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Actualités - Chronologie

Intempéries - Visiteurs meurtris, hébétés Versailles après la tempête

Une partie du parc du château de Versailles a rouvert ses portes en fin de semaine et attiré des milliers de visiteurs, trois semaines après le passage de la tempête qui a fait d’importants dégâts, jetant au sol plus de 10 000 arbres. Les joggers, privés de leur terrain de course de prédilection, ont les premiers franchi la grille de la Reine ou celle de Neptune, seuls accès ouverts pour pénétrer dans le domaine. Habitués des lieux pour la plupart, ils paraissaient hébétés au fur et à mesure de leur progression, plus occupés à regarder autour d’eux qu’à entretenir leur forme physique. Mais profitant d’un rayon de soleil, malgré un froid vif, ce sont les promeneurs à pied, en voiture, en roller, à vélo et même en calèche, qui ont envahi l’après-midi les allées menant au Petit et au Grand Trianon. En milieu de journée, il fallait patienter plusieurs minutes boulevard de la Reine pour acquitter le péage avant de se joindre au flot, presque ininterrompu, de véhicules qui circulaient dans le parc. Pour ceux venus à pied des terrasses du château, le désastre n’apparaît que progressivement. Autour du bassin de Neptune, seuls quelques arbres sont écimés, mais en allant vers les Trianon, et malgré les efforts des jardiniers et forestiers qui ont travaillé sans relâche depuis le 26 décembre, c’est la désolation. Centenaire déraciné De part et d’autre des allées, des dizaines de kilomètres de ruban de signalisation blanc et rouge interdisent l’accès du public sous les frondaisons où gisent des dizaines de troncs, les obligeant à rester sur la chaussée. Devant un arbre plusieurs fois centenaire, déraciné comme un simple arbuste, une septuagénaire maîtrise difficilement son émotion : «Quand on voit des choses pareilles», répète-t-elle sans pouvoir aller plus loin dans son explication. Mais le pire est à venir, à l’intersection des voies menant aux Trianon. Là, les visiteurs s’arrêtent, le silence semble de rigueur : l’allée menant au Petit Trianon n’est plus jalonnée que par quelques arbres qui semblent bien frêles et clairsemés tandis qu’au loin, le bâtiment paraît abandonné au milieu de nulle part. Un père en profite pour expliquer à ses enfants le Versailles qu’il a connu quand il avait leur âge. «C’est un désastre, dit-il. Même en trente ans, je n’avais pas l’impression que les choses avaient changé; aujourd’hui, j’ai l’impression d’être ailleurs». Rares sont ceux qui sortent leurs appareils photo ou camescopes. À l’image du parc, les visiteurs semblent meurtris. Un couple de retraités, venus spécialement d’Eure-et-Loir, trouvent difficilement ses mots. «Ça a quand même dû souffler», commente le mari, ajoutant : «Et quand on pense qu’en quelques minutes, ce sont plusieurs siècles d’histoire qui ont été balayés». Un peu plus loin, comme pour se persuader qu’ils ont fait un mauvais rêve, un couple de Chatou (Yvelines) et leurs trois jeunes enfants ont déjà décidé «de revenir demain».
Une partie du parc du château de Versailles a rouvert ses portes en fin de semaine et attiré des milliers de visiteurs, trois semaines après le passage de la tempête qui a fait d’importants dégâts, jetant au sol plus de 10 000 arbres. Les joggers, privés de leur terrain de course de prédilection, ont les premiers franchi la grille de la Reine ou celle de Neptune, seuls accès ouverts pour pénétrer dans le domaine. Habitués des lieux pour la plupart, ils paraissaient hébétés au fur et à mesure de leur progression, plus occupés à regarder autour d’eux qu’à entretenir leur forme physique. Mais profitant d’un rayon de soleil, malgré un froid vif, ce sont les promeneurs à pied, en voiture, en roller, à vélo et même en calèche, qui ont envahi l’après-midi les allées menant au Petit et au Grand Trianon. En...