Les journaux américains insistaient hier sur l’importance du taux de participation pour déterminer qui sera le 43e président des États-Unis, alors que le scrutin présidentiel paraissait le plus serré depuis 40 ans. «La participation est ce qui fait fonctionner le système, lui donnant de la crédibilité et du renouveau», affirme le New York Times dans un éditorial. Pour ce journal, qui appelait à voter hier pour le ticket présidentiel démocrate Gore-Lieberman, «le fait que la campagne présidentielle ait donné l’impression d’être menée à distance de l’électorat ne devrait pas être une excuse pour ne pas voter». Et d’expliquer que les nombreux scrutins parlementaires et locaux prennent toute leur signification «en interaction avec la bataille présidentielle, et détermineront la texture politique des quatre prochaines années». Le Washington Post, qui appelle également à voter Al Gore, juge que le candidat républicain George W. Bush, s’il parvient comme il le souhaite à mettre fin aux blocages nés de la cohabitation entre une Administration démocrate et un Congrès républicain, laisserait passer des «mauvaises mesures» auxquelles Bill Clinton avait jusqu’ici mis son veto. «En général, l’importance de la participation est une formule vide de sens, mais elle ne l’est pas cette fois», selon le politologue Andy Kohut, cité par le Los Angeles Times. Ce journal, tout en soutenant des candidats pour les élections parlementaires et locales en Californie, n’appelait pas expressément hier à voter pour un candidat à la présidence. Le très conservateur Wahington Times titrait sur les sondages, qui, majoritairement, donnaient la victoire à George W. Bush. Sur les quatre enquêtes dont les résultats étaient publiés en première page, celle de l’institut Zogby donnait toutefois Al Gore gagnant, avec 48 % contre 46 % des voix (marge d’erreur de plus ou moins 3 %). Le journal The Sun de Baltimore insistait de son côté sur l’importance du vote par États dans le système américain, où tout candidat à la présidence doit s’assurer les voix de 270 grands électeurs sur 538 pour être élu, sans nécessairement obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés. Et il souligne que les sondages de sortie des urnes, qui portent sur un échantillon beaucoup plus large que les sondages préélectoraux, pourraient, si la balance penche suffisamment en faveur de l’un ou de l’autre candidat, permettre aux télévisions d’indiquer dès 18h30 heure locale (23h30 GMT) qui sera le prochain président. Le Wall Street Journal insiste enfin sur les possibles surprises de ce scrutin, dont une victoire démocrate en Floride, ou l’incertitude dans les États du Nord-Ouest et dans certains États du Midwest (centre) qui ont voté démocrates au cours des trois dernières élections. Mais surtout, le quotidien des milieux financiers met en exergue la possibilité pour Al Gore d’emporter le vote des grands électeurs, le vote populaire allant à George W. Bush.
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