Un pragmatique qui a enlevé le mot communisme de son programme
le 07 janvier 2000 à 00h00
Guennadi Ziouganov, qui a annoncé jeudi sa candidature à la présidentielle du 26 mars, est un chef du Parti communiste russe très pragmatique : il se réfère à Lénine mais a enlevé le mot «communisme» de son programme et courtise les hommes d’affaires et l’Église. Symbole d’une certaine stabilité dans le chaos généralisé, le PC russe a réussi à rester la première force du pays lors des législatives de décembre dernier, pratiquement sans avoir fait campagne. Le dirigeant du PC, un homme grand et solide de 55 ans, à la calvitie avancée et à la voix grave, avait pourtant subi un grave revers, en ne parvenant pas en mai dernier à faire engager par la Douma (Chambre basse du Parlement) le processus menant à la destitution du président Boris Eltsine . «Sincère», «Doux», «Fidèle à son idéal», selon ses amis, Guennadi Ziouganov est taxé d’opportunisme par ses détracteurs. Il est parfois accusé de ne pas vouloir réellement le pouvoir, préférant la position plus confortable de principal opposant. Né le 26 juin 1944 dans le village de Mymrino, près d’Orel, à 500 km au sud-ouest de Moscou, ce fils d’instituteurs a fait une carrière classique d’apparatchik communiste. Après des études de mathématiques et de philosophie (marxisme-léninisme), il a enseigné puis rejoint l’appareil du comité central du PC en 1966. Il a joué dans sa jeunesse au volley-ball et consacre aujourd’hui ses loisirs à la lecture. Résolument conservateur face aux réformateurs gorbatchéviens, il a su ne pas aller trop loin dans les moments clés. Ainsi, en octobre 1993, il saura quitter le bâtiment du Parlement insurgé contre Boris Eltsine, à la veille de l’assaut de l’armée, apparaissant même à la télévision pour lancer un appel au calme. Du coup, le PC avait été autorisé à participer aux législatives de décembre 1993. Deux ans plus tard, le groupe communiste devient la première force à la Douma. Mais Guennadi Ziouganov perd contre Eltsine à la présidentielle de 1996 en n’obtenant qu’environ 40 % des voix. Marié, père de deux enfants et grand-père, Guennadi Ziouganov vit avec sa mère et sa famille, rue Tverskaïa dans le centre de Moscou, modestement comme la plupart des Russes, à six personnes dans un trois-pièces.
Guennadi Ziouganov, qui a annoncé jeudi sa candidature à la présidentielle du 26 mars, est un chef du Parti communiste russe très pragmatique : il se réfère à Lénine mais a enlevé le mot «communisme» de son programme et courtise les hommes d’affaires et l’Église. Symbole d’une certaine stabilité dans le chaos généralisé, le PC russe a réussi à rester la première force du pays lors des législatives de décembre dernier, pratiquement sans avoir fait campagne. Le dirigeant du PC, un homme grand et solide de 55 ans, à la calvitie avancée et à la voix grave, avait pourtant subi un grave revers, en ne parvenant pas en mai dernier à faire engager par la Douma (Chambre basse du Parlement) le processus menant à la destitution du président Boris Eltsine . «Sincère», «Doux», «Fidèle à son idéal», selon ses...
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