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Actualités - Chronologie

Les Ibos se considèrent toujours comme des vaincus

Trente ans après l’échec de leur tentative de sécession du Nigeria, les Ibos s’identifient comme un «peuple de vaincus» et restent marginalisés dans un pays dominé par les vainqueurs de cette guerre du Biafra (1967-1970), qui fit plus d’un million de morts. Principale communauté du Biafra, les Ibos (est), l’une des trois grandes ethnies du Nigeria avec les Haoussas (nord) et les Yoroubas (sud-ouest),«sont encore aujourd’hui des citoyens de seconde classe dans ce pays», assure Ifunanya Ikudike, président du conseil municipal d’Ihiala qui gère l’administration d’Uli, une petite localité de l’est du pays. «Nous étions un peuple de vaincus et nous n’avons jamais été réhabilités. Je ne pense pas qu’il y ait aujourd’hui beaucoup d’Ibos estimant avoir un quelconque avenir au Nigeria», dit-il. C’est à Uli que les Ibos combattirent et perdirent la guerre déclenchée en 1967 par leur tentative de sécession. L’enclave rebelle encerclée par les forces gouvernementales, une piste d’atterrissage fut alors ouverte à Uli, au sud d’Onitsha, où se posèrent les avions acheminant par milliers de tonnes l’aide humanitaire internationale. En janvier 1970, le dernier réduit Ibo fut pris et, le 12 janvier, les forces gouvernementales obtinrent la reddition des forces du Biafra. Une célèbre photographie de l’époque montre des militaires nigérians se ruant, victorieux, sur la piste d’atterrissage d’Uli. Depuis, mis à part un court intermède de 4 ans, le Nigeria est demeuré sous la coupe de régimes militaires dirigés par les nordistes haoussas qui, soutenus par les Yoroubas, furent à la tête des forces ayant vaincu le Biafra. «Depuis la fin de la guerre civile, les Ibos ont été marginalisés», estime Chinua Achebe, le célèbre écrivain nigérian qui occupa durant les hostilités le poste de directeur adjoint des services d’information du Biafra. «Mais il n’y a là, selon lui, rien de surprenant. Les Ibos se sont rebellés contre une situation qu’ils considéraient injuste, ils se sont bravement battus mais ils ont perdu (la guerre)», dit-il. «La fin du conflit était censée mettre fin aux hostilités et à la discrimination. Elle devait amener la réconciliation, la reconstruction et notre réhabilitation, mais, pratiquement, il n’en fut rien», affirme Chinua Achebe. Au lendemain de la guerre, les Ibos déclarèrent avoir été dépouillés de presque toutes leurs propriétés et de leurs économies placées en banque. Ceux qui avaient un emploi dans l’administration se retrouvèrent du jour au lendemain sur la paille, privés de leur retraite. Ils ont en outre été mis à l’écart de la scène politique. Depuis 1970, le pays a été dirigé principalement par des militaires nordistes. L’actuel président, Olusegun Obasanjo, un yorouba, est l’officier qui obtint sur le terrain la reddition des forces biafraises. Si les Ibos estiment être aujourd’hui l’ethnie la plus marginalisée du pays, peu d’entre eux, en revanche, pensent qu’une nouvelle tentative de sécession soit possible. Aucune cérémonie officielle n’est prévue à Uli ou ailleurs pour commémorer le 30e anniversaire de la fin de la guerre. «Les gens ne veulent pas s’en souvenir. Ils ne veulent pas être étiquetés à nouveau comme des sécessionnistes», dit Ikudike qui était encore un enfant à la fin des combats. Ugodie Mbalaso, une vieille femme qui habitait à une centaine de mètres du bunker ayant servi de PC au chef rebelle Emeka Ojukwu, acquiesce. «Plus jamais ça, dit-elle. Tout ce que nous voulons, c’est la paix et l’équité, et je prie Dieu pour que nous ne connaissions plus jamais la guerre».
Trente ans après l’échec de leur tentative de sécession du Nigeria, les Ibos s’identifient comme un «peuple de vaincus» et restent marginalisés dans un pays dominé par les vainqueurs de cette guerre du Biafra (1967-1970), qui fit plus d’un million de morts. Principale communauté du Biafra, les Ibos (est), l’une des trois grandes ethnies du Nigeria avec les Haoussas (nord) et les Yoroubas (sud-ouest),«sont encore aujourd’hui des citoyens de seconde classe dans ce pays», assure Ifunanya Ikudike, président du conseil municipal d’Ihiala qui gère l’administration d’Uli, une petite localité de l’est du pays. «Nous étions un peuple de vaincus et nous n’avons jamais été réhabilités. Je ne pense pas qu’il y ait aujourd’hui beaucoup d’Ibos estimant avoir un quelconque avenir au Nigeria», dit-il....