Les membres du Conseil de sécurité de l’Onu tentaient hier de surmonter l’impasse sur la nomination du chef du nouvel organisme de désarmement de l’Irak, après le rejet par la Russie et la France du Suédois Rolf Ekeus. La France, après la Russie, a rejeté hier la candidature du diplomate suédois Rolf Ekeus, illustrant les profondes divisions au sein du Conseil sur la politique à suivre vis-à-vis de l’Irak. À l’issue d’un mois d’intenses consultations, le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan avait proposé lundi la candidature de Rolf Ekeus, qui avait déjà été à la tête de la défunte Commission spéciale sur le désarmement de l’Irak (Unscom), de 1991 à 1997. Selon des diplomates, la Chine, la Malaisie et peut-être la Jamaïque, pourraient aussi objecter à la candidature de M. Ekeus. Le porte-parole de l’Onu, Fred Eckhard, a reconnu hier que le rejet d’une proposition de nomination était «très inhabituelle». Le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères, François Rivasseau, a justifié le rejet de M. Ekeus par le fait que, après avoir dirigé pendant six ans l’Unscom, «on pouvait douter qu’il puisse incarner cette volonté de renouveau et de changement», voulue par la France. Lundi, la Russie avait déjà jugé «inacceptable» la candidature de M. Ekeus. Les membres du Conseil avaient jusqu’à 17h00 GMT pour objecter formellement à la candidature de M. Ekeus. Le président du Conseil, l’ambassadeur américain Richard Holbrooke, a déjà reçu plusieurs lettres, a indiqué M. Eckhard. Face à ce désaveu, l’Onu apparaissait peu encline à prendre rapidement de nouvelles initiatives, laissant les quinze membres du Conseil chercher un consensus. «La question est dans les mains du Conseil», a dit Fred Eckhard. Il avait indiqué lundi que M. Annan avait évoqué 25 noms de candidats, mais que «le Conseil ne s’était pas mis d’accord sur un seul nom». Des diplomates ont indiqué que d’anciens noms pourraient être à nouveau proposés, comme l’ambassadeur de Finlande en Israël, Pasi Patokallio, un ancien expert en désarmement, ou le diplomate sud-africain Abdul Minty. De nouveaux candidats pourraient aussi émerger. Kofi Annan espérait encore hier matin que le Conseil puisse reconsidérer la candidature de Rolf Ekeus qu’il considère comme «un candidat raisonnable», a dit le porte-parole de l’Onu. Mais la tâche s’annonce difficile car, au-delà du chef de l’Unmovic, les cinq membres permanents du Conseil (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) sont toujours très divisés sur ce que l’Irak doit encore accomplir en matière de désarmement avant de lever les sanctions internationales. Ces sanctions, imposées après l’invasion du Koweït en 1990, ne pourront être levées que lorsque l’Irak ne possédera plus d’armes de destruction massive. Bagdad affirme avoir achevé son désarmement et réclame la levée immédiate des sanctions. La Chine, la France, la Russie et la Malaisie se sont ainsi abstenues quand le Conseil a décidé le 17 décembre de créer la Commission de contrôle, de vérification et d’inspection des Nations unies (Unmovic), en lieu et place de la très controversée Unscom. Le Conseil avait aussi décidé de suspendre les sanctions si l’Irak coopérait pleinement avec l’Unmovic.
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