Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Infidèlement vôtre

 «Un seul être vous manque et tout est dépeuplé» : vous vous doutez bien que la phrase n’est pas de moi. Mais le sentiment l’est. Car j’ai cru, très longtemps, que je ne me remettrais jamais du départ de Maguy. Je suis resté des semaines, posté devant mon petit écran, dans l’espoir d’un retour. Mais Maguy persistait et signait: Nada, niente, nothing, rien. La blonde Maguy-la-joie faisait dès lors mon malheur. Et tout cela parce qu’on avait, par-ci par-là, coupé quelques minutes dans une de ses interviews. Question de dignité et aussi de prestige, lorsqu’on est devenu, comme elle l’était, la star incontestée du petit écran : celle qui – selon le slogan qui fut utilisé par une des compagnies où elle brilla – avait, sans autre intitulé, donné son nom au programme. Celle dont l’image s’étalait sur les plus grands panneaux publicitaires du Liban. Lorsqu’elle quitta, sans ménagements, les uns pour les autres. Encore d’autres qui ne s’en sont pas remis. Nous pourrions peut-être nous consoler en formant le club des laissés-pour-compte de Maguy: au vu de ses nombreuses «migrations», il y aurait légion au lieu de noyer notre peine dans des whiskies qui ont tous le même goût (Serge Lama dixit! Rien qu’il n’ait pas été largué par Maguy, il nous a lui aussi, froidement, laissé tomber l’été dernier). Or voilà que depuis peu, j’ai retrouvé le goût du whisky. Et si mon œil s’est allumé de nouveau, c’est qu’il a repéré au passage la nouvelle perle du petit écran. Elle s’appelle Paula Yacoubian et, à l’heure et au jour où Maguy faisait ma joie, la voici qui emplit l’espace télévisé de sa présence. Beaucoup de présence, pour tout dire. Et un style nouveau, pour recevoir les invités de son talk-show. Sans emphase et sans complaisance. Peut-on être inconsolable et infidèle à la fois? Alain PLISSON P.S.: Infidèlement vôtre (Unfaithfully yours), film de Howard Zieff avec Dudley Moore, Nastassja Kinski.
 «Un seul être vous manque et tout est dépeuplé» : vous vous doutez bien que la phrase n’est pas de moi. Mais le sentiment l’est. Car j’ai cru, très longtemps, que je ne me remettrais jamais du départ de Maguy. Je suis resté des semaines, posté devant mon petit écran, dans l’espoir d’un retour. Mais Maguy persistait et signait: Nada, niente, nothing, rien. La blonde Maguy-la-joie faisait dès lors mon malheur. Et tout cela parce qu’on avait, par-ci par-là, coupé quelques minutes dans une de ses interviews. Question de dignité et aussi de prestige, lorsqu’on est devenu, comme elle l’était, la star incontestée du petit écran : celle qui – selon le slogan qui fut utilisé par une des compagnies où elle brilla – avait, sans autre intitulé, donné son nom au programme. Celle dont l’image s’étalait...