L’archipel indonésien des Moluques est à feu et à sang à la suite des affrontements entre chrétiens et musulmans. L’islam, apporté de Java au XVe siècle, et le christianisme, prêché par saint François-Xavier en 1546, y coexistent de plus en plus mal. Situé entre les Célèbes et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, l’archipel des Moluques, le plus oriental de l’Indonésie (74 505 km2 – dont près de 60 000 km2 de forêts – et quelque deux millions d’habitants), compte plusieurs centaines d’îles. Celles d’Halmahera (nord), de Seram et de Buru (centre) sont les plus importantes. Ambon, la capitale, est dans la petite île du même nom. En avril 1950, cinq ans après l’émancipation indonésienne de la tutelle coloniale, les Pays-Bas – dont la Compagnie hollandaise des Indes orientales monopolisa le commerce des épices – favorisent la création de la République libre des Moluques du Sud (RMS). Vaincue par l’armée en novembre suivant, elle est intégrée dans la République unifiée d’Indonésie. C’est aux Pays-Bas que les autonomistes sud-moluquois se sont installés en octobre 1951 et ont créé leur gouvernement en exil, jamais reconnu officiellement. Les dirigeants de la RMS, qui affirment avoir des relais «dans chaque village» de l’archipel et une «très large majorité de partisans» parmi les quelque 40 000 Moluquois des Pays-Bas, viennent d’établir les premiers contacts officieux avec l’Indonésie. Ce progrès et le regain des violences les incitent à la modération. Ils veulent l’indépendance mais prônent un divorce «à l’amiable» avec Djakarta et réclament l’arrêt des affrontements interreligieux. M. Fred Tutuhatunewa, un médecin de Rotterdam à la tête du gouvernement en exil depuis 1993, se dit favorable «à long terme» à l’établissement avec le reste de l’Indonésie d’une «union proche du modèle de l’Union européenne». Le temps est révolu des «radicaux» dont les prises d’otages avaient fait douze morts aux Pays-Bas entre 1974 et 1977. Au printemps 1977, des Sud-Moluquois y ont retenu les voyageurs d’un train pendant 19 jours, tandis qu’un autre groupe séquestrait une centaine d’enfants dans une école. L’assaut du train avait fait huit morts. Très peu développées malgré le tourisme, les îles Moluques, surnommées «îles aux épices», ont perdu la prospérité que leur avait apporté le commerce de la muscade et de la girofle.
L’archipel indonésien des Moluques est à feu et à sang à la suite des affrontements entre chrétiens et musulmans. L’islam, apporté de Java au XVe siècle, et le christianisme, prêché par saint François-Xavier en 1546, y coexistent de plus en plus mal. Situé entre les Célèbes et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, l’archipel des Moluques, le plus oriental de l’Indonésie (74 505 km2 – dont près de 60 000 km2 de forêts – et quelque deux millions d’habitants), compte plusieurs centaines d’îles. Celles d’Halmahera (nord), de Seram et de Buru (centre) sont les plus importantes. Ambon, la capitale, est dans la petite île du même nom. En avril 1950, cinq ans après l’émancipation indonésienne de la tutelle coloniale, les Pays-Bas – dont la Compagnie hollandaise des Indes orientales monopolisa le commerce des...
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