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Actualités - Chronologie

Le blues des générations

 La fin des années Clinton annonce le prochain passage de relais de la génération issue du «baby-boom» aux nouveaux «quadras» de la révolution Internet, en attendant une relève incertaine par la cohorte des «crybabies», ces jeunes désabusés de la «génération X». Grandis à l’ombre de Woodstock, des Beach Boys et de la guerre du Vietnam, ils sont environ 76 millions de «baby-boomers» américains nés durant les années les plus fertiles de l’après-guerre (1946-1957) à se reconnaître dans cette génération, parfois décriée comme étant la «génération moi». «C’est une génération absorbée par elle-même, et qui se définit non pas par le sacrifice de soi comme ce fut le cas pour leurs parents, mais par la satisfaction personnelle», explique Ralph Whitehead, de l’Université du Massachusetts. Mais voilà. Après avoir tenu le haut du pavé durant les années 90, une grande partie des «boomers», la cinquantaine grisonnante, est aujourd’hui gagnée par l’angoisse. La culture populaire les ignore, les programmateurs de radio ou de télévision, tout comme Hollywood, font peu cas d’eux. Et quand les publicitaires s’y intéressent, c’est le plus souvent pour leur vanter les mérites du Viagra ou des médicaments contre l’hypertension. Sur le marché du travail, ils sont de plus en plus coincés dans la hiérarchie intermédiaire, trop nombreux pour prétendre aspirer tous au haut de l’échelle. Sur le site Internet «Myprimetime.com» (mes plus belles années.com), l’intitulé des questionnaires traduit l’anxiété : «Êtes-vous prêts pour la nouvelle économie ?» ou encore «Êtes-vous usés ?». L’avenir s’annonce sombre. «En 1950, il y avait 16 salariés pour chaque retraité. Aujourd’hui, il y en 3,3 et, d’ici 2030, il y en aura moins de deux. La pyramide des retraites ne tiendra pas», avertit Michael Tanner, un expert au Cato Institute de Washington. Serait-ce donc «le crépuscule des boomers ?», s’interroge le magazine Time. Pas encore, pense Gary Burtless, économiste à la Brookings Institution, qui observe d’ailleurs que le prochain président sera encore un «boomer», que ce soit Al Gore ou George W. Bush. «Les baby-boomers, estime-t-il, ont encore de beaux jours devant eux avant l’éclipse». Pour Ralph Whitehead, «le pouvoir électoral des baby-boomers reste important mais les priorités du pays commencent à refléter de plus en plus les préoccupations des jeunes générations, extrêmement bosseuses, très pragmatiques et plus cyniques vis-à-vis du rôle de l’État». Référence aux «quadras» de la révolution Internet. Au royaume de la «Nouvelle économie», ils règnent en maître. De Steve Jobs à Bill Gates, de Michael Dell à Steve Case ou même Jeff Bezos, ces milliardaires sont les nouvelles vedettes de Wall Street. «Ils accueillent à bras ouvert les règles de la Nouvelle économie que beaucoup de baby-boomers trouvent déstabilisantes», explique Ralph Whitehead. Même s’ils préfèrent encore le «cyberespace» à la sphère politique, ils s’annoncent comme les brillants hérauts de la «génération X», ces 50 millions de jeunes nés entre 1965 et 1978. Grandis en temps de paix et de relative prospérité, enfants de la génération du divorce abreuvés de MTV et de jeux Atari, les «X» ne sont guère attachés aux valeurs patriotiques, votent peu (32% lors de la dernière présidentielle), ont fait moins d’études que leurs aînés et sont surtout préoccupés par leur avenir économique. On les dit individualistes, cyniques, râleurs, désabusés, d’où leur nom parfois de «baby-busters» ou de «crybabies». Pour Ted Halstead, président de la New America Foundation, la relève s’avère incertaine entre cette génération «désengagée» et celle de leurs parents. «Les X semblent avoir élevé l’apathie politique au rang de mode de vie», déplore-t-il.
 La fin des années Clinton annonce le prochain passage de relais de la génération issue du «baby-boom» aux nouveaux «quadras» de la révolution Internet, en attendant une relève incertaine par la cohorte des «crybabies», ces jeunes désabusés de la «génération X». Grandis à l’ombre de Woodstock, des Beach Boys et de la guerre du Vietnam, ils sont environ 76 millions de «baby-boomers» américains nés durant les années les plus fertiles de l’après-guerre (1946-1957) à se reconnaître dans cette génération, parfois décriée comme étant la «génération moi». «C’est une génération absorbée par elle-même, et qui se définit non pas par le sacrifice de soi comme ce fut le cas pour leurs parents, mais par la satisfaction personnelle», explique Ralph Whitehead, de l’Université du Massachusetts. Mais...