La Russie a décidé de détruire Mir fin février 2001, reconnaissant après des mois d’hésitations n’avoir aucun moyen financier pour assurer la survie de sa station spatiale, qui incarne depuis 1986 la réussite des Russes dans la conquête de l’espace. «Nous prévoyons de faire descendre Mir dans l’océan fin février», a affirmé lundi le vice-Premier ministre russe Ilia Klebanov, précisant que le gouvernement allait bientôt annoncer officiellement cette décision. Les experts russes ont déjà mis au point un plan pour détruire Mir en abaissant son orbite de manière à ce que la station brûle dans l’atmosphère terrestre où elle se consumera en grande partie. Les restes de Mir tomberont ensuite dans un endroit déterminé à l’avance de l’océan Pacifique. La Russie n’a plus les moyens financiers de maintenir sa station, âgée de 14 ans, en orbite, avait reconnu jeudi dernier l’Agence spatiale russe. «La situation pourrait se développer autrement si l’on trouve (d’ici à février) des fonds privés pour maintenir Mir sur orbite», a cependant indiqué M. Klebanov, bien qu’un tel scénario paraisse aujourd’hui peu probable. MirCorp, la société privée chargée de trouver un financement pour Mir, n’a pas pu fournir pour l’instant les fonds nécessaires à la survie de la station. Pour éviter que Mir tombe accidentellement sur Terre, l’État russe a été obligé de financer lui-même le lancement lundi dernier du vaisseau de ravitaillement Progress qui doit permettre de remonter l’orbite de la station. Ce lancement, d’un coût d’environ 20 millions de dollars, est en contradiction avec les engagements pris par la Russie concernant un autre projet, celui de la Station spatiale internationale (ISS), a reconnu lundi l’Agence spatiale russe, interrogée par l’AFP. La Russie qui participe à la construction de l’ISS, un projet où la Nasa joue un rôle prépondérant, avait promis aux Américains de financer Mir uniquement par des fonds privés, l’État russe n’ayant pas assez d’argent pour financer les deux stations. «Nous avons trouvé les fonds nécessaires (pour financer Mir), mais nous ne pourrons pas verser cet argent d’ici à janvier, février ou mars», a affirmé le président de MirCorp Jeffrey Manber, dans une interview à l’AFP. «Laissez-nous encore quelques mois et nous aurons les rentrées nécessaires pour maintenir Mir en orbite», a déclaré M. Manber à l’intention du gouvernement russe. MirCorp a annoncé récemment son intention de faire son entrée en Bourse, assurant pouvoir lever 117 millions de dollars d’ici à février 2001. «Les déclarations de MirCorp restent des déclarations. Mais où est l’argent?», a répliqué le porte-parole de l’Agence spatiale russe Sergueï Gorbounov, interrogé par l’AFP. «Nous n’allons tout de même pas attendre que Mir nous tombe sur la tête», a affirmé M. Gorbounov. Il a précisé qu’un autre vaisseau Progress devrait être lancé en février pour faire redescendre Mir sans danger, ajoutant que la présence de cosmonautes à bord de Mir pour lancer cette opération n’était pas nécessaire.
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