Les favoris à l’élection présidentielle croate du 24 janvier sont, dans l’ordre des sondages, le centriste Stipe Mesic, le libéral Drazen Budisa et le chef de la diplomatie Mate Granic. — STIPE MESIC, 65 ans, est le candidat de la seconde coalition formée par quatre partis d’opposition : Parti populaire croate (HNS), Parti libéral (LS), Parti des paysans croates (HSS), Parti démocratique d’Istrie (IDS). Dernier président de l’ex-Yougoslavie avant son éclatement, il a ensuite été l’un des principaux dirigeants du HDZ et proches collaborateurs de Tudjman. Désigné président du parlement en 1992, il a quitté en 1994 la Communauté démocratique croate (HDZ) en signe de protestation et a été limogé à cette date de son poste parlementaire. Il a fondé cette année-là le Parti des démocrates indépendants qu’il a quitté pour rejoindre les rangs du HNS. Depuis 1994, il a été l’un des plus farouches critiques et opposants de Tudjman, qu’il accusait en permanence d’avoir voulu se partager la Bosnie avec Slobodan Milosevic. Il montrait du doigt le gouvernement pour les privatisations frauduleuses et la mauvaise situation socio-économique dans le pays. Très populaire parmi les femmes et les jeunes, il est réputé pour son humour et son sens de la répartie. — DRAZEN BUDISA, 51 ans, est le candidat de la coalition de centre-gauche formée par le Parti socio-libéral croate (HSLS) et le Parti social-démocrate (SDP), qui a remporté une victoire écrasante aux législatives du 3 janvier sur le HDZ. Dirigeant du HSLS, il avait milité en 1971 contre l’idéologie communiste yougoslave et avait été condamné à quatre ans de prison. Reconverti au pluralisme politique sous la Croatie indépendante, ce diplômé en philosophie et sociologie a cumulé plusieurs mandats au parlement et s’était présenté en 1992 à la présidentielle où il avait été largement battu par Tudjman. Ses détracteurs le décrivent comme une personne avide de pouvoir. — MATE GRANIC, 52 ans, candidat du HDZ, est un politicien modéré avec un profil pro-européen au sein d’un parti dominé par les nationalistes. Il arrivait en tête des sondages d’intention de vote avant la lourde défaite de son parti aux législatives. Médecin de formation, extrêmement courtois, il a exercé différentes fonctions au gouvernement et a été nommé chef de la diplomatie en 1993. Il a été de ce fait placé en première ligne des critiques internationales pour la politique menée par son pays en Bosnie voisine et dans le domaine des libertés publiques. Selon la presse indépendante, il a catalysé une approche plus modérée en Bosnie et défendu le plan américain sur la création de la Fédération croato-musulmane dans ce pays, qui a mis fin au sanglant conflit croato-musulman (1993-94). Ce bien-aimé des chancelleries occidentales a été vivement critiqué par des membres de son parti, qui l’ont accusé d’avoir mené une mauvaise politique étrangère, illustrée selon eux par l’absence de chefs d’État étrangers aux funérailles de Tudjman.
Les favoris à l’élection présidentielle croate du 24 janvier sont, dans l’ordre des sondages, le centriste Stipe Mesic, le libéral Drazen Budisa et le chef de la diplomatie Mate Granic. — STIPE MESIC, 65 ans, est le candidat de la seconde coalition formée par quatre partis d’opposition : Parti populaire croate (HNS), Parti libéral (LS), Parti des paysans croates (HSS), Parti démocratique d’Istrie (IDS). Dernier président de l’ex-Yougoslavie avant son éclatement, il a ensuite été l’un des principaux dirigeants du HDZ et proches collaborateurs de Tudjman. Désigné président du parlement en 1992, il a quitté en 1994 la Communauté démocratique croate (HDZ) en signe de protestation et a été limogé à cette date de son poste parlementaire. Il a fondé cette année-là le Parti des démocrates indépendants...
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