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Actualités - Chronologie

Le héros du siège de Sarajevo

Alija Izetbegovic, héros du siège de Sarajevo, conduisait sa communauté musulmane en nationaliste modéré, se disant attaché à reconstruire une Bosnie multiethnique. Alija Izetbegovic, 75 ans, avait choisi pendant la guerre (1992-1995) de rester à Sarajevo d’où il avait continué à diriger le pays sous le pilonnage des forces serbes de Bosnie qui ont tenu sous le siège pendant trois ans et demi la capitale bosniaque. Béret vissé sur la tête, c’est avec détermination qu’il se rendait dans le cadre de ses fonctions aux bâtiments de la présidence sous les bombardements. Seul «Allah» pouvait rompre, disait-il, les fils de sa vie. Son credo, l’islam, lui a valu de se retrouver à deux reprises dans les geôles yougoslaves. Cet anticommuniste convaincu a d’abord été emprisonné de 1946 à 1948 pour sa participation au mouvement nationaliste des Jeunes musulmans. Il s’est retrouvé à nouveau derrière les barreaux de 1983 à 1988 pour avoir écrit 13 ans plus tôt un ouvrage intitulé Déclaration islamique, un document qualifié de fondamentaliste par un tribunal communiste. Il était devenu président de Bosnie en 1990 à l’issue des premières élections pluralistes dans le pays où ont triomphé les partis nationalistes des trois principales communautés. Alija Izetbegovic a cosigné en 1995 l’accord de paix de Dayton qui institue un exécutif tripartite musulman, serbe et croate en Bosnie. Bénéficiant au sein de sa communauté d’une forte popularité acquise pendant la guerre, il a remporté aux élections de 1996 et de 1998 le poste de représentant musulman à la présidence collégiale du pays. Certains de ses compatriotes musulmans lui ont toutefois reproché de n’avoir pas su anticiper la guerre en Bosnie alors que des conflits avaient auparavant éclaté en Slovénie et en Croatie. En 1997, les Serbes de Bosnie l’ont jugé à Banja Luka (nord-ouest) par contumace pour crimes de guerre. Ils l’accusaient, en tant que chef de l’armée bosniaque, d’avoir notamment ordonné de «persécuter les Serbes». Le procès a été mis en veilleuse après l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement modéré dans la capitale serbe bosniaque. Fatigué par les restrictions de la guerre, les intenses négociations qu’il a dû mener pour parvenir à la paix et des problèmes cardiaques, Alija Izetbegovic avait annoncé en juin dernier qu’il quitterait la présidence collégiale en octobre, deux ans avant la fin de son mandat. Il est généralement perçu comme un nationaliste modéré en dépit de ses déclarations parfois équivoques, mais son Parti d’action démocratique (SDA), qu’il a fondé en 1989, donne en revanche une autre image. Le SDA a été régulièrement accusé par la communauté internationale de freiner l’application de l’accord de Dayton et d’empêcher notamment le retour de la population non musulmane à Sarajevo. Entaché également par des affaires de corruption et de détournement de fonds, son parti pour la première fois depuis 1990 a perdu une partie de son électorat aux municipales d’avril 2000 au profit de l’opposition sociale-démocrate qui prône une société multiethnique. Lui-même avait ouvertement avoué un jour son manque de sympathie pour les partis d’opposition antinationalistes : «Étre multiculturel est une bonne chose, mais nous avons le devoir de défendre les intérêts du peuple bosniaque musulman avant tout». Juriste de profession, Alija Izetbegovic est né le 8 septembre 1925 à Bosanski Samac, dans le nord du pays.
Alija Izetbegovic, héros du siège de Sarajevo, conduisait sa communauté musulmane en nationaliste modéré, se disant attaché à reconstruire une Bosnie multiethnique. Alija Izetbegovic, 75 ans, avait choisi pendant la guerre (1992-1995) de rester à Sarajevo d’où il avait continué à diriger le pays sous le pilonnage des forces serbes de Bosnie qui ont tenu sous le siège pendant trois ans et demi la capitale bosniaque. Béret vissé sur la tête, c’est avec détermination qu’il se rendait dans le cadre de ses fonctions aux bâtiments de la présidence sous les bombardements. Seul «Allah» pouvait rompre, disait-il, les fils de sa vie. Son credo, l’islam, lui a valu de se retrouver à deux reprises dans les geôles yougoslaves. Cet anticommuniste convaincu a d’abord été emprisonné de 1946 à 1948 pour sa...