La guerre s’arrête à la porte de l’Oratoire de la communauté des salésiens de Don Bosco, dans la vieille ville de Bethléem : garçons et filles palestiniens tentent ici d’oublier les balles et les canons. Une trentaine de garçons et filles palestiniens jouent dans la cour pavée de pierres blanches et lisses, en compagnie de religieuses âgées au costume gris clair. «Nous organisons un patronage l’après-midi pour que les enfants jouent en paix et oublient quelques heures l’extérieur, les bruits de balles et de canons», explique sœur Antonietta, Italienne née près de Venise. Amira Lama, étudiante en commerce de 18 ans qui porte une médaille de la Vierge au cou, est la plus âgée des jeunes Palestiniens. «La situation est très difficile dans Bethléem, dit-elle, ici, je viens respirer». Même sentiment pour Ragda, 11 ans, de religion musulmane : «J’oublie ce qu’il y a dehors». Ce havre de paix et de silence, qui retentit des seuls bruits de ballon de basket et de football, est à deux cents mètres de la place de la Nativité. Sur la place, bordée de la basilique orthodoxe de la Nativité, de l’église catholique de Sainte-Catherine et de la Grande Mosquée, des centaines d’hommes palestiniens sont réunis. L’air sombre et dans une atmosphère très tendue, ils attendent la dépouille du journaliste Aziz Youssef al-Teneh, décédé le 28 octobre des suites de blessures provoquées par une explosion accidentelle de bonbonnes de gaz au quartier général de la garde personnelle du président palestinien Yasser Arafat, à Bethléem. La place est étroitement surveillée par la police palestinienne en armes, et les rares étrangers sont sévèrement contrôlés et fouillés, apparemment dans la crainte d’une infiltration d’agents israéliens. Les mots «sahafi farensi» (journalistes français), qui ouvrent habituellement et sans problèmes le passage en territoire palestinien, ne sont plus suffisants. Les manifestants crient, de temps en temps, Allah Akbar (Dieu est le plus grand). À trente mètres, le curé de la paroisse de l’église Sainte-Catherine, le père Eugène, se prépare à un baptême. «Je suis optimiste de nature et pas sectaire. Mais les gens ne peuvent plus aller travailler en Israël, ils sont prisonniers et crèvent de misère !», affirme-t-il. Depuis trois semaines, le gouvernement israélien impose une «guerre» économique, par le biais d’un bouclage des territoires palestiniens, la bande de Gaza et la Cisjordanie. Les Palestiniens, habitués à s’employer en Israël pour des salaires supérieurs à ceux pratiqués dans les territoires, souffrent de plus en plus. «Bethléem vit du tourisme, dit le père Eugène, et il n’y a plus de touristes. Les hôtels sont vides, les employés ont été renvoyés. Tout augmente et tout est cher».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La guerre s’arrête à la porte de l’Oratoire de la communauté des salésiens de Don Bosco, dans la vieille ville de Bethléem : garçons et filles palestiniens tentent ici d’oublier les balles et les canons. Une trentaine de garçons et filles palestiniens jouent dans la cour pavée de pierres blanches et lisses, en compagnie de religieuses âgées au costume gris clair. «Nous organisons un patronage l’après-midi pour que les enfants jouent en paix et oublient quelques heures l’extérieur, les bruits de balles et de canons», explique sœur Antonietta, Italienne née près de Venise. Amira Lama, étudiante en commerce de 18 ans qui porte une médaille de la Vierge au cou, est la plus âgée des jeunes Palestiniens. «La situation est très difficile dans Bethléem, dit-elle, ici, je viens respirer». Même sentiment pour...