Après la victoire du Vietnam sur la France en 1954, la partition du pays renforce deux bastions idéologiquement opposés comprenant déjà les ferments d’une nouvelle guerre : le Sud, bientôt vitrine des États-Unis, et le Nord, soutenu par Pékin et Moscou, qui entend bâtir une patrie socialiste. Instaurée par les Accords de Genève jusqu’à des élections réunificatrices prévues dans un délai de deux ans, la division du Vietnam devait durer 22 ans, jusqu’à la réunification officielle en avril 1976, soit un an après l’entrée de l’Armée populaire à Saigon et la débâcle américaine. Quelque trois millions de Vietnamiens et 58 000 Américains ont perdu la vie des deux côtés du 17e parallèle. En février 1955, avant même l’évacuation des derniers soldats français (avril 56), les États-Unis, soutenus par le président Ngô Dinh Diêm, ouvrent une mission militaire à Saigon. À partir de 1965, ils envoient leurs troupes dont les effectifs atteindront quelque 550 000 hommes en 1968. À la suite d’incidents navals dans le golfe du Tonkin, le 5 août 1964, le président américain Lyndon Johnson obtient du Congrès les pleins pouvoirs pour mettre en échec la guérilla nord-vietnamienne. Les premiers bombardements américains sur le Nord, le 7 février 1965, puis le débarquement près de Danang des premiers Marines marquent l’escalade du conflit. Washington pensait «mettre Hanoi à genoux en six semaines» mais malgré une puissance de feu gigantesque, la première armée du monde sera vaincue, pour la première et unique fois, à l’issue de 20 années de combats aussi acharnés que disproportionnés. Le 27 janvier 1973, aux termes des Accords de Paris, les États-Unis reconnaissent l’indépendance, la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale du Vietnam. Ils doivent «cesser leur engagement militaire ou leur ingérence dans les affaires intérieures du Sud-Vietnam» et retirer toutes leurs troupes. L’accord ne sera pas respecté mais conduira à la fin de l’intervention américaine, deux ans plus tard. Plus de 58 000 militaires américains sont morts et quelque 1 600 autres sont toujours portés disparus (Missing in Action, MIA) pendant ce conflit, le plus long dans lequel aient été impliqués les États-Unis. Côté vietnamien, cette guerre a fait 3 millions de morts, dont 2 millions de civils, et 2 millions d’invalides de guerre. Les défoliants, comme l’Agent orange déversés par l’aviation américaine, ont provoqué des malformations chez plus de 50 000 enfants. Le 5 août 1995, à la suite du rétablissement des relations diplomatiques bilatérales, les États-Unis ont inauguré leur ambassade à Hanoi, la capitale du Vietnam. Le 16 novembre 2000, le président Bill Clinton, l’ancien «insoumis», y effectue la première visite officielle d’un chef d’État américain depuis la fin de la guerre.
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