Le climat entourant le marché des changes de Beyrouth n’a subi aucun changement hier, où le dollar continuait à être offert au haut de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (BDL) afin de subvenir aux besoins commerciaux courants des opérateurs en cette monnaie. C’est ainsi que la BDL, qui s’est déclarée toujours prête à céder le billet vert à 1 514,00 LL et à l’acheter à 1 501,00 LL, n’a pas été contrainte à intervenir en présence d’une contrepartie valable à la vente à 1 514,00 LL en dehors d’elle. Cela étant, le dollar, qui a été fixé au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL comme depuis le 9 septembre 1999, devait être négocié effectivement dans les échanges interbancaires entre 1 513,50 et 1 514,00 LL de l’ouverture à la clôture, ont indiqué les cambistes. Mais compte tenu de l’étroitesse du mouvement de l’offre et de la demande, le volume d’affaires de la journée d’hier n’aurait pas dépassé quelque huit millions de dollars placés à l’achat et à la vente par les banques de la place sans aucun recours à la BDL, dans un marché sans relief. L’euro soutenu par la BCE et le recul des Bourses américaines À l’étranger, l’euro est repassé au-dessus du seuil de 0,86 dollar hier, sur les marchés des changes internationaux, après une nouvelle intervention en solo de la Banque centrale européenne (BCE), la quatrième depuis vendredi dernier, dopant la devise déprimée par des spéculations concernant une victoire de George W. Bush dans la course à la Maison-Blanche. La BCE est à nouveau intervenue seule sur les marchés des changes pour soutenir l’euro en vendant des dollars et des yens, a indiqué hier un de ses porte-parole. Selon une source bancaire, la BCE a passé ses ordres de vente de devises à partir de 14h47 GMT alors que l’euro était tombé jusqu’à 0,8519 dollar. Il s’agit de la quatrième vague d’intervention déclenchée par l’institut d’émission de Francfort en une semaine. Les deux premières avaient eu lieu vendredi dernier et la troisième lundi. «L’euro s’est replié sous le seuil de 0,86 dollar, mais il reste bien soutenu, ce qui prouve qu’ils ont réussi quelque chose», a estimé l’économiste en chef de la Bank of America à Londres. Le sentiment général reste toutefois assez négatif sur la monnaie européenne, a-t-il ajouté. Selon lui, la BCE intervient maintenant, car le marché spécule sur une victoire de George W. Bush aux États-Unis qui risque de peser sur l’euro. De l’avis unanime des cambistes, l’arrivée éventuelle du candidat républicain à la Maison-Blanche serait en effet défavorable à l’euro, car son programme prévoit plus de baisses d’impôts que celui du démocrate Al Gore. Un élément de nature à doper des marchés et à augmenter par ricochet la demande en dollar. De plus, George W. Bush est également connu pour ses positions non interventionnistes, ce qui limiterait les chances de la BCE d’obtenir un geste de la Réserve fédérale américaine (Fed) pour venir en aide à l’euro. Il s’agit encore une fois d’une intervention en solo de la BCE, ce qui prouve que la Fed n’est pas prête à aider l’euro, estime-t-on dans les milieux cambistes. Ce manque de soutien américain risque de poser un problème de crédibilité à la BCE qui n’arrive donc pas vraiment à impressionner le marché. Certes, la BCE se rend compte que le marché reste au bout du compte indifférent à ses interventions unilatérales, mais elle ne peut rien faire d’autre pour le moment, selon les analystes. En effet, la plupart des cambistes tablent sur une nouvelle période de volatilité la semaine prochaine, tant que le résultat officiel du scrutin présidentiel américain n’est pas connu. Hier, l’attorney general (ministre de la Justice) américaine, Janet Reno, a indiqué que ses services examinaient de nombreuses plaintes alléguant des irrégularités lors du scrutin présidentiel en Floride, afin de déterminer si des violations fédérales des droits civiques ont été commises. Dans ce contexte, le dollar s’est ressenti du nouvel accès de faiblesse des Bourses américaines, se négociant, à New York, comme suit : – 0,8660 pour un euro contre 0,8555, la veille – 1,4310 pour un sterling contre 1,4235 – 2,2585 DM contre 2,2870 – 7,5745 FF contre 7,6695 – 1,7550 FS contre 1,7765 – 2 235,90 lires contre 2 263,85 – 107,40 yens contre 107,25. Bourse de Beyrouth : marché étriqué À la Bourse de Beyrouth, la tendance s’est affaiblie de nouveau, hier, avec le repli des actions A de Solidere de 7 1/4 à 7,00 dollars, dans un marché creux et stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a perdu 0,34 % à 65,03 points, tandis que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu invariablement à 141,82 points. Ce mouvement s’est produit dans un marché étriqué avec seulement 4 400 actions négociées d’une valeur globale de 32 463 dollars. Rechute des marchés américains en l’absence de nouveau président Sur les places boursières internationales, la nervosité des marchés américains des actions a augmenté hier face à l’incroyable suspense qui entoure l’élection présidentielle pendant que l’inquiétude sur les résultats des entreprises venait s’ajouter à leur malaise. Certes, l’incertitude n’est pas bonne pour les marchés, car dans une situation tellement confuse les gens s’abstiennent d’acheter. Et actuellement, on assiste selon les professionnels à un manque d’achats plus qu’à un mouvement agressif de ventes. Cela d’autant que personne ne sait combien de temps il faudra pour connaître l’issue de l’élection présidentielle américaine alors que le scrutin est trop contesté. Plus que le nom du futur président, ce sont toutefois les performances de l’économie américiane et ses répercussions sur les résultats des entreprises qui taraudent les investisseurs. Après avoir cru à un ralentissement en douceur, ces derniers commencent à craindre un ralentissement plus brutal. «Nous finirons bien par savoir qui est le président. Les investisseurs se demandent surtout si les bénéfices ne seront pas moins bons que prévu et si les valeurs boursières ne sont donc pas surévaluées, en particulier dans le secteur technologique», a relevé hier un analyste de marché. Cette inquiétude s’est répercutée logiquement avant tout sur le Nasdaq qui s’est enfoncé dans le rouge. Il en est de même de Wall Street après l’annonce par IBM d’une perspective de croissance de son chiffre d’affaires moins forte que prévu. Dans ce contexte, l’indice composite Nasdaq a rechuté au-dessous du seuil des 3 100 points pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait à la baisse d’un plus haut à 10 902,11 points à un plus bas à 10 618,49 points avant d’afficher en préclôture, 23h heure de Beyrouth, à 10 764,25 points, en baisse de 142,81 points sur la veille. Vulnérabilité des Bourses européennes Les marchés d’actions européens ont baissé jeudi, affectés par un net recul des valeurs technologiques, sur fond de craintes concernant les bénéfices des sociétés et de confusion électorale aux États-Unis. Les principales places européennes ont terminé la journée en baisse, à l’exception de Milan et de Bruxelles. En clôture, l’indice Eurotop 300, paneuropéen, perdait 0,77 % et l’Euro Stoxx 50, limité à la zone euro, cédait 0,8 %. L’indice sectoriel des technologiques a abandonné 3 % après avoir chuté de près de 5 %, son plus bas depuis le 20 octobre. Philips Electronics a perdu 4,79 % à 43,11 euros, Marconi 3,91 % à 836 pence et Ericsson 4,29 % à 122,50 couronnes. Les télécoms et les médias ont aussi fait preuve de faiblesse. L’indice sectoriel des télécoms a perdu 3 %, un plus bas de trois semaines, et celui des médias 2 %, un plus bas de deux semaines. «Les investisseurs sont très nerveux vis-à-vis des valeurs chères du marché et se réfugient dans les valeurs bon marché, et ce n’est pas parce que c’est économiquement plus attractif». Tokyo : en forte baisse La Bourse de Tokyo a clôturé en baisse de 2,2, % jeudi, les valeurs technologiques ayant suivi le Nasdaq américain également en recul dans l’attente du résultat officiel de l’élection présidentielle américaine. L’indice de référence Nikkei-225 a chuté de 339,59 points à 15 060,50 points. L’indice élargi Topix a aussi baissé de 26,19 points à 1 427,45. Quelque 486 millions d’actions ont été échangées contre 581,7 millions la veille. «Les investisseurs japonais sont restés en retrait pour voir comment le marché américain va réagir au résultat de l’élection», a dit Hiroichi Nishi, de Nikko Securities, ajoutant que les valeurs technologiques avaient été les plus vendues. «Tokyo ne fait que suivre New York. Il n’y a aucune raison franche de s’enthousiasmer sur le marché pour le moment», a estimé Masakazu Kimura, responsable de Tsubasa Securities Co. Mercredi, le Nasdaq a chuté de 5,38 % à 3,232,05 et le Dow Jones a cédé 0,43 % à 10 907,82. «L’impact de la chute du Nasdaq est supérieur à celui de l’élection présidentielle américaine. À voir la baisse substantielle du Nasdaq, le plancher n’a pas encore été touché et les inquiétudes sur les bénéfices des valeurs high-tech continuent de peser sur le sentiment général», a estimé Hidetoshi Nakanishi, de Yamamaru Securities.
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