Des tests en soufflerie sur des maquettes, complétés par des simulations numériques, permettent de prévoir exactement l’effet du vent sur un bâtiment, mais ces tests sont facultatifs et, de toute façons les normes antivents ont été dépassées par la tempête de la fin décembre qui a frappé l’Europe et durement touché, en particulier, la France. «Nous construisons des maquettes au centième, munies de capteurs de pression, qui reproduisent non seulement l’ouvrage mais également son environnement immédiat, à 500 mètres à la ronde, et les caractéristiques du vent sur le site», a expliqué à l’AFP Jacques Gandemer, directeur du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) à Nantes. Au CSTB, l’un des rares instituts en Europe à étudier de très près les effets climatiques sur les bâtiments, ces tests sont complétés par des simulations numériques ainsi que des essais de souffle à 300 km/h sur des parties de l’ouvrage en vraie grandeur. Le CSTB suggère alors des modifications de l’ouvrage. «Nous avions testé une cinquantaine de grues pour le compte du CEBTP, un bureau d’études : pendant la tempête, aucune n’a bougé», s’est félicité M. Gandemer. «Depuis vingt-huit ans, à mon souvenir, jamais un test en soufflerie ne s’est révélé trompeur, et tout ce qui a été calculé de cette façon a encaissé la tempête de manière remarquable, comme le Pont de Normandie qui avait été calculé pour des vents de 200 km/h et qui n’a pas bougé». «Parfois, nous plaçons sur le site des pylônes pendant des mois pour mesurer les vents, par exemple pour un ouvrage en front de mer», a indiqué l’expert. «Pour reproduire les mouvements tournants des vents, nous faisons tourner la maquette». Tous les 50 ans Mais les tests sophistiqués et coûteux du CSTB ne sont pas obligatoires, et sont surtout demandés pour de très grands ouvrages et non pour des immeubles traditionnels ou des établissements scolaires. «Les propriétaires de chapiteaux de cirques ne sont jamais venus nous voir, nous leur aurions suggéré des modifications», a lancé le spécialiste. Les maîtres d’ouvrage ne sont tenus que de respecter des normes fondées sur le vent maximum dans leur région, susceptible de se produire tous les 50 ans. Concrètement, cela se traduit surtout en termes d’épaisseur des matériaux et de fixation des différentes parties (toiture et murs, etc.). La force de la tempête n’avait pas été prévue par ces normes – le règlement «neige et vent» et le règlement européen Eurocode – notamment dans la région parisienne, dans l’est de la France et probablement sur la côte atlantique, selon M. Gandemer. «Elles devront probablement être revues», a-t-il ajouté. Peut-être faudra-t-il par exemple prévoir la possible simultanéité de fortes pluies qui, fin décembre, avaient détrempé le sol et facilité la chute des arbres aux racines noyées dans la boue. Le CSTB a été sollicité par EDF, par le ministère de l’Éducation nationale et par les directions départementales de l’équipement pour analyser les raisons de la chute de certains ouvrages (collèges, pylônes EDF...) pendant la tempête. Aucune règle antivent n’est d’ailleurs prévue pour les panneaux de signalisation, a-t-il noté.
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