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Actualités - Chronologie

La presse européenne ne croit pas à une crise durable

La presse en Europe montrait hier moins d’intérêt pour les polémiques sur le dépouillement de l’élection présidentielle américaine et excluait généralement une crise constitutionnelle durable aux États-Unis. Les grands quotidiens consacrent de moins en moins de place à ces rebondissements juridiques et procéduriers en Floride. «Traiter la puissance mondiale de “république bananière” est insensé et pas adapté. Ces reproches viennent en général de républiques bananières qui ne peuvent pas se vanter d’une démocratie ininterrompue depuis 200 ans», commente la Frankfuter Allgemeine Zeitung. «Il n’y a pas encore de trace d’une crise profonde ou même d’une crise constitutionnelle». (...) «La confiance de la majorité des citoyens (...) n’est pas sérieusement menacée. Les Américains ont de toute manière le sentiment que la politique ne joue qu’un rôle restreint dans leur vie», ajoute le quotidien allemand. «Ce n’est pas le scandale du “Watergate”, mais pour certains Américains, lassés par les approximations et les contre-résultats, cela commence à y ressembler», juge Le Soir de Bruxelles. «Floride s’écrit avec un F, un F de fraude. Terre d’exil de dictateurs et cible habituelle de cyclones, l’État qui abrite DisneyWorld ne manque pas de magouilles», estime Le Jornal de Noticias de Porto. Le Diario de Noticias de Lisbonne s’en prend au candidat démocrate. «Il commence à être clair qu’Al Gore est disposé à tout pour devenir président des États-Unis. Il a perdu le scrutin, il a perdu ensuite le recomptage et il croit maintenant que le décompte manuel des votes peut lui apporter le résultat souhaité. (...) Ce qui est certain, c’est qu’il ne va pas s’arrêter là, affirme le quotidien. C’est un bel exemple, celui de Gore et des États-Unis, pour les pays qui manipulent les résultats». L’Helsingin Sanomat en Finlande parle d’un «équilibre de la terreur» entre les juristes des deux camps qui se menacent réciproquement d’actions en justice, mais ces menaces «ne sont pas suivies d’effets, par crainte de représailles». Le même journal titre par ailleurs sur la défaite «humiliante» d’Al Gore dans son propre État, celui du Tennessee : «Al Gore aurait gagné l’élection, même sans les voix de Floride, s’il n’avait pas été battu dans son propre État, celui du Tennessee, par son adversaire républicain George W. Bush avec une marge de 80 000 voix». «Mieux vaut un résultat correct qu’un résultat rapide», écrit le quotidien danois Aktuelt (social-démocrate), notant que «les États-Unis ne sont pas un pays en développement, mais une superpuissance économique, militaire et démocratique, où, naturellement, il ne devrait pas y avoir le moindre doute sur le déroulement et l’issue d’une élection démocratique». «Bush et Gore doivent être déterminés à éliminer le moindre doute sur le vainqueur définitif du scrutin», souligne le journal. En France, le quotidien économique La Tribune met en garde contre une crise de confiance dans la démocratie américaine. «Voilà vingt ans maintenant que ce pays accumule les déficits de sa balance des paiements. Ils atteignent désormais un tel niveau qu’ils absorbent pas moins de 80 % de l’épargne mondiale disponible ! C’est dire si les États-Unis ne peuvent absolument pas se permettre une crise de confiance avec leurs bailleurs, Europe en tête, qui financent la poursuite de la croissance et des créations d’emplois», souligne le quotidien.
La presse en Europe montrait hier moins d’intérêt pour les polémiques sur le dépouillement de l’élection présidentielle américaine et excluait généralement une crise constitutionnelle durable aux États-Unis. Les grands quotidiens consacrent de moins en moins de place à ces rebondissements juridiques et procéduriers en Floride. «Traiter la puissance mondiale de “république bananière” est insensé et pas adapté. Ces reproches viennent en général de républiques bananières qui ne peuvent pas se vanter d’une démocratie ininterrompue depuis 200 ans», commente la Frankfuter Allgemeine Zeitung. «Il n’y a pas encore de trace d’une crise profonde ou même d’une crise constitutionnelle». (...) «La confiance de la majorité des citoyens (...) n’est pas sérieusement menacée. Les Américains ont de toute...