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Actualités - Chronologie

Examen manuel des bulletins : manipulation ou décompte équitable ?

 Que vous soyez républicain ou démocrate, vous allez décrire de façon diamétralement opposée le processus de comptage manuel des bulletins de vote dans le comté de Palm Beach, dont pourrait dépendre le nom du prochain président des États-Unis. Les républicains dénoncent une entreprise de manipulation des votes, à la limite de la fraude électorale, visant à accroître artificiellement le nombre de suffrages en faveur d’Al Gore, distancé de plus de 900 voix dans le décompte total, encore officieux, des voix en Floride, où se joue l’issue de la course à la Maison-Blanche. «Le peuple américain constate qu’il y a de sérieux doutes sur ce processus», a lancé dimanche Scott McClellan, porte-parole du camp républicain au centre de décompte des voix de West Palm Beach (sud de la Floride, sud-est des États-Unis). «C’est le décompte le plus récent, pas le plus exact ni le plus équitable».Il assure que des irrégularités flagrantes ont été constatées par des membres du Parti républicain, compteurs de bulletins, observateurs ou avocats, présents en permanence dans l’amphithéâtre de cet immeuble proche du bunker utilisé comme PC de crise en cas d’ouragan. «Nous n’avons droit de la part de l’équipe de Gore et de ses avocats qu’à de la sélectivité, de la subjectivité, des décomptes sans fin et un nombre infini de procédures judiciaires. Il semble qu’ils tentent tout simplement de continuer à compter jusqu’à ce qu’ils arrivent à un résultat qui leur convienne», accuse Scott McClellan. «C’est lent, c’est confus, c’est chaotique», renchérit Tucker Eskew, un autre porte-parole républicain. «En une heure, l’un de nos observateurs a vu cinq bulletins Bush placés dans la pile Gore. Les gens sont fatigués, ils appliquent des instructions qui changent sans cesse et ne sont pas bien formés». Depuis le début jeudi soir des opérations d’examen manuel de l’ensemble des quelque 462 000 cartes perforées du comté de Palm Beach, aucune manœuvre frauduleuse n’a toutefois été rapportée de source indépendante : des journalistes sont présents en quasi-permanence, à tour de rôle, dans la salle. Les comptes-rendus qu’ils rédigent ne font état d’aucun incident suspect. Une pile de bulletins est tombée d’une table, tard dans la nuit, mais il a été rapidement décidé de procéder à un nouveau décompte de tout le bureau de vote. «La tactique du camp Bush est très simple», plaide Denis Newman, l’un des avocats du Parti démocrate à West Palm Beach. «C’est retarder, retarder, retarder. Ils tentent d’entraver ce décompte de toutes les façons possibles car ils craignent un examen juste et exact». «Il est évident qu’ils veulent faire apparaître ces opérations comme étant partiales, ce qu’elles ne sont pas. Ils tentent d’affirmer que c’est chaotique, alors que cela ne l’est pas». Observatrice moins impliquée dans le résultat final, parce que représentant dans le «bunker» le Parti des verts de Ralph Nader, June Brashares, 36 ans, abonde plutôt dans le sens des démocrates. «C’est plutôt calme, cela progresse bien, assure-t-elle en sortant de la pièce. Dès que quelqu’un manipule les bulletins sans suffisamment de délicatesse, on lui dit tout de suite “Fais attention”. Et dès que l’on s’approche d’un tas de cartes, tout le monde surveille attentivement. Je pense que cela permettra au final d’avoir une indication claire de ce qu’ont voulu les électeurs». Lors d’une interruption de séance, les traits marqués par la fatigue et les nuits de deux heures, le juge Charles Burton, président de la commission électorale, lance aux caméras : «J’espère qu’un jour les gens apprécieront ce que nous faisons ici...» 
 Que vous soyez républicain ou démocrate, vous allez décrire de façon diamétralement opposée le processus de comptage manuel des bulletins de vote dans le comté de Palm Beach, dont pourrait dépendre le nom du prochain président des États-Unis. Les républicains dénoncent une entreprise de manipulation des votes, à la limite de la fraude électorale, visant à accroître artificiellement le nombre de suffrages en faveur d’Al Gore, distancé de plus de 900 voix dans le décompte total, encore officieux, des voix en Floride, où se joue l’issue de la course à la Maison-Blanche. «Le peuple américain constate qu’il y a de sérieux doutes sur ce processus», a lancé dimanche Scott McClellan, porte-parole du camp républicain au centre de décompte des voix de West Palm Beach (sud de la Floride, sud-est des États-Unis)....