concédé des poignées de seconde avant de les reprendre aussitôt après dans le secteur chronométré suivant, confirmant au passage son grand sens tactique et sa parfaite maîtrise du choix des pneumatiques, primordial sur l’épreuve. Il ne s’est vraiment relâché que dans la 15e et dernière spéciale, celle du fameux col de Turini où les spectateurs jettent de la neige sur la route pour mieux apprécier les prouesses des artistes du volant. Peugeot en panne Derrière en revanche, Sainz à la lutte pour la deuxième place avec son coéquipier Colin McRae a rappelé qu’il avait été trois fois champion du monde, réussissant le meilleur temps pour la deuxième fois consécutive. Mais l’Écossais n’a pas pu répliquer, abandonnant après 14 km au bord de la route, moteur fumant. «Je suis dégoûté. J’espérais que la première année m’apporterait plus de chance que l’an dernier, mais non. Je ne crois pas que je sois fait pour aller avec la chance», a déclaré le champion du monde 1995. Sainz, lui, ne pouvait que se réjouir de sa deuxième place. «C’est plus que je ne pouvais espérer pour mon premier rallye avec la Focus. Je peux confirmer que cette voiture a un énorme potentiel», a dit le triple vainqueur. «Même s’il n’y a pas eu autant de neige et de glace que d’habitude, ça a été un rallye difficile». Débarqué de Toyota, qui a quitté les rallyes, Sainz a retrouvé en début d’année chez Ford son coéquipier de Subaru avec qui il ne s’était pas franchement entendu en 1995. La bagarre s’annonce féroce entre les deux hommes, considérés comme deux numéros un par le patron de l’écurie Malcom Wilson. Profitant de l’abandon de McRae, le vétéran Juha Kankkunen sur Subaru, ancien quadruple champion du monde, a grimpé sur la troisième marche du podium tandis que son compatriote Toni Gardemeister a décroché une quatrième place prometteuse pour l’écurie Seat. Deux pilotes belges, le franc-tireur Bruno Thiry au volant d’une Toyota privée et le deuxième pilote Mitsubishi Freddy Loix, ont terminé dans les points, aux cinquième et sixième places. «C’était mon premier Turini. Je suis content d’être arrivé au bout», a déclaré Loix. Outre le triomphe de Makinen, la course restera marquée par la faillite des trois Peugeot et de la Subaru. Aucune des deux écuries n’a fourni d’explication sur ce «rhume de l’an 2000», comme le titrait samedi matin la presse locale. Par une température de –7°C, comme de banals véhicules de tourisme, trois des voitures n’ont pas répondu à l’appel et le moteur de la quatrième, celle de Marcus Gronholm, a rugi pendant une minute avant de s’éteindre à son tour. Les bolides bourrés de capteurs, testés en Suède par des températures bien inférieures, avaient apparemment passé la nuit sans bâches de protection. La marque au lion, qui a entamé sa première saison pleine depuis le double sacre des 205 en 1985 et 1986, vise le titre constructeurs en fin d’année. En plus de ce «désastre», selon le terme du directeur de Peugeot Sport Corrado Provera, la prestation des pilotes tricolores a tourné au fiasco avec l’abandon de l’ancien triple vainqueur du rallye Didier Auriol, dont la Seat a rendu l’âme dans la dernière étape. Il était lointain huitième au général. La chasse aux records Makinen, peu enclin à l’exubérance, ne le dira surtout pas ouvertement mais après sa victoire au Monte-Carlo, il peut raisonnablement songer à de nouveaux records. Avec son nom déjà inscrit dans les annales du sport automobile depuis qu’il a raflé en fin d’année dernière son quatrième titre mondial consécutif, ce que personne avant lui n’avait obtenu, le Finlandais a parfaitement entamé sa quête vers, pourquoi pas, un cinquième titre. Déjà concentré sur le rallye de Suède, Makinen est en pleine confiance. «Tommi est à son apogée en termes de pilotage. Il faudra que notre équipe soit à son maximum pour le battre», souligne son compatriote Juha Kankkunen. Avant l’arrivée de son cadet au premier plan, Kankkunen était le dernier représentant de la longue lignée de champions produite par la Finlande, qui est la nation largement la plus titrée en rallyes avec 111 victoires, contre 57 à la France. Quadruple champion du monde, mais non consécutivement, le vétéran de Laukaa conserve un record qu’aucun pilote n’a encore réussi à lui ravir, celui du nombre total de victoires : 23. Mais Makinen, qui vient de rejoindre avec sa 20e victoire un autre de ses compatriotes, le glorieux pilote des années 1970 et 80 Markku Alen, et qui tourne à quatre ou cinq succès par an depuis quatre saisons, n’est plus très loin. Sa voiture, la Mitsubishi Lancer, a encore prouvé sa fiabilité en récoltant sa 23e victoire – un autre record. «Gagner le Monte est très important parce que l’ensemble de l’équipe est impliqué, note le directeur de l’écurie Andrew Cowan. Nous avons énormément de personnel sur cette épreuve, des équipes spécialisées pour la météo, pour la glace, et cette victoire est un formidable coup de fouet».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Tommi Makinen a ouvert la saison 2000 des rallyes par une démonstration au volant de sa Mitsubishi dans le rallye Monte-Carlo. En s’adjugeant avec maestria la classique hivernale pour la deuxième fois consécutive, le Finlandais a donné un premier coup au moral de ses adversaires qui rêvent de le déboulonner du trône mondial sur lequel il s’est installé il y a maintenant quatre ans, fin 1996. «C’est excellent, c’est un très bon départ pour ce qui s’annonce comme une rude saison, s’est réjoui le vainqueur. Je vais maintenant me concentrer sur le prochain rallye en Suède où on a gagné ces deux dernières années». Ford et Subaru, prétendantes au titre mondial des constructeurs en fin d’année, ont engrangé de précieux points en complétant le podium. Mais ni Carlos Sainz ni Juha Kankkunen n’ont jamais...