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Actualités - Chronologie

Russie Poutine règne en maître absolu au risque d’une dérive autoritaire

Vladimir Poutine règne en maître incontesté sur la Russie un an après son arrivée au Kremlin : partisan d’un État fort, il a renforcé les pouvoirs de la présidence au point de faire craindre à certains le retour à un régime autoritaire. Ces craintes sont alimentées par des menaces sur les médias d’opposition, des interrogations sur l’indépendance de la justice, la poursuite de la guerre en Tchétchénie et l’arrivée au pouvoir d’une équipe composée en bonne partie d’anciens des services secrets. Lui-même ex-agent du KGB et ancien chef des services secrets, porté au pouvoir par Boris Eltsine, Vladimir Poutine a commencé par remettre au pas les gouverneurs de région, jusqu’alors très autonomes par rapport au pouvoir central. Il a aussi réussi à mettre de son côté les députés de la Douma, en s’alliant aux communistes qui apprécient en lui un patriote décidé à défendre une partie de l’héritage soviétique et à s’opposer au «diktat américain» dans le monde. Sa fermeté s’est manifestée dans son soutien à la levée de l’embargo sur l’Irak, la reprise annoncée de la coopération militaire avec l’Iran, sa visite à Cuba (la première d’un dirigeant russe depuis la fin de l’URSS) et la condamnation à 20 ans de camp pour espionnage d’un Américain, gracié cependant quelques jours plus tard. L’alliance avec les communistes, comme la décision de restaurer en Russie l’ancien hymne soviétique et de faire du drapeau rouge l’emblème des forces armées, ne signifie pas pour autant que M. Poutine rêve d’un retour à l’époque de l’URSS. Dans le même temps, l’aigle bicéphale des Tsars est devenu l’emblème de la Russie, Poutine a rendu hommage à l’émigration russe antibolchevique et il affiche son attachement à la foi orthodoxe et ses bonnes relations avec le patriarche Alexis II. M. Poutine, 48 ans, dont 16 dans les services secrets, ne craint pas les contradictions : il fleurit la tombe d’Andreï Sakharov et rend visite à Alexandre Soljenitsyne, les deux plus célèbres dissidents soviétiques, tout en témoignant son admiration pour Iouri Andropov, chef du KGB, responsable de l’internement dans les camps et asiles psychiatriques de milliers de dissidents et de la mort de dizaines d’entre eux. Ce refus de faire une croix sur le passé soviétique, qui se greffe sur un retour vers l’orthodoxie et le nationalisme, n’a pas l’air de dérouter la population qui, selon un sondage de mi-décembre, continue de soutenir largement Vladimir Poutine, avec 68 % d’opinions favorables. Les origines populaires de Poutine, fils d’ouvrier, et ses propos parfois abrupts semblent plaire. Sa menace à l’égard des rebelles tchétchènes – «nous irons les buter jusque dans les chiottes» – a contribué à forger son image de président intraitable. «La population en a assez de l’anarchie de l’époque Eltsine», estime le politologue Evgueni Volk de la fondation Heritage. Poutine a l’ambition de restaurer la puissance de la Russie. Il devra cependant commencer par redresser les finances du pays, vaste tâche dans une Russie qui paye les errements de 70 ans de communisme et de 10 ans de transition sauvage.
Vladimir Poutine règne en maître incontesté sur la Russie un an après son arrivée au Kremlin : partisan d’un État fort, il a renforcé les pouvoirs de la présidence au point de faire craindre à certains le retour à un régime autoritaire. Ces craintes sont alimentées par des menaces sur les médias d’opposition, des interrogations sur l’indépendance de la justice, la poursuite de la guerre en Tchétchénie et l’arrivée au pouvoir d’une équipe composée en bonne partie d’anciens des services secrets. Lui-même ex-agent du KGB et ancien chef des services secrets, porté au pouvoir par Boris Eltsine, Vladimir Poutine a commencé par remettre au pas les gouverneurs de région, jusqu’alors très autonomes par rapport au pouvoir central. Il a aussi réussi à mettre de son côté les députés de la Douma, en...