Les États-Unis ont affirmé être prêts à assumer une partie du coût d’un éventuel accord de paix israélo-syrien, mais le président démocrate Bill Clinton devra jouer au plus serré face à un Congrès à majorité républicaine qui détient les cordons de la bourse. M. Clinton a d’ores et déjà prévenu qu’il devra sonder le Congrès avant de chiffrer le montant précis de cette aide. «Nous tentons de déterminer exactement ce que sera (le montant) et bien sûr avant que je ne puisse m’engager, il faudra que je consulte les dirigeants au Congrès dans les deux Chambres et dans les deux partis, ainsi que les présidents de commissions», a-t-il déclaré. Le président américain avait toutefois indiqué que cette facture, qui comprendrait selon lui des coûts «associés aux arrangements de sécurité et au développement économique à long terme au Proche-Orient», serait échelonnée sur plusieurs années. M. Clinton a émis «l’espoir» de parvenir en cas d’un accord à arracher au Congrès l’argent nécessaire, qui entrerait dans le cadre des négociations budgétaires. Un influent parlementaire, le républicain Ben Gilman, président de la commission des Relations internationales à la Chambre, avait annoncé la couleur dès la mi-décembre en mettant en garde contre «toute promesse (de la Maison-Blanche) avant de consulter le Congrès». Le Premier ministre israélien Ehud Barak a réclamé lundi à Washington jusqu’à 25 milliards de dollars pour aider l’État hébreu à financer le coût d’un accord de paix avec la Syrie, selon un haut responsable israélien. Israël estime avoir besoin de ces 25 milliards de dollars pour notamment reloger les quelque 17 000 colons juifs installés sur les hauteurs du Golan et qui devraient être évacués au terme d’un accord de paix avec la Syrie. Toutefois, le Congrès ne devrait pas opposer de résistance farouche au déblocage de cet argent, même si les républicains seront réticents, en pleine année électorale, à laisser les mains libres au président, estimait-on dans les milieux parlementaires et parmi les experts. «Le Congrès voudra montrer son soutien en cas d’un accord de paix à la fois politiquement et financièrement», a assuré un responsable parlementaire, qui a souhaité conserver l’anonymat. En fait, «la première question sera de savoir si la Syrie renonce au terrorisme», alors que Damas figure sur la liste américaine des pays soutenant le terrorisme international, a estimé ce responsable. «Je vois mal (le Congrès) accepter de financer une aide directe américaine» à la Syrie, a-t-il ajouté. Mais pour Stephen Hess, expert à la Brookings Institution, un centre de recherches, «je ne vois pas (le sujet de l’aide) comme un point de friction majeur» entre M. Clinton et les républicains. «Si le montant est raisonnable (...), il serait surprenant que le président n’obtienne pas ce qu’il veut», a-t-il dit. Mais, relève-t-il, «les Américains ne sont cependant jamais très contents dès qu’il s’agit de payer pour l’étranger» et les relations entre Bill Clinton et le Congrès sont «sombres et teintées de méfiance». Enfin, il n’est pas sûr que ce soit l’actuel Congrès qui ait à gérer cette question : si aucun accord n’est conclu avant novembre 2000, cela renverrait la facture aux prochains président et Congrès issus des élections.
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