Depuis sa victoire, le 30 juillet, dans le Grand Prix de Plouay, tous les regards se tournent vers Michele Bartoli. Le leader de la Squadra Azzura est le grand favori du championnat du monde sur route dimanche. Un statut qu’il assume d’autant mieux qu’il ne cesse de répéter : «Je mérite d’être champion du monde». En Italie, il y a quatre manières d’exister : gagner le Tour d’Italie, Milan-San Remo, le Tour de France ou le championnat du monde. Un coureur parvenant à s’imposer dans l’une de ces épreuves est à vie un «campionissimo». Le problème de Bartoli, dont il ne fait de doute pour personne qu’il est l’un des trois meilleurs spécialistes de classiques, est qu’il n’a accroché aucun de ses quatre sacres à son palmarès qui compte pourtant les mythiques Tour des Flandres, Liège-Bastogne-Liège ou la Flèche Wallonne. Il sait être trop limité en haute montagne pour vaincre dans un grand Tour, il sait qu’une victoire dans Milan-San Remo réclame toujours une grande part de chance. Il lui reste donc le championnat du monde. À deux reprises, il a été tout près d’y parvenir. En 1996, à Lugano, il a pris la troisième place. «J’étais le plus fort ce jour-là, affirme le Toscan, mais jamais, pour des circonstances de course, nous n’avons pu revenir sur les derniers rescapés d’une échappée partie à mi-course, Museeuw et Gianetti». «En 1998 à Valkenburg (4e), je n’ai pas eu de chance parce que je suis tombé mais au sprint, pour la troisième place, j’ai été battu par plus fort que moi, Peter van Petegem». Depuis Plouay, Bartoli ne fait que penser au Mondial. Il se sait prêt pour son grand défi depuis une dizaine de jours à tel point qu’il a fait l’impasse sur les 254 kilomètres de Paris-Tours, cela lui permettant en outre de se faire oublier et de ne pas donner trop d’informations à ses rivaux. «Je suis très heureux d’être venu à Plouay cet été et d’y avoir gagné. Je sais maintenant où produire mes efforts, où récupérer, où me cacher dans les roues. C’est un circuit difficile, usant, fait pour des coureurs expérimentés», explique-t-il. «Pour moi, les favoris seront Andreï Tchmil, Laurent Jalabert, Rolf Sörensen et moi. Oui, je mérite d’être champion du monde mais je sais qu’il y a d’autres Toscans illustres, tel Gino Bartali, qui le méritaient et qui ne l’ont jamais été». Toute sa préparation n’a connu aucune anicroche jusqu’au jour de la diffusion de la liste des coureurs italiens retenus par le sélectionneur Fusi. Une liste où ne figuraient pas Marco Pantani ni Andrea Tafi, vainqueur depuis de Paris-Tours. «Franchement, je pense que c’est une bêtise de ne pas avoir sélectionné Andrea qui est mon ami, mon copain d’équipe mais surtout un très bon coureur dans ce type d’épreuves». L’absence de Pantani n’est pas commentée mais elle assagit une équipe au sein de laquelle il crée naturellement et involontairement, pas par sa grande personnalité, trop de tension. «Michele n’est pas le leader unique parce que cela ne correspond pas à ma philosophie du cyclisme, assure Fusi, mais dans la dernière heure, si la décision n’est pas prise, c’est pour lui que nous devons travailler. Auparavant Davide Rebellin, Francesco Casagrande (4e en 1999) et Paolo Bettini pourront jouer leur carte». «Il y a une bonne ambiance et pour la première fois, conclut Bartoli, je sens que tout le monde est d’accord pour me favoriser la tâche». Cela rendra encore un peu plus difficile la tâche des adversaires de la Squadra Azzura.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Depuis sa victoire, le 30 juillet, dans le Grand Prix de Plouay, tous les regards se tournent vers Michele Bartoli. Le leader de la Squadra Azzura est le grand favori du championnat du monde sur route dimanche. Un statut qu’il assume d’autant mieux qu’il ne cesse de répéter : «Je mérite d’être champion du monde». En Italie, il y a quatre manières d’exister : gagner le Tour d’Italie, Milan-San Remo, le Tour de France ou le championnat du monde. Un coureur parvenant à s’imposer dans l’une de ces épreuves est à vie un «campionissimo». Le problème de Bartoli, dont il ne fait de doute pour personne qu’il est l’un des trois meilleurs spécialistes de classiques, est qu’il n’a accroché aucun de ses quatre sacres à son palmarès qui compte pourtant les mythiques Tour des Flandres,...