Le marché libanais des changes ainsi que la Bourse de Beyrouth étaient fermés hier, en raison du chômage officiel de la Toussaint. Les activités reprendront normalement aujourd’hui. Rappelons que le dollar avait clôturé la veille au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL selon la Banque du Liban (BDL) après que cette dernière se fut déclarée prête à l’acheter et à le vendre entre 1 501,00 et 1 514,00 LL. Pourtant, les établissements de crédit de la place l’avaient pratiquement négocié au-dessus de ce taux mais en dehors de la BDL entre 1 510,50 et 1 511,00 LL, dans un marché équilibré de lui-même. Hausse de l’euro à plus de 0,86 dollar À l’étranger, l’euro a poursuivi son mouvement ascensionnel face au billet vert sur les marchés des changes internationaux, franchissant à la hausse le seuil de 0,86 dollar, grâce à la multiplication des signes de ralentissement de la croissance économique américaine et la crainte d’un durcissement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) à l’issue de la réunion aujourd’hui de son conseil de gouverneurs. La monnaie unique européenne a également trouvé appui dans des spéculations selon lesquelles des pays exportateurs de pétrole comme l’Iran, la Russie et le Venezuela pourraient suivre la décision de l’Irak de libeller ses exportations de brut en euros et non plus en dollars. Cela d’autant que le «comité de sanctions» de l’Onu avait autorisé dans la nuit de lundi à mardi l’Irak à libeller en euros ses transactions pétrolières et commerciales pour éviter une crise avec Bagdad qui aurait pu gravement perturber le marché du pétrole. En outre, les craintes d’une nouvelle intervention des banques centrales occidentales après les récentes déclarations d’Ernst Welteke, président de la Bundesbank, ajoutées aux signes de ralentissement de la croissance aux États-Unis, ont redonné des forces à l’euro. M. Welteke a déclaré dans une interview à paraître aujourd’hui que la BCE interviendrait encore une fois pour soutenir l’euro sur les marchés des changes si cela s’avérait nécessaire. D’autre part, les signes de ralentissement de la première économie mondiale ont été renforcés hier par la baisse plus forte que prévu de l’indice d’activité des principaux groupes manufacturiers américains (NAPM). Celui-ci a reculé de 49,90 points en septembre à 48,30 points le mois dernier au lieu de 49,50 points attendus, ainsi que celui des prix payés sur les achats de 58,10 points à 56,50 points pendant la même période. La veille déjà, le repli de l’indice de confiance des consommateurs américains de 142,50 points en septembre à 135,20 points en octobre, s’ajoutant à la baisse de la croissance du Produit intérieur brut (PIB) américain de 5,6 % au second trimestre à 2,7 % au troisième, avait pesé sur le dollar au profit de l’euro. L’atterrissage en douceur de l’économie américaine se précise de plus en plus donc, permettant à l’euro de reprendre son souffle, dans la mesure où ce développement est de nature à rendre les perspectives conjoncturelles favorables dans la zone euro au profit de la monnaie unique, selon le président de la Bundesbank. Celui-ci a expliqué dans un entretien à un magazine allemand que le taux de change actuel de l’euro était déterminé pour l’essentiel par le différentiel dans les attentes de croissance et de rendement entre les États-Unis et la zone euro. Et d’ajouter que cela a conduit à de fortes sorties de capitaux avec lesquelles les Américains financent le déficit de leur balance courante. Cela étant, et compte tenu aussi de l’annonce par la Confédération de l’industrie britannique (CBI) que les ventes de détail en Grande-Bretagne avaient cessé de croître en octobre pour la première fois depuis janvier 1999, le dollar a fait montre de résistance face au sterling tout en restant vulnérable face à l’euro, se négociant à New York comme suit : – 0,8610 pour un euro contre 0,8490, la veille – 1,4490 pour un sterling contre 1,4485 – 2,2715 DM contre 2,3035 – 7,6185 FF contre 7,7260 – 1,7745 FS contre 1,7975 – 2 248,85 lires contre 2 280,65 – 108,25 yens contre 108,95. Vulnérabilité des Bourses américaines Sur les places boursières internationales, les principaux indices américains ont eu du mal à trouver une direction précise hier, avant que la baisse des valeurs financières n’entraîne Wall Street dans le rouge et que des valeurs vedettes du net comme Yahoo ou Amazon.com n’aident la Bourse électronique du Nasdaq à se maintenir en quasi-équilibre. Le Nasdaq, qui avait ouvert en baisse, s’est repris ensuite sans pouvoir accélérer assez ses gains et se maintenir en territoire positif sur de mauvaises nouvelles du géant de la télécommunication Worldcom qui ont entamé l’optimisme naissant de certains investisseurs. Du côté macroéconomique, le recul beaucoup plus net que prévu de l’indice NAPM est venu, entre autres, confirmer le ralentissement de l’économie américaine et inciter à la prudence sur les résultats de plusieurs sociétés dont Worldcom qui a annoncé une restructuration de ses activités et revu hier en forte baisse ses prévisions de croissance de chiffre d’affaires pour 2001. Il en est de même de AT &T qui a lui aussi annoncé une restructuration de ses activités et qui a perdu du terrain. Cela d’autant que le dernier rapport de conjoncture (livre beige) de la Réserve fédérale américaine publié hier révélait une nette modération de la croissance économique américaine dans plusieurs régions malgré la persistance d’une certaine étroitesse du marché du travail. De leur côté, les financières ont été en recul et en particulier les banques d’affaires dont les résultats du quatrième trimestre seront moins bons que prévu. Côté Internet, certaines valeurs, comme American Oneline (AOL), Amazon.com, Yahoo..., auparavant négligées, voire rejetées, ont été recherchées hier, sans permettre à l’indice Nasdaq de préserver ses gains, le faisant tomber d’un plus haut à 3 396 points à moins de 3 350 points, ainsi l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles qui a fléchi d’un plus haut à 10 993,51 points à un plus bas à 10 853,18 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 893,41 points, en baisse de 77,73 points sur la veille. Les Bourses européennes en hausse malgré les télécoms Les valeurs des secteurs traditionnels de l’économie ont continué d’attirer les placements hier sur les marchés européens tandis que les technologiques, précisément les télécommunications, ont encore une fois déçu avec des mises en garde concernant leurs prochains résultats. L’indice Eurotop 300 s’est tassé de 0,04 % tandis que l’Euro-stoxx 50 a progressé de 0,58 %. Londres a fini en hausse de 0,3 % et Paris de 0,18 %. Quant à Francfort, elle a cédé 0,26 %. Cette fois c’est WorldCom, 2e compagnie de téléphonie à longue distance des États-Unis, qui a prévenu le marché que ses résultats seraient inférieurs aux prévisions tant au 4e trimestre que sur l’exercice 2001. L’entreprise a scindé son titre en deux pour refléter d’une part des activités à forte croissance, de l’autre ses opérations traditionnelles. L’indice Dow Jones des télécommunications en Europe a abandonné 3,25 %. Dans la foulée, Vodafone a perdu 3,6 %, British Telecom 2,23 %, Deutsche Telekom 3,73 % et France Télécom 0,97 %. Cela dit, le mouvement n’a pas touché le reste des technologiques et l’indice DJ Stoxx du secteur a terminé en hausse de 1,38 %. Ericsson a avancé de 3,8 % et Nokia de 2,6 %. À contre-tendance, Logica a perdu 5,10 % après la vente par Morgan Stanley Dean Witter de 4,7 millions de titres au prix de 20 livres. Bonne orientation du compartiment de l’automobile dont l’indice a pris 1,8 %. Renault a progressé de 1,4 % et DaimlerChrysler de 3,0 %. Aux pharmaceutiques, Cantab a bondi de 25 % après avoir annoncé qu’il avait reçu des offres d’achat. Tokyo : soutenue par les technologiques La Bourse japonaise a vivement monté mercredi, l’envolée de 5,58 % du Nasdaq américain la veille ayant revitalisé de grandes valeurs technologiques comme Sony Corp qui avait récemment reculé à ses plus bas de l’année. «Il était temps. Alors que le Nikkei a perdu quelque 30 % par rapport à ses meilleurs niveaux de l’année, certaines grandes valeurs technologiques ont chuté de plus de 60 % par rapport à leurs plus hauts», a observé Hiroichi Nishi, chez Nikko Securities. L’indice Nikkei 225 a terminé sur une hausse de 332,79 points, soit 2,29 %, à 14 872,39, après avoir atteint 14 888,03 peu avant la clôture. L’indice pondéré Topix de l’ensemble des valeurs de la première section de la cote a quant à lui gagné 38,49 points, soit 2,79 %, à 1 418,45. On a dénombré sur la première section 1 015 valeurs en hausse pour seulement 253 en baisse, dans un volume de 542 millions d’actions, contre 566 millions mardi. La hausse de 2,29 % du Nikkei est la plus forte enregistrée par l’indice en une seule séance depuis celle de 2,62 % du 20 octobre. Le contrat décembre sur le Nikkei a pris pour sa part 410 points, à 14 910. Malgré la forte avancée de la séance, des opérateurs ont observé prudemment que la Bourse japonaise restait fortement influencée par le marché américain. «C’est seulement un rebond technique après la hausse du Nasdaq, plutôt qu’une reprise autonome, a souligné Yoshinobu Muraoka, gérant de portefeuilles de DLIBJ Asset Management. Il faudra un peu plus de temps pour que l’on voie le marché américain se stabiliser et, donc, pour que Toyko atteigne son plancher». Après avoir fortement reculé ces dernières séances, les technologiques de premier plan ont progressé sur un large front, entraînées par Sony et le grand opérateur de téléphone mobile NTT DoCoMo.
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