Le climat entourant le marché des changes de Beyrouth n’a subi aucun changement hier, où le dollar continuait à être offert dans des proportions ne dépassant pas le potentiel de la demande en cette monnaie pour subvenir aux besoins commerciaux des opérateurs. De ce fait, le marché avait tendance à s’équilibrer de lui-même sans le moindre recours à la Banque du Liban (BDL) qui a d’ailleurs maintenu sa fourchette d’intervention en l’état, entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente du billet vert. Celui-ci est parvenu donc à clôturer la journée d’hier au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999, tout en se négociant pratiquement au-dessus de ce niveau, tout près du point supérieur d’intervention de la BDL. Il a, en effet, oscillé de l’ouverture à la clôture des échanges interbancaires dans une marge étroite comprise entre 1 513,00 et 1 514,00 LL, dans un volume d’affaires relativement mince estimé par les milieux cambistes à quelque sept millions de dollars, entièrement placés à l’achat et à la vente par les banques de la place. Coup d’arrêt à la hausse de l’euro À l’étranger, l’euro s’est légèrement replié sous le seuil de 0,86 dollar hier, sur les marchés des changes internationaux, réagissant à une révision à la baisse moins forte que prévu de la croissance économique américaine au troisième trimestre. En début de journée en Europe, l’euros avait dépassé le seuil de 0,86 dollar, grimpant jusqu’à 0,8658 dollar, pour la première fois depuis le 10 novembre. Les investisseurs ont profité des chiffres américains pour prendre leur bénéfice et revendre un peu d’euros, selon les analystes de marché. En général, le ralentissement de la croissance économique d’un pays inquiète les investisseurs qui craignent une diminution du rendement de leurs capitaux placés dans le pays où l’économie s’essouffle. Le Produit intérieur brut (PIB) américain a progressé de 2,4 % en rythme annuel au troisième trimestre, soit une révision en baisse par rapport à une croissance de 2,7 % estimée initialement, a annoncé hier le département du Commerce. Les analystes tablaient généralement sur une diminution de la croissance du PIB américain de 2,7 % à 2,2 %, et certains conjoncturistes avaient même prédit que les chiffres préliminaires du PIB pourraient être revus à 2,00 %. Il est à rappeler que la croissance du PIB avait atteint 5,6 % au deuxième trimestre et 4,8 % au premier. La croissance du PIB américain au troisième trimestre a été la plus faible depuis la même période en 1996, quand elle s’était établie à 2,00 %, a précisé le département du Commerce. L’euro a repris des couleurs depuis le début de la semaine, grâce aussi aux craintes d’intervention de la Banque centrale européenne (BCE). Certains cambistes soupçonnent la BCE ou certaines banques centrales de l’Eurosystème d’avoir réalisé, depuis le début de la semaine, des interventions dites «voilées». L’institut d’émission européen a coupé court hier à ces rumeurs de marché, précisant que sa politique de communication, qui consiste à confirmer, a posteriori, la conduite d’une intervention, n’a pas changé. C’est ainsi, qu’après avoir rééquilibré leurs positions de change, les investisseurs attendent désormais la publication demain du rapport sur l’emploi aux États-Unis pour confirmer ou non le ralentissement de la première économie mondiale. Dans cette attente, le dollar s’est négocié, à New York, sur un ton résistant comme suit : – 0,8578 pour un euro contre 0,8565, la veille – 1,4235 pour un sterling contre 1,4170 – 2,2800 DM contre 2,2835 – 7,6470 FF contre 7,6585 – 1,7607 FS contre 1,7640 – 2 257,25 lires contre 2 260,65 – 110,20 yens contre 110,15. Bourse de Beyrouth : en baisse À la Bourse de Beyrouth, la tendance s’est inversée hier, après que les actions A et B de Solidere eurent renoué avec la baisse en reculant de 7,00 à 6 3/4 dollars et de 7 3/8 à 7 1/8 dollars respectivement. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a abandonné 0,67 % à 64,43 points, tandis que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu à 141,72 points. Ce mouvement s’est déroulé dans un marché étriqué sur lequel 16 116 actions ont changé de main d’une valeur de 110 564 dollars. Marchés américains : tendance mitigée Sur les places boursières internationales, la tendance a été partagée hier sur les marchés américains des valeurs mobilières où Wall Street était résolument en hausse et le Nasdaq en repli, après une révision à la baisse du PIB américain au troisième trimestre, moins forte que prévu. Les chiffres du PIB ont été diversement interprétés par les investisseurs. Les uns y voient un bon signe parce que le ralentissement est moins fort que prévu, les autres auraient préféré un chiffre un peu plus faible, annonciateur selon eux de baisse des taux par la Réserve fédérale américaine (Fed). Ces chiffres confirment que les entreprises souffrent du ralentissement économique. La hausse des bénéfices des entreprises au troisième trimestre a été la plus faible depuis le quatrième trimestre 1998. La bataille pour la Maison-Blanche, qui s’annonce encore longue, amène également son lot d’incertitudes, ce que le marché n’aime guère. Le camp démocrate réclame désormais un décompte des bulletins de vote pour l’ensemble de la Floride, une idée rejetée catégoriquement par les républicains. C’est dans ce contexte d’incertitudes que l’indice composite Nasdaq, baromètre des valeurs de la nouvelle économie, qui avait chuté de plus de 5 % la veille, a reperdu encore du terrain hier en repassant sous le seuil des 2 700 points. Quant à l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles, il a oscillé à la hausse entre un plus bas à 10 480,83 points et un plus haut à 10 646,17 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 599,53 points, en hausse de 91,95 points sur la veille. Hésitation des Bourses européennes Les Bourses européennes ont rattrapé en partie le terrain perdu plus tôt en séance mercredi et la moitié a fini en hausse, résistant à la faiblesse des médias et des banques, tandis qu’aux États-Unis les valeurs américaines étaient certes irrégulières, mais nettement mieux orientées que ce que les analystes anticipaient avant leur ouverture. Finalement, l’indice Eurotop-300 a abandonné 0,27 % à 1 579,57 tandis que l’EuroStoxx-50 s’est octroyé 0,35 % à 4 910,64. Londres a perdu 1,36 %, Paris 0,14 et Francfort de 0,41 %. Des achats sélectifs ont permis au compartiment des télécoms d’être en hausse de 0,46 %. Celui des technologiques a réussi à rattraper une perte supérieure à trois pour cent et en fin de journée n’affichait plus qu’un recul de 0,33 %. Les marchés boursiers ont plutôt bien réagi à la révision à la baisse moins marquée que prévu de la croissance du PIB américain au 3e trimestre. Les économistes attendaient 2,1 % après une première estimation de 2,7 %. Elle ressort à 2,4 %. Ce nouveau signe d’un ralentissement de l’activité donne à la Fed davantage de marge pour assouplir sa politique, en revenant à une attitude neutre envers les taux, voire en les diminuant. Reste en toile de fond la crise politique aux États-Unis, engluée dans une bataille de procédure juridique, ce qui n’encourage pas les initiatives. Parmi les plus forts reculs, on a noté Marconi sur des prises de bénéfice après la hausse du titre consécutive à l’annonce d’un bon résultat trimestriel. L’action a perdu 2,86 % à 651,5 pence. Toujours dans les télécoms, Swisscom, dont la contraction de près de 33 % du résultat sur neuf mois a fortement déçu, a rattrapé néanmoins une grande partie du terrain perdu en séance pour finir en baisse de 0,47 % à 428 francs. Signe de la sélectivité des achats, Telecom Italia a reculé de 0,3 % à 13,77 euros tandis que Telefonic prenait 2,25 % à 18,61. Tokyo : poursuite de la baisse La Bourse de Tokyo a clôturé en baisse de 1 % mercredi, les investisseurs abandonnant de nouveau les valeurs technologiques à la suite d’un plongeon du Nasdaq américain, ont indiqué des courtiers. L’indice de référence Nikkei-225 a chuté de 151,23 points à 14 507,64. L’indice élargi Topix a glissé de 13,30 points à 1 349,08 en fin de séance. Le volume d’échanges était modéré avec 626 millions d’actions échangées contre 679,8 millions la veille. «Le marché a été affecté par la revente par les investisseurs étrangers des valeurs technologiques, dans le sillage du repli, mardi, de l’indice des technologiques américain Nasdaq», a déclaré Toshiaki Yui, analyste chez Nomura Securities. «Le plongeon du Nasdaq a plombé la tendance à l’achat», a-t-il ajouté. Le Nasdaq a perdu 145,51 points mardi (-5,05 %) pour s’établir à 2 734,98 à la clôture, son plus bas depuis 13 mois. Le Dow Jones a également cédé 38,49 points (-0,36 %) à 10 507,58. «L’incertitude sur la direction que vont prendre les marchés américains a désorienté les investisseurs», a indiqué M. Yui. Les investisseurs sont restés en retrait, affectés par des éléments d’incertitude concernant les perspectives de l’économie japonaise ainsi que l’évolution des marchés américains, ont estimé des courtiers. «Concernant la tendance générale du marché, il n’y avait aucune direction», a déclaré Hiroshi Sato, courtier chez Cosmo Securities. «Des facteurs négatifs dominaient toujours le marché, a-t-il poursuivi. Cette tendance au ralenti du marché risque de durer encore un peu».
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