Lipide complexe, élaboré principalement par le foi, le cholestérol est l’ennemi implacable des populations trop bien nourries. Sa présence en excès dans l’organisme est la cause indirecte d’hécatombes enregistrées dans les pays développés. Présent dans le sang, il circule combiné à des lipoprotéines (HDL et LDL). Un taux élevé de HDL (protéines de haute densité) protège contre l’athérome, une lésion de la paroi des artères caractérisée par des dépôts d’amas grumeleux d’une bouillie jaunâtre, cause de graves accidents circulatoires de l’infarctus. Un taux élevé par contre de LDL (protéines de faible densité) constitue un facteur de risque d’accident vasculaire. Les médicaments contribuant à baisser le taux des graisses circulant dans le sang et plus précisément les statines, molécules récemment mises au point, indiquées pour le traitement des taux élevés de cholestérol, font l’objet d’une virulente offensive (V. British Medical Journal du 21/10/2000). Trois études médicales récentes passent en revue les effets des statines, avec des résultats étonnants. La première, analysant un nombre d’études, reprend leurs résultats dans les cas où elles ont été administrées à des sujets n’ayant jamais eu d’accident cardio-vasculaire. Dans sa conclusion, elle confirme que les statines contribuent à la baisse du risque, en particulier chez les sujets ayant un taux de cholestérol élevé. Les deux autres études admettent le possible intérêt des statines dans la diminution non seulement du risque de cholestérol mais aussi celui de la maladie d’Alzheimer. Par conséquent, de manière urgente, de nouvelles études cliniques rigoureuses sont réclamées afin de confirmer ces données, compte tenu de leur impact potentiel... Selon une étude, réalisée par des professeurs américains de médecine«sur les effets des médicaments abaissant le cholestérol, utilisés en prévention des maladies coronaires», les auteurs analysent les résultats de quatre enquêtes où des molécules anticholestérol statines ont été administrées à des hommes accusant un taux élevé de cholestérol sans jamais avoir eu de manifestations cardiaques ou autres (angine de poitrine, infarctus). L’étude a porté sur des périodes de cinq à sept ans pendant lesquelles le risque d’accidents cardiaques avait baissé de 30 %. La mortalité globale, cependant, toutes causes confondues, demeure exactement la même. Les études, sur le même sujet, effectuées précédemment avaient abouties aux mêmes conclusions pour ce qui concerne le risque cardio-vasculaire uniquement mais non pas sur la mortalité globale. À noter toutefois que l’étude en question ne portait que sur des hommes uniquement, et d’âge mûr. Il reste à savoir si les mêmes effets seraient de mise pour des sujets âgés et les femmes. Dans le même numéro du British Medical Journal, un éditorial émanant des médecins de l’École médicale de San Francisco sur «la sous-utilisation des statines» estime que les patients présentant un risque cardio-vasculaire élevé «relèvent certainement du traitement à base de statines. Ceux présentant un risque moindre (modéré) auraient également tout intérêt de suivre aussi ce même traitement». Statines et Alzheimer Une étude, conduite par des épidémiologistes de Massachussetts (Boston) sur les données britanniques comparées à trois groupes composés respectivement : a) de patients ayant reçu un traitement pour faire baisser leur taux de cholestérol; b) d’individus ayant trop de cholestérol sans avoir reçu de traitement; c) de sujets choisis au hasard. Dans les trois groupes sont apparus des cas de démence. Les calculs ont été élaborés en tenant compte des caractéristiques susceptibles d’influencer le risque de démence (âge, sexe, poids, antécédents de maladies, tabagisme). Il apparaît que la fréquence de la survenue d’une démence est la même dans tous les groupes sauf chez ceux qui ont pris des statines. Là, le risque relatif est de 0,29, ce qui permet d’expliquer l’annonce d’une diminution de 70 %. Les chercheurs, toutefois, sont incapables de préciser le mode d’action des statines. Mais leurs résultats démontrent nettement que ni le fait d’avoir un taux de cholestérol élevé ni les autres traitements sont responsables de cette protection. Une étude complémentaire, basée sur des observations de plusieurs hôpitaux américains, arrive à des conclusions identiques (V. Lancet du 11/11/2000) : la prévalence d’Alzheimer est abaissée de 70 % chez les patients de 60 ans et plus recevant des statines par rapport à une population témoin.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Lipide complexe, élaboré principalement par le foi, le cholestérol est l’ennemi implacable des populations trop bien nourries. Sa présence en excès dans l’organisme est la cause indirecte d’hécatombes enregistrées dans les pays développés. Présent dans le sang, il circule combiné à des lipoprotéines (HDL et LDL). Un taux élevé de HDL (protéines de haute densité) protège contre l’athérome, une lésion de la paroi des artères caractérisée par des dépôts d’amas grumeleux d’une bouillie jaunâtre, cause de graves accidents circulatoires de l’infarctus. Un taux élevé par contre de LDL (protéines de faible densité) constitue un facteur de risque d’accident vasculaire. Les médicaments contribuant à baisser le taux des graisses circulant dans le sang et plus précisément les statines, molécules...