Une certaine baisse de la tension a été relevée hier sur le marché des changes de Beyrouth au lendemain de l’accord intervenu entre Palestiniens et Israéliens à Charm el-Cheikh. En effet, la demande non commerciale du dollar s’est sensiblement contractée alors que l’offre demeurait toujours très réticente à se placer, faisant de la Banque du Liban (BDL) la seule contrepartie valable à la vente de cette monnaie dans le cadre de son action visant à sauvegarder la stabilité monétaire. En maintenant ainsi sa fourchette d’intervention en l’état, entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, la BDL est parvenue à faire fixer le billet vert au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999, pendant qu’il se négociait sur le marché interbancaire au haut de cette fourchette. Mais eu égard au ralentissement de la demande et à la réticence de l’offre, le volume d’affaires de la journée d’hier ne devait pas dépasser au total quelque dix millions de dollars, entièrement placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL, indique-t-on dans les milieux cambistes. Plus bas historique de l’euro face au dollar À l’étranger, l’euro a atteint hier un nouveau plus bas historique contre le billet vert sur les marchés des changes internationaux, cotant 0,8330 dollar, après la reprise des marchés boursiers américains dont la rechute plus tôt dans la matinée le faisait remonter jusqu’à 0,8571 dollar avant de s’essouffler rapidement. Ce développement, qui est venu à la veille de la réunion aujourd’hui du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), a donc entraîné une vague d’attaques contre la monnaie unique, laissant croire aux analystes que les marchés testaient de nouveaux plus bas qui avaient motivé l’intervention concertée des banques centrales occidentales le 22 septembre dernier. Cela d’autant que nombre de cambistes ne semblent pas croire à un geste de la BCE dans le sens d’un nouveau resserrement monétaire. De plus, certains économistes attribuaient hier la rechute de l’euro à l’attente d’un mauvais indice IFO du climat des affaires en Allemagne en septembre devant paraître aujourd’hui. Selon ces économistes, il devrait s’inscrire en baisse pour le quatrième mois consécutif à 98,6 points contre 99,00 points en août. Un recul qui s’expliquerait par la flambée des prix du pétrole qui ont affecté le moral des entrepreneurs. Ce phénomène est donc de nature à provilégier le dollar sur l’euro dans la mesure où la croissance de l’économie américaine dure depuis dix ans pendant que celle de l’Euroland plafonne après seulement une année d’expansion. Cela étant, l’euro semble faire face à une crise de confiance qui risque de l’enfoncer un peu plus si les banques centrales occidentales n’interviennent pas. Cela d’autant que les économistes s’attendent généralement à un statu quo monétaire de la BCE malgré les mises en garde de cette dernière sur l’inflation. Dans ce contexte, le dollar a retrouvé son rôle de monnaie refuge en dépit des turbulences des marchés boursiers américains. Il a été soutenu aussi par les perspectives d’un durcissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) lors de la réunion de son comité de l’open market le 15 novembre prochain. Ce sentiment a été renforcé hier par la hausse inattendue de 0,5 % des prix à la consommation aux États-Unis le mois dernier contre une baisse de 0,1 % en août, pendant que les marchés apprenaient que les mises en chantier de logement ont augmenté de 0,3 % contre une baisse de 0,1 % ainsi que les permis de construire de 1,3 % contre une diminution de 1,7 % pendant la même période, témoignant d’une surchauffe de l’économie. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar s’est finalement négocié sur un ton soutenu à New York, sauf face au yen, comme suit : – 0,8385 pour un euro contre 0,8545, la veille – 1,4430 pour un sterling contre 1,4505 – 2,3325 DM contre 2,2890. – 7,8230 FF contre 7,6775 – 1,7915 FS contre 1,7675 – 2 309,20 lires contre 2 266,25 – 107,70 yens contre 108,00. Bourse de Beyrouth : tendance mitigée À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été partagée hier, consécutivement à la hausse des actions A de Solidere d’un côté et de la baisse de celles de la Byblos Bank C d’un autre côté dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a regagné 0,25 % à 65,50 points, tandis que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires abandonnait 0,14 % à 140,71 points. Ce mouvement s’est produit dans un marché creux avec la négociation de 14 833 actions seulement d’une valeur globale de 96 800 dollars. Volatilité des Bourses américaines Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont connu hier une nouvelle journée de turbulences, frôlant la déroute sur des inquiétudes concernant les performances des sociétés américaines avec la publication par IBM d’un chiffre d’affaires pour le troisième trimestre en deçà des prévisions. Pourtant, après l’annonce d’autres résultats meilleurs que prévu par J.P. Morgan et Chase Manhattan, une certaine correction des excès commis à la baisse ne tardait pas à s’installer sur la cote américaine assortie d’une chasse aux bonnes affaires à la Bourse électronique Nasdaq. Toutefois, Wall Street continuait à se ressentir des craintes de durcissement de la politique monétaire de la Fed, après les chiffres de l’inflation américaine en septembre plus importants que ce qu’attendaient les analystes. En effet, l’indice Nasdaq devait jouer au yoyo toute la journée entre un plus bas à 3 074,70 points et un plus haut à 3 257,65 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles cassait à la baisse le seuil psychologique des 10 000 points à un plus bas à 9 654,64, après un plus haut à 10 085,99 points, pour afficher en préclôture, à 23 h heure de Beyrouth, 10 032,65 points, en baisse de 57,06 points sur la veille, dans un marché très volatil. Les Bourses européennes sous le signe du Nasdaq Les Bourses européennes ont été dans l’œil du cyclone mercredi, leur chute s’accélérant après l’ouverture calamiteuse des marchés américains sous le choc des mauvais résultats trimestriels d’IBM et des chiffres de l’inflation américaine de septembre. Mais les places européennes se sont ensuite reprises, à l’instar de New York où la chasse aux bonnes affaires s’est ouverte. À la clôture, l’indice européen Euro Stoxx 50 affichait un recul de 2,28 % à 4 652,41 points. Dans la journée, il a perdu jusqu’à 4,2 %. «Les marchés ont été complètement corrélés au DJIA et au Nasdaq américains, avec une volatilité extrême, ciblée sur les valeurs technoloques, et des variations impressionnantes, très brutales, sur certaines valeurs», a résumé le directeur des ventes d’actions paneuropéennes d’une grande banque française. Parmi les principales places européennes, à la Bourse de Francfort, l’indice DAX des trente valeurs vedettes reculait de 0,75 % à 6 483,00 points, tandis qu’à Paris, l’indice CAC 40 a terminé en recul de 2,14 % à 5 937,35 points après avoir chuté de 100 points de plus (5 833,63 pts). Les indices des nouveaux marchés des deux places ont eux aussi cédé du terrain, le NEMAX 50 allemand reculant de 3,88 % à 4 162,14 points, alors que celui du Nouveau marché parisien perdait 4,7 % à 3 577,91 points. À Londres, l’indice Footsie des cent principales a clôturé en baisse de 0,89 %, à 6 148,20 points, et celui des cent principaux titres de la technologie, le techMARK, a chuté de 4,36 % à 3 215,62 points. La plupart des autres places européennes ont terminé sur une baisse contrôlée : si Madrid a cédé 3,08 %, Amsterdam a reculé de 0,91 % et Milan a perdu 0,37 %. Bruxelles a redressé la barre in extremis, clôturant pratiquement à l’équilibre (-0,05 %), et la Bourse suisse s’est adjugé un gain minime de 0,35 %. Les valeurs-phare de la technologie, les équipementiers en télécommunications, les éditeurs de logiciels et les sociétés de services informatiques ont été particulièrement éreintées mercredi. L’indice Europ Stoxx du secteur technologique reculait de 5,13 % et celui des télécommunications, de 2,89 %. À Paris, Alcatel a terminé en repli de 8,19 % à 69,50 EUR, à Helsinki, l’action Nokia, qui représente plus de 50 % de la capitalisation boursière de la place finlandaise, a perdu jusqu’à 13 %, à 33,10 EUR. À Londres, Logica (logiciels) a perdu 12,2 % à 1 624 pence et Freeserve 10,9 % à 161 pence. À Francfort, Epcos reculait en fin d’après-midi de 6,27 % à 78,65 EUR et SAP ne perdait que 1,52 % à 240 EUR après avoir chuté jusqu’à 222,60 EUR. Tokyo : au plus bas depuis mars 1998 La Bourse de Tokyo a chuté mercredi de 3 %, au plus bas depuis dix-neuf mois, déprimée par le nouveau recul des places américaines la veille, ont expliqué des opérateurs. L’indice de référence Nikkei-225 a cédé 467,74 points pour terminer à 14 872,48, son plus faible niveau de clôture depuis le 8 mars 1999. L’indice élargi Topix a également reculé, perdant 30,90 points à 1 407,26 points. Le volume des échanges a totalisé quelque 561 millions d’actions contre 476,5 millions mardi. «La principale raison de ce plongeon est la Bourse de New York, a commenté Kazue Mayuzumi, analyste chez Nikko Securities. Les investisseurs étrangers et les institutionnels se sont débarrassés de leurs titres en raison des inquiétudes croissantes sur l’évolution à venir des marchés des actions américains». Mardi soir, Wall Street a terminé en baisse de 1,46 % et le Nasdaq a reculé de 2,32 %. Le secteur des nouvelles technologies de l’information a été particulièrement malmené, avec une chute de 17 % pour l’action America Online (AOL). «Les incertitudes sur le marché américain incitent les investisseurs à rester à l’écart et exercent des pressions sur le Nikkei», a poursuivi M. Mayuzumi. Le mouvement de ventes, amorcé dès le début de la séance, s’est accéléré dans l’après-midi et l’indice Nikkei est tombé en cours de séance jusqu’à 14 832,97 points. «Il n’y a pas réellement de facteurs négatifs au Japon pour déprimer l’indice (Nikkei). Ce dernier ne pourra donc pas se reprendre tant que Wall Street n’aura pas retrouvé la stabilité», a estimé Kazunori Jinnai, chargé du département actions chez Daiwa SB Capital Markets. «Nous devons attendre que la tempête passe», a-t-il ajouté. Parmi les plus fortes baisses ont figuré plusieurs valeurs liées aux semi-conducteurs : Advantest a plongé de 11,6 % à 15 300 yens, Kyocera de 6,3 % à 13 750. Le fabricant d’ordinateurs Fujitsu a perdu 5,4 % à 2 100 yens. Le constructeur d’équipements audio Pioneer Electric a abandonné 7,1 % à 4 040 yens.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Une certaine baisse de la tension a été relevée hier sur le marché des changes de Beyrouth au lendemain de l’accord intervenu entre Palestiniens et Israéliens à Charm el-Cheikh. En effet, la demande non commerciale du dollar s’est sensiblement contractée alors que l’offre demeurait toujours très réticente à se placer, faisant de la Banque du Liban (BDL) la seule contrepartie valable à la vente de cette monnaie dans le cadre de son action visant à sauvegarder la stabilité monétaire. En maintenant ainsi sa fourchette d’intervention en l’état, entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, la BDL est parvenue à faire fixer le billet vert au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999, pendant qu’il se négociait sur le marché interbancaire au haut de cette fourchette....