Directrice du Centre international des universités croates (fondé en 1971 du temps de l’ex- Yougoslavie), seul centre de rencontres internatioanles des pays de l’Est de l’époque, Ivana Burdelez est chercheuse. Elle travaille depuis des années sur les juifs séfarades. Elle est également engagée pour sa ville et ses compatriotes. Cette femme de cran n’a à aucun moment quitté Dubrovnik dont elle a vécu le siège (six mois), essayant, avec beaucoup d’autres, de sauver les monuments de cette vieille ville inscrite au patrimoine mondial de l’humanité. «Durant le siège, les habitants avaient installé leurs enfants dans ces sites, croyant les protéger des bombardements. Ils avaient cru qu’ils seraient épargnés en raison du statut international de ces endroits prestigieux. Au contraire, ce sont les enfants qui ont été le plus touché tant le déluge de feu et de fer était violent, détruisant tout». Burdelez a vécu les misères d’une population prisonnière de sa ville, qu’elle ne quittera pas pendant deux longues années et où il a fallu continuer à s’activer à organiser des concerts même avec l’orchestre symphonique de la ville, à monter des spectacles, toujours sans eau, sans électrictié, sans rien. «Pour sentir que nous survivions à la folie». Ce pays qui, naguère, a vécu du tourisme a vu ses jeunes s’expatrier définitivement. «Alors, on essaye de créer des petites entreprises familiales. Les ONG travaillent avec les femmes et donnent, par exemple, des cours de langue, d’informatique, de couture. D’autres s’attaquent à l’artisanat. Il faut bien aider les gens à vivre. Il est surtout nécessaire de restaurer ce qui peut l’être. Pour cela nous étions de nombreux volontaires à nous regrouper autour du maire. Nous avons créé un “fund raising” et la restauration est en bonne voie. Personnellement, je ne suis pas encore sortie de la guerre, et je n’en sortirai jamais, je crois. Mon objectif premier est d’aider pour qu’elle cesse». Actuellement, la préoccupation d’Ivana Burdelez et de ses collègues est de définir ce qu’ils vont apporter de positif au troisième millénaire et d’essayer «de garder un fil d’espoir. Les Serbes et les Monténégrins nous ont bombardés. C’était nos amis, ils faisaient partie de la Yougoslavie, la même pour tous. Je me sens une victime impuissante, mais je reste toujours en contact avec ces amis, même si je ne les vois pas, même s’ils ne peuvent venir en Croatie. Il était important pour nous de savoir que tous les Serbes ne nous ont pas violentés. Comme c’est important de chercher des points communs. Alors nos enfants pourront, peut-être, réellement dialoguer. C’est pourquoi aussi il est nécessaire que les pays de la Méditérranée se découvrent pour mieux se connaître et être sincères dans leur dialogue». Pour elle, cette mare nostrum ressemble à un grand bateau qui s’arrête à chaque port, décharge certaines choses et en charge d’autres. «La Méditerranée est un effort de civilisation et c’est là un long processus. Il n’y aura pas globalisation si chaque pays n’a pas son apport, ses cultures différentes qui s’affrontent pour mieux s’enrichir».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Directrice du Centre international des universités croates (fondé en 1971 du temps de l’ex- Yougoslavie), seul centre de rencontres internatioanles des pays de l’Est de l’époque, Ivana Burdelez est chercheuse. Elle travaille depuis des années sur les juifs séfarades. Elle est également engagée pour sa ville et ses compatriotes. Cette femme de cran n’a à aucun moment quitté Dubrovnik dont elle a vécu le siège (six mois), essayant, avec beaucoup d’autres, de sauver les monuments de cette vieille ville inscrite au patrimoine mondial de l’humanité. «Durant le siège, les habitants avaient installé leurs enfants dans ces sites, croyant les protéger des bombardements. Ils avaient cru qu’ils seraient épargnés en raison du statut international de ces endroits prestigieux. Au contraire, ce sont les enfants qui ont...