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Actualités - Chronologie

Les sorties de la semaine Grisaille ... (photos)

On se doute bien que les coups durs de l’hiver n’ont pas favorisé le commerce des films. Une exception notable, le film «porteur» du moment : «The World is not Enough», de Michael Apted, qui attire les fidèles du mythe «James Bond». Rares et sans relief sont les «nouveautés» de la semaine. Autant expédier en vitesse «Brokedown Palace», de Jonathan Kaplan, et «The Love Letter», de Peter Ho-sun Chan, opération dont se charge Raya Abi-Rached (en oubliant le dernier Jean-Claude Van Damme : «Inferno» le bien nommé). Et autant profiter de ce passage à vide pour vous présenter la suite de la programmation prévue au Vidéo-Club de l’Iesav : des titres prometteurs. Attention : dernière semaine prévue pour «Tout sur ma mère», de Pedro Almodovar. Et prolongation imprévue du film de Franco Zeffirelli, «A Tea With Mussolini», au Planète/Plaza. Sorties prévues (en principe) pour la semaine prochaine : «The Bone Collector» (Phillip Noyce) – «Deep Blue Sea» (Renny Harlin) – et «The 13th Floor» (Josef Rusnak). Paradis perdu Brokedown Palace, de Jonathan Kaplan Encore un film dont le thème est bien connu : les conséquences du port de drogue par les touristes en Asie. On a vu récemment un film semblable : Return to Paradise, de Joseph Ruben. Claire Danes et Kate Beckinsale incarnent deux jeunes Américaines parties à l’aventure en Thaïlande, le lendemain de leur soirée de promotion, pour fêter leur entrée prochaine à l’université. Si le séjour s’annonce paradisiaque, la descente aux enfers ne tardera pas à s’amorcer : après avoir été séduites par un jeune homme, les deux filles sont arrêtées à l’aéroport pour port de cocaïne et jetées en prison. Dans un pays où le système judiciaire est trop rigide, leur salut semble impossible. Seul un avocat américain vivant dans le pays peut les aider. L’intensité émotionnelle est vive dans ce film et les prestations de Danes et Beckinsale sont excellentes. Le film rappelle d’ailleurs un tantinet The Red Corner, de Jon Avnet, avec Richard Gere. Nous dirons que Brokedown Palace est un film de qualité moyenne, mais qui se laisse voir. EMPIRE/DUNES/GALAXY, ESPACE, St.-ÉLIE Spielberg à l’eau de rose The Love Letter, de Peter Ho-sun Chan Il s’agit d’un film d’amour au sujet apparenté à Message in a Bottle, film sorti l’an dernier avec Kevin Costner et Robin Wright, inédit au Liban. Dans une petite ville où tout le monde semble s’ennuyer, une femme reçoit (ou trouve) une lettre d’amour et se met à soupçonner tous les hommes de son entourage de l’avoir envoyée (ou peut-être fantasme-t-elle ?). Comédie romantique très légère, The Love Letter réunit à l’écran une distribution directement issue de la télévision américaine : Cate Capshaw, Ellen DeGeneres, Tom Everett Scott, ce qui fait ressembler le film plus à un téléfilm qu’à une rigoureuse histoire d’amour. On sent un effort des studios Dreamworks de donner de l’entrain à ce film pour faire plaisir à Cate (Madame Spielberg) qui est aussi productrice exécutive du film. Sans le studio de son mari, le long métrage de Cate Capshaw n’aurait probablement pas été produit. On y voit encore Blythe Donner, Gloria Stuart et les deux filles de Cate, Jessica Capshaw et Sasha Spielberg. Ô familles... CONCORDE, PLANÈTE/ABRAJ/ZOUK Vidéo-Club de l’Iesav Suite de saison avec Kubrick, Allen, Herzog... Kazan et Angelopoulos avaient ouvert la programmation de l’an 2000. Le premier avec A Streetcar Named Desire, un lieu clos étouffant de sexualité refoulée. Le second avec L’éternité et un jour, l’attente de la mort face à la remontée des souvenirs, à la présence de la vie. Stanley Kubrick, Woody Allen et Werner Herzog prennent le relais : le génie, l’originalité et la puissance. Trois autres grands cinéastes également attachants, chacun à sa manière différente. Un lien commun : la passion de faire du cinéma. Fellini avait assuré le relais avec Amarcord, un film «mémorable» – c’est le terme qui convient – qui sera projeté, ce lundi 24, au Théâtre Monnot (voir ci-contre). Enfant, adolescent, celui qui allait devenir le «maestro» se faisait déjà «son» cinéma. Et quel cinéma ! 31 janvier. Barry Lyndon, film anglais de Stanley Kubrick (1975), avec Ryan O’Neal, Marisa Berenson, Patrick Magee et Hardy Kruger. Même titre en France (durée: 3h.). Indiscutablement, un des chefs-d’œuvre les plus absolus du génial cinéaste disparu. Kubrick avait signé lui-même le scénario de Barry Lyndon, adapté du roman de William Thackeray, critique acerbe de la société anglaise du XVIIIe siècle. L’opposition entre la forme – d’un raffinement subtil, servi par une mise en scène superbe – et le fond – peinture impitoyable de la dégradation d’un homme évoluant au sein d’un milieu tout de façade et d’hypocrisie – constitue le sujet même de ce film étonnant. Un peu comme avec Tom Cruise pour Eyes Wide Shut, Kubrick avait choisi, pour le rôletitre de Barry Lyndon, un acteur a priori peu indiqué: à savoir Ryan O’Neal, qui s’y montre parfait. «Si vous voulez éprouver l’oppression infinie sous-jacente à la beauté même de la culture européenne, a écrit le critique américain Kent Jones, allez voir “Barry Lyndon”». Enfin de bilan, c’est la beauté qui domine. 7 février. Mighty Aphrodite, film américain de, et avec, Woody Allen (1995), Claire Bloom, Helena Bonham-Carter, Mira Sorvino, Olympia Dukakis et F. Murray Abraham. Titre en France: Maudite Aphrodite (durée: 1h35). On sait la complexité des histoires «familiales» qu’a dû affronter, il n’y a pas si longtemps, Woody Allen. Il raconte qu’un jour – c’était donc en 95 – il a pensé à une histoire intéressante: un homme, malheureux dans son mariage, retrouve la mère naturelle de l’enfant qu’il a adopté, une mère qui se trouve être aussi adorable que cet enfant... On se doute bien que ce genre d’argument, avec l’auteur de Everyone Says I Love You, ne risquait guère de tourner à la tragédie grecque... même si la femme en question se révèle être une prostituée! «Je n’ai jamais pensé à faire terminer les deux personnages ensemble, précise encore le cinéaste, ça m’aurait semblé trop routinier. Je trouvais plus original qu’ils finissent le film chacun de leur côté, avec l’enfant de l’autre, mais sans le savoir». Avec tout cela, «le plus européen des metteurs en scène new-yorkais» nous donne donc un divertissement de choix. Un plus: Mira Sorvino, qui a gagné là un Oscar d’interprétation. 14 février. Aguirre, la colère de Dieu, film allemand de Werner Herzog (1972), avec Klaus Kinski, Helena Rojo, Ruy Guerra (durée: 1h34). Le récit d’une folle expédition (au XVIe siècle) lancée, à travers les jungles des montagnes des Andes (le film a été tourné au Pérou), par un groupe de «conquistadors» sous les ordres du soudard Don Lope de Aguirre, surnommé «la colère de Dieu». La colonne des aventuriers – où se glissent quelques femmes en chaises à porteurs! – va se diluer peu à peu dans une nature hostile et sombrer dans le délire d’un rêve déçu de richesse et de puissance. La quête des mythiques Sept Cités de l’or va se terminer en désastre... Authentique (jusqu’à quel point?) ou pas, cette histoire frappe par ses proportions incroyables. La réalisation – qui fut évidemment ardue – de Werner Herzog est à la hauteur de ce propos quasi inhumain. Et puis, dominant le tout, s’impose la création de Klaus Kinski (Aguirre), qui fut un comédien haut en couleur, à la marginalité exaltée.
On se doute bien que les coups durs de l’hiver n’ont pas favorisé le commerce des films. Une exception notable, le film «porteur» du moment : «The World is not Enough», de Michael Apted, qui attire les fidèles du mythe «James Bond». Rares et sans relief sont les «nouveautés» de la semaine. Autant expédier en vitesse «Brokedown Palace», de Jonathan Kaplan, et «The Love Letter», de Peter Ho-sun Chan, opération dont se charge Raya Abi-Rached (en oubliant le dernier Jean-Claude Van Damme : «Inferno» le bien nommé). Et autant profiter de ce passage à vide pour vous présenter la suite de la programmation prévue au Vidéo-Club de l’Iesav : des titres prometteurs. Attention : dernière semaine prévue pour «Tout sur ma mère», de Pedro Almodovar. Et prolongation imprévue du film de Franco Zeffirelli, «A Tea With...