– Robert BRESSON, un puriste du cinéma. Dans un billet récemment publié par L’Orient-Le Jour, Fady Stephan a conté son approche de Robert Bresson, qui fut un cinéaste pas comme les autres. Vraiment autre et tout à fait différent. À la fois comme désincarné mais vivant, épuré jusqu’à l’austérité, mais mystérieusement chargé de signification, le cinéma selon Bresson montrait, comme l’a dit François Truffaut, «moins qu’il ne cachait». Bresson lui-même définissait le «cinématographe comme une écriture avec des images en mouvement et des sons». Bien sûr, on le savait déjà, le cinéma est «l’art des images qui bougent». Mais Bresson, lui, parlait d’une «écriture» – travaillée, et combien exigeante. Alors, un cinéaste maudit ? Non, pas exactement, mais un auteur secret de films «à part». D’une somme peu abondante – treize longs métrages au total – deux titres émergent, strictement représentatifs de la manière Bresson : Pickpocket (59), étrange cheminement vers une grâce chèrement méritée, et L’argent, son dernier film (83), une parabole inspirée de Tolstoï sur la déliquescence du monde moderne avec, toujours, cet appel vers un rachat mystérieux. Inclassable, solitaire, perfectionniste, Bresson était un «grand». – Riccardo FREDA, Italie, série «B», spécialiste. Aventures, fantastique tendance épouvante, cape et épée, western et, surtout, «peplums». Riccardo Freda avait tâté de tous les genres classés «populaires». Souvent avec talent. Il avait même filmé une adaptation – peu conformiste – des Misérables de Victor Hugo, qui n’était pas passée inaperçue. Il s’était intéressé aux vampires, à Casanova (une sorte de vampirisme de l’amour) et aux effrayantes expériences du Dr «Hichcock» (attention à l’orthographe : Alfred n’était pas concerné !). En 94 – il avait alors 85 ans – Riccardo Freda avait entrepris, avec peine, une Fille de d’Artagnan que Bertrand Tavernier avait dû terminer. Il y manquait l’essentiel : le panache. – Irving RAPPER, cinéaste américain. Un de ces artisans besogneux, parfois talentueux, comme il s’en trouvait beaucoup à Hollywood, dans les années 40 à 60. Irving Rapper (1898 – 1999... ou plutôt 2000), américain d’origine britannique, s’était spécialisé dans la comédie (plus ou moins sentimentale) et, surtout, le mélodrame. Il avait quelques prétentions esthétiques, sinon intellectuelles : sa réputation de «rebelle» lui valut d’ailleurs maints accrochages avec les patrons de la Warner Bros. Son principal titre de gloire reste d’avoir dirigé Bette Davis – autre rebelle – dans deux de ses meilleurs films : Now, Voyager (42) et Deception (46). Rapper avait également réalisé une première adaptation de la pièce de Tennessee Williams, The Glass Menagerie (50), avec Kirk Douglas et Jane Wyman, film «refait» en 87 par Paul Newman. – Pierre CLÉMENTI, un dandy de la marginalité. L’acteur-type (et symbole) du cinéma de la contre-culture, le plus souvent confidentiel. Il avait été dirigé par Pasolini (dans Porcherie), ce qui est un «signe», mais aussi par d’autres grands cinéastes, comme Visconti – ce qui est mieux. Et puis, on l’a connu comme partenaire de Catherine Deneuve dans la Belle de jour de Luis Bunuel. Pierre Clémenti avait réalisé quatre films «contestataires» – à son image : mais qui les a vus ? – Mr. « Q », alias Desmond LLEWELYN. Dans tous les films de James Bond (à l’exception de Dr. No et Live and Let Die), «Q» a fourni l’agent 007 en gadgets aussi originaux qu’efficaces : caméras-pistolets, stylos à l’acide, réveils et tubes de dentifrice explosifs, etc. sans oublier les indispensables passeports truqués. Ironiquement, Desmond Llewelyn (acteur peu ordinaire d’origine galloise) s’avouait incapable de planter un clou, de changer une ampoule et, à plus forte raison, de réparer une voiture. Ultime coup du sort : «Q» est mort dans un accident d’auto ! On le voit actuellement au service de Pierce Brosnan, dans The World is Not Enough, de Michael Apted.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats – Robert BRESSON, un puriste du cinéma. Dans un billet récemment publié par L’Orient-Le Jour, Fady Stephan a conté son approche de Robert Bresson, qui fut un cinéaste pas comme les autres. Vraiment autre et tout à fait différent. À la fois comme désincarné mais vivant, épuré jusqu’à l’austérité, mais mystérieusement chargé de signification, le cinéma selon Bresson montrait, comme l’a dit François Truffaut, «moins qu’il ne cachait». Bresson lui-même définissait le «cinématographe comme une écriture avec des images en mouvement et des sons». Bien sûr, on le savait déjà, le cinéma est «l’art des images qui bougent». Mais Bresson, lui, parlait d’une «écriture» – travaillée, et combien exigeante. Alors, un cinéaste maudit ? Non, pas exactement, mais un auteur secret de films «à part»....