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Actualités - Chronologie

L’étranger et le colosse au Café de Flore

 Jean-Jacques Schuhl, le nouveau Goncourt, et Ahmadou Kourouma, prix Renaudot, ont montré lundi des visages très différents au Café de Flore, le premier semblant étranger à l’agitation créée par sa récompense, le second, colosse souriant, donnant l’impression d’être au contraire tout à son aise. Autant Jean-Jacques Schuhl paraissait presque effrayé par la bousculade provoquée par les photographes et les cameramen, autant Ahmadou Kourouma n’en finissait pas de sourire, répondant avec plaisir à la presse. À quelques minutes d’une intervention en direct à la télévision depuis le premier étage du célèbre café de Saint-Germain des Prés, le nouveau Goncourt, visage émacié et pâle, tenue peu soignée, n’arrêtait pas de s’enquérir de ses cheveux, de savoir comment cela allait se passer, ses mains tremblantes dissimulant mal une certaine angoisse. Interrogé sur le fait qu’il allait être désormais beaucoup sollicité, il a simplement répondu : «Cela fait 27 ans que je n’ai pas eu trop de servitude, alors cela fera une moyenne», dans une allusion au fait qu’il n’a pas publié de livre depuis les années 70 parce qu’il n’a «pas de stock» et «n’écrit pas sur lui, son enfance». Il s’est dit «très content» d’avoir reçu ce prix qui couronne «plus un état d’esprit qu’un auteur», à savoir «la faiblesse, la vulnérabilité d’une femme, une certaine conception du baroque et l’écriture». Témoigner sur l’Afrique Le Goncourt 2000 a enfin rendu hommage à Philippe Sollers, «le dernier défenseur de la grande littérature avec un esprit très moderne» et qui est son ami depuis 25 ans. Philippe Sollers, présent, a estimé pour sa part que le prix couronnait «la curieuse relation entre deux artistes (ndlr : Caven et Schuhl) qui ont le sentiment de ne pas être à leur place». Le livre est paru dans la collection «L’infini», que dirige, au sein de Gallimard, Philippe Sollers. Pour sa part, Ahmadou Kourouma, accompagné de sa femme et de son petit-fils François, s’est déclaré très heureux de recevoir le Renaudot : «C’est bien pour l’Afrique, la francophonie et pour la Côte d’Ivoire, qui traverse des moments difficiles». Pour l’écrivain ivoirien, qui a longtemps vécu en exil, les jurés du Renaudot ont dû aimer le langage qu’il avait choisi, le «petit français ivoirien» autrement dit «le petit nègre, parce que le français ne peut pas traduire nos réalités». Les événements racontés dans le livre étant «terribles», il a précisé également qu’il avait dû d’abord trouver ce langage pour «faire passer la pilule» et aussi «parce que c’est difficile d’amener les gens à lire ce qui se passe» en Afrique. Affirmant que le prix ne changerait pas grand-chose à sa vie, il espère simplement que cela le «fera mieux connaître» parce qu’il «veut continuer de témoigner sur l’Afrique».
 Jean-Jacques Schuhl, le nouveau Goncourt, et Ahmadou Kourouma, prix Renaudot, ont montré lundi des visages très différents au Café de Flore, le premier semblant étranger à l’agitation créée par sa récompense, le second, colosse souriant, donnant l’impression d’être au contraire tout à son aise. Autant Jean-Jacques Schuhl paraissait presque effrayé par la bousculade provoquée par les photographes et les cameramen, autant Ahmadou Kourouma n’en finissait pas de sourire, répondant avec plaisir à la presse. À quelques minutes d’une intervention en direct à la télévision depuis le premier étage du célèbre café de Saint-Germain des Prés, le nouveau Goncourt, visage émacié et pâle, tenue peu soignée, n’arrêtait pas de s’enquérir de ses cheveux, de savoir comment cela allait se passer, ses mains...