Quatre-vingts pour cent des islamistes armés ont profité de l’amnistie et les autorités n’ont désormais d’autre choix que de livrer une guerre totale aux rebelles qui ont refusé de déposer les armes, a annoncé hier le gouvernement algérien tout en laissant la porte ouverte à une reddition du groupe radical de Hassan Hattab. Le 13 juillet dernier, le président Abdelaziz Bouteflika avait donné six mois aux islamistes armés pour profiter d’une amnistie partielle et conditionnelle dans le cadre d’une politique de concorde civile massivement approuvée par la population à la mi-septembre par voie de référendum. Yazid Zerhouni, nouveau ministre de l’Intérieur et ancien responsable adjoint du renseignement militaire, a déclaré hier à la radio nationale que, à l’échéance du délai, il y a six jours, quatre rebelles sur cinq «globablement» avaient déposé les armes et s’étaient rendus. «Après l’expiration de l’amnistie, les autorités n’ont d’autre choix que la répression», a-t-il assuré en situant les bastions de la rébellion dans les provinces de Jijel, Bouira, Tizi-Ouzou, Tebessa et Batna, à l’est et au sud-est d’Alger, et de Tiaret, Aïn Defla, Tisemsilt et Béchar, au sud-ouest. Mais Zerhouni a laissé la porte ouverte à de nouveaux pourparlers avec le groupe radical al-Da’wa wal djihad (Prédication et guerre sainte) de Hassan Hattab, un dissident du GIA, qui avait entrepris de négocier sa reddition avant l’expiration de l’offre d’amnistie. «Les terroristes qui avaient entamé des négociations pour se rendre avant le 13 janvier mais ne se sont pas rendus se verront accorder l’amnistie s’ils se rendent ultérieurement alors que ceux qui ne sont pas impliqués dans des négociations seront punis conformément au code pénal même s’ils se rendent», a-t-il dit. Offensive cette semaine ? Selon la presse algérienne, l’«émir» Hassan Hattab était encore en négociation avec les militaires algériens lors de l’expiration du délai mais les contacts furent rompus parce que trois membres de son mouvement hostiles à toute reddition ont assassiné son émissaire. De source gouvernementale dans la province de Bouira, un des fiefs de Hattab, la radio nationale avait annoncé que celui-ci envisageait de se livrer en compagnie de 130 hommes, dont les 100 membres du bataillon al-Gouraba commandé par un dénommé Ahmed Djébri. De source politique algérienne, on excluait toutefois que le groupe de Hattab, qui compterait quelque 1 500 hommes dans les montagnes et les forêts de Kabylie, puisse bénéficier d’une amnistie aussi généreuse que celle obtenue par l’AIS car l’armée y est hostile. La branche armée de l’ex-Front islamique du salut, qui avait pris les armes en 1992 après avoir été privé par l’armée de sa victoire électorale, s’est auto-dissoute la semaine dernière en échange de l’amnistie générale accordée par Bouteflika à ses 8 000 membres. La reddition éventuelle du groupe Hattab laisserait le GIA d’Antar Zouabri isolé dans son jusqu’au-boutisme pour imposer un État islamique en Algérie face à des forces de sécurité qui se préparent à lancer – cette semaine selon le journal Le Maghreb – une offensive généralisée dans les provinces cités par Zerhouni.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Quatre-vingts pour cent des islamistes armés ont profité de l’amnistie et les autorités n’ont désormais d’autre choix que de livrer une guerre totale aux rebelles qui ont refusé de déposer les armes, a annoncé hier le gouvernement algérien tout en laissant la porte ouverte à une reddition du groupe radical de Hassan Hattab. Le 13 juillet dernier, le président Abdelaziz Bouteflika avait donné six mois aux islamistes armés pour profiter d’une amnistie partielle et conditionnelle dans le cadre d’une politique de concorde civile massivement approuvée par la population à la mi-septembre par voie de référendum. Yazid Zerhouni, nouveau ministre de l’Intérieur et ancien responsable adjoint du renseignement militaire, a déclaré hier à la radio nationale que, à l’échéance du délai, il y a six jours, quatre...