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Actualités - Analyse

Une priorité parallèle, le dossier régional

 La récession est certes le problème qui préoccupe le plus les Libanais. «Mais l’État, pour sa part, se trouve interpellé par une priorité tout aussi grave, le dossier régional», soulignent des sources diplomatiques. Pour qui «les défis qui se posent sur ce plan au gouvernement Hariri sont cruciaux. À tel point du reste qu’aucun redressement économique n’est possible si le pays ne parvient pas à faire face comme il faut aux développements régionaux. Pour cela, il faut consolider le front intérieur d’une part. Et d’autre part, il faut accorder à la situation frontalière, au Sud notamment, une attention bien plus soutenue. Toute option, toute stratégie doit d’abord tenir compte d’un impératif absolu : recueillir l’aval de tous les Libanais et se trouver au cœur d’un consensus aussi unanime que celui tissé naguère autour du principe de résistance à l’occupant. Sans cela, le pays, maillon faible de la chaîne, risque d’être le premier déstabilisé si les événements des Territoires devaient faire tache d’huile. Et dans ce cas, le Liban devrait tirer définitivement un trait sur les assistances arabes ou étrangères. Il ne pourrait plus compter que sur ses propres ressources, pour ainsi dire inexistantes, et sur l’aide relativement faible de ses émigrés». Ces sources ajoutent que «dans une phase aussi critique, il faut avoir la sagesse de prévoir le pire, pour parer à toute éventualité. Bien que cela ne soit pas souhaitable, à cause du manque évident de moyens, le Liban doit tenter de s’armer pour vivre en autarcie. Ou à tout le moins, pour limiter aux mieux les dégâts, en ne comptant que sur lui-même. Il faut à cette fin, une politique à long terme. Le freinage ou la réduction de la dette publique impliquent une nouvelle stratégie fiscale, en marge de ce que les privatisations pourraient rapporter». Revenant à la question frontalière, ces diplomates estiment que «la première tâche du gouvernement est de répondre aux questions que l’opinion se pose et qui se résument comme suit : – Faut-il ou non se décider à envoyer l’armée au Sud ? L’État libanais est tenu, c’est évident, d’assumer seul la sécurité des habitants. Sans s’en remettre aux éléments de la Résistance islamique et notamment du Hezbollah. Les États-Unis et l’Onu exercent des pressions actives dans ce sens. De son côté, Israël multiplie les injonctions menaçantes, aussi bien en direction de la Syrie que du Liban. Peut-on oublier que dans la tension qui règne actuellement n’importe quelle étincelle au Sud peut mettre le feu aux poudres dans toute la région ? – Faut-il tenter de récupérer les hameaux de Chebaa et les prisonniers détenus en Israël par la lutte armée ou par la négociation ? Le cas échéant, le gouvernement libanais doit choisir le médiateur, les USA, l’Onu ou l’Union européenne. Au cas où il opte pour la lutte armée, il est nécessaire qu’il fasse d’abord le compte de ce que cela pourrait coûter en termes de vies humaines et des destructions. Pour voir si le pays, qui est déjà au bord de l’effondrement, peut supporter de nouvelles dévastations. Il est nécessaire également que le gouvernement sache d’abord, avant de se lancer dans l’aventure, s’il a bien tout le peuple derrière lui. Car des divisions intérieures qui viendraient se greffer sur la guerre extérieure seraient absolument suicidaires. D’autre part, sur un plan technique très important, il est nécessaire que la Syrie, qui proclame que les hameaux de Chebaa sont une terre libanaise, présente avec le Liban les justificatifs officiels, les documents que demande l’Onu. Sans cette validation, l’éventuel recours à l’option de la résistance armée serait juridiquement contestable aux yeux de la communauté internationale, alors qu’une dure riposte israélienne ne le serait pas. Le président Bachar el-Assad reconnaît verbalement la libanité des terres de Chebaa. Et dans une interview à la revue Al-Chark al-Awssatt remontant à juin dernier, il affirme que la Syrie est prête à présenter des documents prouvant ce fait. Cependant, comme le Bloc national le relève dans un de ses communiqués, Damas n’a pas cru devoir s’acquitter de cette formalité lors des discussions qui ont suivi le retrait israélien. Ce qui fait que la ligne bleue dessinée par l’Onu n’a pas englobé Chebaa, considérée comme relevant de la 242 et non de la 425. – Enfin, concluent ces sources diplomatiques, le gouvernement libanais doit dire clairement ce qu’il compte faire par rapport aux camps palestiniens, en effervescence depuis la nouvelle Intifada et qui menacent de débordements». Émile KHOURY
 La récession est certes le problème qui préoccupe le plus les Libanais. «Mais l’État, pour sa part, se trouve interpellé par une priorité tout aussi grave, le dossier régional», soulignent des sources diplomatiques. Pour qui «les défis qui se posent sur ce plan au gouvernement Hariri sont cruciaux. À tel point du reste qu’aucun redressement économique n’est possible si le pays ne parvient pas à faire face comme il faut aux développements régionaux. Pour cela, il faut consolider le front intérieur d’une part. Et d’autre part, il faut accorder à la situation frontalière, au Sud notamment, une attention bien plus soutenue. Toute option, toute stratégie doit d’abord tenir compte d’un impératif absolu : recueillir l’aval de tous les Libanais et se trouver au cœur d’un consensus aussi unanime que celui...