Un individu en bonne santé physique et mentale peut-il se retrouver sans aucun souvenir de son propre passé? Si en théorie la chose est possible, en réalité c’est très exceptionnel. Les amnésies consécutives à un incident majeur (accident, épreuve dramatique, sinistre, attentat) sont de deux types: a) liées à une lésion cérébrale faisant suite à un traumatisme crânien; b) produites par un choc psychologique. Dans le premier cas, l’état amnésique est lié aux dommages subis par les structures cérébrales où se trouvent localisés les circuits de la mémoire. Notamment derrière l’os de la tempe, sur le lobe temporal gauche pour les droitiers. Le sujet, à son réveil, peut être incapable de reconnaître ses proches, signaler où il habite, décliner son nom. Il se trouve dans un état de confusion mentale. En général, les lésions sont partielles et se corrigent, petit à petit, au fil des jours, des mois ou des années, selon le cas. Car le cerveau étant un organe souple, les hématomes se résorbent et les connexions cérébrales de secours se mettent en place. Le sujet récupère d’autant plus vite qu’il est jeune. La prise en charge de la personne par un neurologue et un orthophoniste facilite la guérison. L’assistance de l’orthophoniste se justifie par le fait que chez les droitiers le lobe temporal gauche du cerveau abrite l’un des centres du langage, ce qui explique les troubles de la parole rencontrés chez bon nombre de victimes de traumatismes crâniens, même si la compréhension est normale. Choc psychologique violent Des pertes de mémoire peuvent survenir après un choc psychologique violent, même si aucune lésion cérébrale n’est liée à cet état. On parle alors d’amnésie «disproportionnée». La personne étant incapable de se souvenir des événements antérieurs au choc, mais restant en mesure de mémoriser normalement les faits survenus après l’événement responsable de son état. Semblables cas, toutefois, relèvent de la psychiatrie. Même si, dans certains cas, les souvenirs mettent du temps à revenir, les résultats sont généralement positifs. La mémoire «enfouie» Les annales médicales citent certains cas, heureusement rares, où la perte de mémoire est définitive. Selon les spécialistes, les souvenirs n’ont pas disparu mais après avoir été analysés et classés, ils ont été rangés. Ils sont toujours là, présents, puisqu’ils ne peuvent pas disparaître. Mais le sujet, pour des raisons multiples, ne parvient pas à les réexprimer. Dans certaines maladies, telle celle d’Alzheimer, l’amnésie est due à des dégâts inhérents à cette affection. Les troubles amnésiques commencent par concerner le présent pour effacer progressivement tout le vécu de la personne. Exemple frappant de cet état, celui de Ronald Reagan, victime de cette maladie. Actuellement, il ne se souvient plus d’avoir été le président des États-Unis et ne reconnaît plus que quelques-uns de ses plus proches parents...
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un individu en bonne santé physique et mentale peut-il se retrouver sans aucun souvenir de son propre passé? Si en théorie la chose est possible, en réalité c’est très exceptionnel. Les amnésies consécutives à un incident majeur (accident, épreuve dramatique, sinistre, attentat) sont de deux types: a) liées à une lésion cérébrale faisant suite à un traumatisme crânien; b) produites par un choc psychologique. Dans le premier cas, l’état amnésique est lié aux dommages subis par les structures cérébrales où se trouvent localisés les circuits de la mémoire. Notamment derrière l’os de la tempe, sur le lobe temporal gauche pour les droitiers. Le sujet, à son réveil, peut être incapable de reconnaître ses proches, signaler où il habite, décliner son nom. Il se trouve dans un état de confusion mentale. En...