PHILIPPINES L’opposition demande la destitution d’Estrada
le 19 octobre 2000 à 00h00
Les dirigeants de l’opposition philippine ont déposé hier une demande de destitution à l’encontre du président Joseph Estrada accusé d’avoir accepté d’importantes commissions provenant d’organisateurs de jeux d’argent, ont annoncé des responsables. «Nous voulons connaître la vérité», a indiqué à la presse Heherson Alvarez, secrétaire général du parti d’opposition Lakas, en déposant sa plainte contre le président Estrada auprès de la Chambre des représentants. Toutefois, les opposants ne sont pas en nombre suffisant à la Chambre des représentants pour faire passer la procédure de destitution (impeachment) jusqu’au Sénat, ce qui aboutirait à un procès. M. Alvarez a indiqué que 41 membres seulement sur les 218 qui composent la Chambre basse ont signé en faveur de la procédure, ce qui la rend tout à fait improbable à moins de défections au sein du parti majoritaire. La formation du président Estrada, le Lamp, domine le Congrès avec plus de 160 sièges à la Chambre des représentants et 18 sur 24 au Sénat. Le chef de l’État a jusqu’à présent refusé de démissionner, en dépit des nombreuses injonctions lancées dans tout le pays à la suite des accusations formulées par un de ses anciens proches, Luis Singson. Celui-ci l’accuse d’avoir empoché des millions de dollars de pots-de-vin. Selon M. Singson, M. Estrada aurait touché plus de 400 millions de pesos (huit millions de dollars) des organisateurs du «jueteng», un jeu très populaire mais illégal. M. Estrada nie ces accusations tout en annonçant être prêt à se défendre dans une procédure d’«impeachment». «Il est très combatif. Il est décidé à se battre. Il est prêt a répondre à toutes les accusations de l’opposition et du gouverneur Singson», a déclaré un proche collaborateur du président Ronaldo Zamora au micro de la radio DZMM. Même la hiérarchie de l’influente Église catholique, religion très majoritaire aux Philippines, a demandé au président de renoncer à poursuivre son mandat. Le cardinal Jaime Sin, la plus haute autorité de l’Église aux Philippines, a expressément réclamé la semaine dernière la démission d’Estrada, assurant qu’il n’avait plus l’«autorité morale» pour gouverner. Mardi, la vice-présidente philippine, Gloria Arroyo, qui a démissionné du gouvernement, a proposé de prendre la tête de l’opposition contre le président Estrada. Mme Arroyo succéderait au président Estrada dans le cas où ce dernier serait contraint de démissionner.
Les dirigeants de l’opposition philippine ont déposé hier une demande de destitution à l’encontre du président Joseph Estrada accusé d’avoir accepté d’importantes commissions provenant d’organisateurs de jeux d’argent, ont annoncé des responsables. «Nous voulons connaître la vérité», a indiqué à la presse Heherson Alvarez, secrétaire général du parti d’opposition Lakas, en déposant sa plainte contre le président Estrada auprès de la Chambre des représentants. Toutefois, les opposants ne sont pas en nombre suffisant à la Chambre des représentants pour faire passer la procédure de destitution (impeachment) jusqu’au Sénat, ce qui aboutirait à un procès. M. Alvarez a indiqué que 41 membres seulement sur les 218 qui composent la Chambre basse ont signé en faveur de la procédure, ce qui la rend...
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