Le Letton Romans Vainsteins a dominé les équipes des grands pays cyclistes pour s’imposer dans le championnat du monde, hier, à Plouay. À 50 mètres de la ligne, Vainsteins a dépassé Andrei Tchmil, le Russe naturalisé Belge qui était l’autre homme fort de ce championnat. Puissant, rapide, férocement déterminé, le Letton a relégué à une longueur un autre coureur venu de l’est, le Polonais Zbigniew Spruch, et le champion du monde 1999, l’Espagnol Oscar Freire. Sur la terre bretonne, où une foule estimée à 150 000 spectateurs s’est déplacée en cette journée grise mais chaleureuse, l’ancien bloc de l’Est a gagné un nouveau titre. Le cinquième (en dix épreuves) depuis le début des championnats du monde, le plus prestigieux surtout, en même temps que le premier pour la Lettonie, ce petit pays balte qui alignait trois coureurs au départ de la course de Plouay. Circuit sélectif Sans doute était-il possible de se dispenser d’une grande équipe pour gagner sur le circuit du Morbihan, rapide et usant, sélectif par la répétition des passages (19 tours, soit 268,850 km) dans les côtes de Lézot et surtout Ty-Marrec. Dès lors que l’échappée initiale de neuf coureurs (avec Moreau et Di Luca) voyait son avance – près de huit minutes tout de même ! – diminuer sous l’effet de la poursuite engagée par les surprenants Polonais, un coureur isolé pouvait s’en tirer au mieux dans les derniers tours. Vainsteins eut alors l’intelligence de calquer sa course sur Freire, l’homme de pointe d’une remarquable équipe d’Espagne. Quand les Français – avec Jalabert dans un mauvais jour – s’essoufflaient à répéter les démarrages, par Laurent Brochard interposé, quand les Italiens peinaient à assumer leurs responsabilités, à l’image d’un Michele Bartoli très (trop) nerveux, les Espagnols couraient de façon cohérente au profit exclusif du tenant du titre. Deux des leurs menèrent la poursuite derrière Tchmil, qui avait choisi de passer à l’attaque dans le dernier tour, à 11 kilomètres de l’arrivée. Le Belge, tout de force et de lucidité, prolongea la tentative durant plusieurs minutes et laissa peut-être dans cet effort les quelques gouttes d’énergie qui lui firent défaut dans la dernière ligne droite. Tchmil tout près Dans la côte de Ty-Marrec, cette large montée à 8 % qui avait réuni sur ses côtés des milliers de spectateurs, les Italiens jouèrent leur va-tout. Gilberto Simoni plaça sur orbite Francesco Casagrande et le numéro un mondial vira au sommet avec une centaine de mètres d’avance. Pour son malheur, il restait encore 3 kilomètres jusqu’à la ligne. Aux 1 200 mètres, le Toscan était repris et les routiers-sprinteurs pouvaient envisager la victoire pour la première fois depuis quinze ans dans un championnat du monde. Tchmil s’avança alors crânement, comme il sait si bien le faire dans le final des courses. Il s’assura une avance qui parut suffisante mais les dernières centaines de mètres en légère montée le condamnèrent. Il manqua 50 mètres à ce formidable coureur qui allait rester longtemps prostré, avec l’amère conscience d’être passé tout près d’une chance unique à l’âge de 37 ans. Assis dans son stand, Tchmil n’a pas vu ensuite son cadet de dix ans monter sur le podium. Ses yeux clairs embués de larmes, Vainsteins a endossé le maillot arc-en-ciel qui récompense en l’occurrence un vrai coureur de classiques, très souvent placé depuis qu’il est passé professionnel en 1998 après un long apprentissage dans les dures courses belges. Pour mieux préparer le championnat du monde, il avait choisi de faire l’impasse sur les JO de Sydney. Comme d’ailleurs un certain Andrei Tchmil. À voir le scénario de Plouay, Vainsteins a eu raison.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Letton Romans Vainsteins a dominé les équipes des grands pays cyclistes pour s’imposer dans le championnat du monde, hier, à Plouay. À 50 mètres de la ligne, Vainsteins a dépassé Andrei Tchmil, le Russe naturalisé Belge qui était l’autre homme fort de ce championnat. Puissant, rapide, férocement déterminé, le Letton a relégué à une longueur un autre coureur venu de l’est, le Polonais Zbigniew Spruch, et le champion du monde 1999, l’Espagnol Oscar Freire. Sur la terre bretonne, où une foule estimée à 150 000 spectateurs s’est déplacée en cette journée grise mais chaleureuse, l’ancien bloc de l’Est a gagné un nouveau titre. Le cinquième (en dix épreuves) depuis le début des championnats du monde, le plus prestigieux surtout, en même temps que le premier pour la Lettonie, ce petit pays balte qui...