Le design, subitement et sans nulle raison précise, se met au plat. Le «deux dimensions» prend la place du tridimensionnel, suscitant un enthousiasme généralisé. En commençant par les sacs (plats comme des tartines) et en finissant par l’ameublement, le style monacal, minimaliste, dépouillé donne le ton du XXIe siècle. Le sac ergonomique Souvent asymétrique, le sac de cet hiver se porte à même le corps comme celui des facteurs d’autrefois. Il suit les mouvements de sa porteuse, n’encombre pas ses gestes et perd en volume ce qu’il gagne en souplesse. Il n’est plus du tout question de transporter dans cette gibecière minimaliste autre chose qu’une clef (plate), sa carte de crédit et un mouchoir en papier (plié). Les habituées du fourre-tout, où dort pêle-mêle une bonne partie de leurs archives près de photos de famille, de notes manuscrites, d’un attirail beauté et d’autres pièces muséographiques, se sentiront perdues face à cette bande plate supposée contenir exclusivement moins que l’essentiel. Mais on est à la mode ou on ne l’est pas... Si on a l’âme ascétique et la pensée zen, si on aspire au renoncement total et on se sent prête à passer une journée hors de chez soi avec seul son micro-portable, il ne faut certainement pas hésiter à acquérir cette pochette géométrique qu’on porte sur son cœur... Des meubles poids plume La bonne vieille armoire cesse d’être ce mastodonte encombrant, cousin loitain de l’éléphant. Grâce à Martin Szekely, son inventeur, cette pièce de mobilier n’est plus qu’une grande feuille de stratifié d’aluminium et plastique, qu’un pliage savant transforme en pièce d’ameublement. Construite sans rivet, ni clou, cette armoire, déjà exposée au Musée Guggenheim de New York, constitue pour l’instant une pièce d’exposition et n’existe qu’en édition limitée. Mais compte tenu du succès qu’elle rencontre, elle ne tardera pas à émigrer dans les foyers. Le temps où l’acheteur partira avec son armoire en rouleau sous le bras n’est pas très loin. D’autant plus que les éléments de la chambre à coucher du nouveau siècle se mettent à point l’un après l’autre. Il en est ainsi pour le «lounge», ce que nos arrière-grands-mères qualifiaient de «lit de repos». Œuvre du designer allemand Eric Degehardt, il est en latex et skaï. D’une parfaite horizontalité minimaliste, il est doté d’un oreiller circulaire qui se glisse dans un espace créé dans le volume du meuble, le tout se transformant en un original siège à plusieurs places.
Le design, subitement et sans nulle raison précise, se met au plat. Le «deux dimensions» prend la place du tridimensionnel, suscitant un enthousiasme généralisé. En commençant par les sacs (plats comme des tartines) et en finissant par l’ameublement, le style monacal, minimaliste, dépouillé donne le ton du XXIe siècle. Le sac ergonomique Souvent asymétrique, le sac de cet hiver se porte à même le corps comme celui des facteurs d’autrefois. Il suit les mouvements de sa porteuse, n’encombre pas ses gestes et perd en volume ce qu’il gagne en souplesse. Il n’est plus du tout question de transporter dans cette gibecière minimaliste autre chose qu’une clef (plate), sa carte de crédit et un mouchoir en papier (plié). Les habituées du fourre-tout, où dort pêle-mêle une bonne partie de leurs archives près de...
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