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Actualités - Chronologie

Ce que Bill Clinton ne verra probablement pas

Le président américain Bill Clinton, qui arrive samedi à Hô Chi Minh- Ville, risque probablement de passer à côté de quelques réalités de cette métropole du sud du Vietnam. À commencer par la pétarade des minimotos japonaises qui ont envahi les artères de Saigon, rebaptisée Hô Chi Minh-Ville en 1975 et qui seront tenues à l’écart du cortège présidentiel. Omniprésentes, elles portent des familles entières de trois, voire parfois quatre personnes, dans une circulation, à la vietnamienne, où chacun trouve sa place à grands renforts de klaxon. Ces motos ne transportent parfois que deux personnes, un jeune homme au guidon et une jeune femme derrière, souvent très élégante et aguicheuse. Ces jeunes, parfois très jeunes gens, sillonnent sans cesse les rues qui entourent un des parcs de la ville à la recherche d’amateurs de frissons asiatiques. La prostitution, qui s’était épanouie pendant les années américaines de Saigon, fait à nouveau partie de la ville après quelques années de puritanisme communiste. Ces jeunes femmes sont d’autant plus nombreuses que les trottoirs qu’elles avaient l’habitude d’arpenter dans l’attente d’un client éventuel leur sont interdits depuis quelques jours. «La police nous a demandé de partir», risque l’une d’entre elles avant de disparaître. Dans les dizaines de bars, salons de massage ou karaoké des rues avoisinantes, on s’inquiète aussi un peu des conséquences de la visite du président américain, qui n’est pas forcément synonyme de bonnes affaires malgré les centaines d’étrangers attendus. La tenancière du Green Hill bar, un «girlie bar» (bar à filles) sur Thai Van Lung, reconnaît qu’elle devra fermer plus tôt ce week-end et croit savoir que de plus grands établissements que le sien ne seront pas autorisés à ouvrir. Consigne de la police ? Non, simplement la rumeur publique, assure-t-elle, d’un air entendu. La police, justement, a fort à faire devant son quartier général à Saigon où se tient depuis des semaines une manifestation silencieuse de paysans qui se disent spoliés par des responsables locaux. Bien que située dans la même avenue que le consulat des États-Unis, mais près d’un km plus loin, cette manifestation risque de passer inaperçue aux yeux du président. Campant sous les fenêtres de la police en réclamant justice, ces paysans venus des campagnes environnantes dénoncent, par banderoles interposées, les conditions dans lesquelles des responsables locaux, qu’ils disent corrompus, ont saisi leurs terres. Il sera difficile d’en savoir plus, le zèle de la police vietnamienne n’ayant pas permis à un journaliste de poser des questions à ces familles de paysans. Un policier affirme cependant que leur manifestation est tolérée en attendant que les autorités statuent sur leur sort. Mais, pour les détails, pas question d’aller vérifier auprès d’eux...
Le président américain Bill Clinton, qui arrive samedi à Hô Chi Minh- Ville, risque probablement de passer à côté de quelques réalités de cette métropole du sud du Vietnam. À commencer par la pétarade des minimotos japonaises qui ont envahi les artères de Saigon, rebaptisée Hô Chi Minh-Ville en 1975 et qui seront tenues à l’écart du cortège présidentiel. Omniprésentes, elles portent des familles entières de trois, voire parfois quatre personnes, dans une circulation, à la vietnamienne, où chacun trouve sa place à grands renforts de klaxon. Ces motos ne transportent parfois que deux personnes, un jeune homme au guidon et une jeune femme derrière, souvent très élégante et aguicheuse. Ces jeunes, parfois très jeunes gens, sillonnent sans cesse les rues qui entourent un des parcs de la ville à la recherche...