Le marché des changes de Beyrouth a débuté la semaine sur une note généralement positive, la demande du dollar ayant été contrebalancée par la propension de certains opérateurs à l’offre de cette monnaie. Ce phénomène est venu donc dispenser la Banque du Liban (BDL) de soutenir la livre libanaise, malgré qu’elle ait maintenu sa fourchette d’intervention en l’état, se déclarant toujours prête à vendre le billet vert à 1 514,00 LL et à l’acheter à 1 501,00 LL. Cela étant, le dollar, qui a clôturé hier, au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, continuait à être négocié au-dessus de ce taux mais à des cours légèrement inférieurs au haut de la fourchette d’intervention de la BDL et naturellement en dehors d’elle. Il a finalement fluctué dans une marge étroite comprise entre 1 513,00 et 1 513,50 LL, après avoir ouvert entre 1 512,00 et 1 514,00 LL, ont indiqué les cambistes. Pourtant, en raison de l’étroitesse du mouvement de l’offre et de la demande, le volume d’affaires de la journée d’hier n’aurait pas dépassé quelque dix millions de dollars, entièrement placés à l’achat et à la vente par les banques de la place dans un marché calme et équilibré de lui-même. L’euro insensible à une nouvelle intervention en sa faveur À l’étranger, l’euro n’a guère profité, hier, sur les marchés des changes internationaux, de la nouvelle intervention de la Banque centrale européenne (BCE) pour lui venir en aide, repassant momentanément au-dessus du seuil de 0,87 dollar avant d’effacer ses gains et de replonger sous la barre de 0,86 dollar pour s’équilibrer finalement autour de ce niveau. L’annonce d’une baisse des commandes dans l’industrie allemande, qui suggérait un ralentissement de l’activité de la première économie de la zone euro, a renversé la tendance, poussant l’euro à la baisse. Ces commandes ont baissé de 4,6 % en septembre, au lieu de 0,6 % attendu, contre une progression de 2,00 % en août, selon des chiffres corrigés des variations saisonnières (CVS) publiés hier par le ministère allemand des Finances. Ces chiffres doivent placer la BCE dans une situation difficile alors que, selon elle, la force de l’économie européenne est une des raisons qui expliquent le redressement de l’euro. De ce fait, les opérateurs n’ont pas hésité à pousser l’euro à la baisse, ne craignant plus une nouvelle intervention de la BCE, d’autant que l’intervention d’hier s’est faite à un moment inopportun et réalisée en solo et pour un faible montant. Pour la troisième fois en quatre jours, les gardiens de l’euro ont lancé une salve hier matin, à l’ouverture des marchés en Europe, en expliquant qu’elle faisait partie de l’offensive unilatérale déclenchée en fin de semaine dernière. La BCE n’a donné de détail ni sur les montants mobilisés ni sur le niveau exact de l’euro à partir duquel elle était intervenue. Selon certaines estimations, la BCE aurait vendu vendredi dernier l’équivalent de 1,5 à 2 milliards d’euros en dollars pour soutenir la monnaie unique. Pourtant, le marché a été surpris hier par la nouvelle intervention de la BCE, mais comme celle-ci était unilatérale, l’euro a vite perdu de son entrain, surtout après la publication des chiffres allemands qui ont fait perdre aux marchés leur confiance dans l’euro, les incitant à spéculer à sa baisse. Pour le moment, les marchés semblent attendre l’issue des élections présidentielles aux États-Unis aujourd’hui. Selon des analystes, le marché du dollar appréciera une victoire de G.W. Bush car il prêche en faveur des dérégulations qui plaisent aux investisseurs. «Une victoire des conservateurs aux États-Unis serait une bonne nouvelle pour le dollar car Bush est anti-interventionniste, ce qui risque de limiter les actions de la Réserve fédérale américaine (Fed) en faveur de l’euro». C’est dans ce contexte que le billet vert s’est négocié à New York sur un ton soutenu, comme suit : – 0,8610 pour un euro contre 0,8670, vendredi dernier – 1,4290 pour un sterling contre 1,4500 – 2,2720 DM contre 2,2555 – 7,6195 FF contre 7,5640 – 1,7680 FS contre 1,7545 – 2 249,10 lires contre 2 232,80 – 107,40 yens contre 107,00. Bourse de Beyrouth : rechute dans le vide À la Bourse de Beyrouth, la tendance a encore empiré en ce début de semaine avec la rechute des actions A de Solidere dans un marché toujours stationnaire sur le restant de la cote. Cela étant, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reperdu 0,34 % à 64,98 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu à 141,32 points. Ce mouvement s’est produit modestement actif avec seulement 30 471 actions ayant changé de mains d’une valeur globale de 108 228 dollars. Volatilité des marchés américains Sur les places boursières internationales, la tendance a été partagée en ce début de semaine sur les marchés américains des valeurs mobilières, les opérateurs ayant privilégié quelques valeurs vedettes et des titres de la vieille économie plutôt que les actions généralement plus volatils de la Bourse électronique Nasdaq. Pour les investisseurs, les placements dans des valeurs comme General Motors, Merck ou Citicorp servaient de refuge par rapport à des titres de l’Internet ou des télécommunications. Cette prudence se justifiait par le scrutin électoral qui va désigner aujourd’hui dans la soirée le prochain président américain. L’élection oppose le vice-président Al Gore et le gouverneur républicain du Texas George W. Bush dont la victoire serait bien accueillie par le marché. Pour ce qui est de la séance d’hier qui avait débuté dans le rouge sur des craintes concernant les fabricants de cigarettes, après la plainte déposée par la Commission européenne devant un tribunal civil de New York contre Philip Morris et R.J. Reynolds pour leur implication présumée dans la contrebande de cigarettes dans l’Union européenne, elle est passée ensuite dans le vert dans la mesure que le procès ne pourrait pas être transposable au niveau fédéral. Par ailleurs, après le flot de résultats de sociétés ces trois dernières semaines, les investisseurs commencent à prêter ponctuellement attention aux grands groupes qui doivent encore lever le voile sur leurs résultats. C’est le cas hier après la clôture pour le grand spécialiste des équipements de réseaux Cisco Systems. Les boursiers ont également observé avec intérêt une nouvelle vague de rachats d’entreprises comme par exemple dans le secteur pétrolier ou dans celui des microprocesseurs et des circuits intégrés pour télécommunications qui ont chuté, entraînant l’indice Nasdaq dans le rouge. Celui-ci a dû perdre quelques points aux alentours de 3 235, alors que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a bondi d’un plus bas à 10 809,98 points à un plus haut à 11 000,72 points avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 990,83 points, en hausse de 172,88 points sur vendredi dernier. Repli modéré des Bourses européennes Les marchés boursiers européens, qui s’étaient montrés relativement soutenus lundi matin, ont ensuite cédé du terrain dans l’après-midi, tirés à la baisse par un recul du compartiment des télécommunications entraîné par le britannique Vodafone Group. Les boursiers observent toutefois que ce repli modéré des marchés s’est opéré dans un faible volume d’échanges, à la veille des élections américaines. À la fermeture de la plupart des Bourses européennes l’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 a affiché un repli de 0,16 %, à 1 644,14, tandis que le DJ Euro Stoxx 50, limité aux valeurs vedettes de la zone euro, a cédé 0,3 %, à 5 086,28. L’indice DJ Stoxx des télécoms a accusé une perte de 1,5 %, du fait surtout du recul de 3,95 % de Vodafone, la première valeur européenne en termes de capitalisation boursière. «À propos de Vodafone, il y a des inquiétudes après la presse du dimanche, des inquiétudes à propos de WorldCom et des inquiétudes à propos de Swisscom. Et tout cela s’ajoute aux craintes d’éventuelles révisions à la baisse des prévisions de bénéfices», a dit un professionnel. D’après la presse dominicale, Vodafone compterait acquérir 25 % du capital de la filiale MobileCom de Swisscom. Les deux sociétés se sont refusées à commenter cette information. Swisscom a gagné pour sa part 3,43 %. «Les valeurs des télécoms sont surévaluées, les cours ne tenant pas compte des (prévisions de) bénéfices qui restent trop optimistes, et cela aboutit à une évolution heurtée dans ce compartiment», a souligné l’analyste Jason James de la HSBC. Tokyo : en forte hausse La Bourse de Tokyo a clôturé en forte hausse de 3,6 % lundi, les investisseurs se jetant sur les valeurs technologiques après une nette remontée du Nasdaq à New York à la fin de la semaine dernière. L’indice de référence Nikkei 225 a grimpé de 533,66 points à 15 371,44 points, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis deux semaines. L’indice Topix a progressé de 30,77 points à 1 455,28. Le volume des échanges a été élevé, avec 690 millions d’actions changeant de mains contre 519,9 millions jeudi dernier, la Bourse ayant été fermée vendredi, jour férié au Japon. «Après la reprise du Nasdaq la semaine dernière, le moral des investisseurs s’est considérablement amélioré hier», a indiqué Kazunori Jinnai, directeur général adjoint du département actions à Daiwa SB Capital Markets. «Les cours ont été plutôt faibles à Tokyo (au cours des dernières semaines) mais des facteurs négatifs sur le marché intérieur n’en étaient pas la cause», a-t-il indiqué. «Le Nikkei avait été tiré vers le bas par la faiblesse des marchés boursiers américains». Le Nasdaq, indice américain des valeurs technologiques, avait progressé de 22,55 points à 3 451,57 vendredi, alors que le Dow Jones Industrials perdait 62,56 points à 10 817,95. L’impact de l’élection présidentielle aux États-Unis devrait être limité sur la Bourse de Tokyo, a estimé de son côté Hiroichi Nishi, expert chez Nikko Securities. «L’évolution du Nasdaq aura davantage d’importance pour le marché boursier japonais, a-t-il ajouté. En dépit de la baisse du Dow, les investisseurs pensent que le Nasdaq a déjà probablement touché le fond». «Softbank a dominé hier le mouvement d’achat des valeurs Internet», a indiqué de son côté Masatoshi Sato, opérateur à Mizuho Investors Securities. «Même si des prises de bénéfices vont intervenir tôt ou tard, le sentiment à l’achat est plutôt positif», a poursuivi M. Sato. Le Nikkei, a-t-il encore estimé, devrait évoluer entre 15 000 et 15 500 points pour le reste de la semaine.
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