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Actualités - Communiques Et Declarations

Iran Khatami perd son plus fervent partisan au gouvernement

 La démission hier de son plus fervent partisan, le ministre réformateur de la Culture Ataollah Mohadjerani, porte un coup très dur au chef de l’État iranien Mohammad Khatami à six mois de l’élection présidentielle, estiment les analystes. Après huit mois d’hésitation, M. Khatami a accepté officiellement jeudi soir la démission de son ministre le plus populaire, qui incarnait la volonté d’ouverture et l’ambition de réformer la République islamique, dans le cadre constitutionnel. «M. Khatami perd un partisan, mais surtout un atout politique de très grand poids au sein du gouvernement. C’est le fondement même de l’action du président qui est atteint. C’est une victoire à l’usure des conservateurs», explique le politologue Iradj Rachti. «Mohadjerani traduisait en actes les idées du président. Son absence sanctionne une certaine impuissance politique du gouvernement à réformer la République islamique. Elle affaiblira Khatami pendant la campagne présidentielle», pour l’élection du 29 mai, ajoute-t-il. Jeudi après-midi, le président réformateur, qui n’a pas encore annoncé s’il briguerait ou non un second mandat, a cédé à la demande insistante de son ministre, démissionnaire notamment parce qu’il ne pouvait s’opposer aux purges massives qui ont frappé la presse réformatrice. Une quinzaine de quotidiens favorables au président Khatami ont été suspendus ou fermés depuis avril par la justice, dominée par les conservateurs. M. Mohadjerani s’en était ému, qui s’était vu confier la tâche la plus importante aux yeux du président : la liberté de la presse et de l’édition. Mais, depuis plusieurs mois, ce brillant intellectuel, qui représenta sa ville de Chiraz (sud) dès l’âge de 26 ans, au Majlis (Parlement), enfant chéri du monde culturel, des cinéastes, des poètes, était en butte aux accusations de «laxisme» des conservateurs. Le Guide de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, référence ultime des conservateurs, prenait toujours soin d’exclure M. Mohadjerani de ses fréquents éloges de la politique du gouvernement. «Sans doute Khatami est-il affaibli, car il ne voulait pas qu’on en arrivât là. Mais Mohadjerani sait ce qu’il fait. Désormais simple conseiller du président, directeur du dialogue des civilisations pour l’Iran, il va se sentir plus libre, et servir d’une autre façon le président», affirme de son côté l’analyste Khosro Abedi. «Khatami avait lui-même démissionné du ministère de la Culture en 1992. il avait pris date pour l’avenir. M. Mohadjerani est lui aussi une personnalité très forte», ajoute-t-il. «Beaucoup de gens de la gauche réformiste misent sur lui», poursuit l’analyste. M. Mohadjerani, dans un entretien avec l’AFP le 23 octobre, avait indiqué ne pas avoir «d’ambition personnelle». «Que le président accepte ou non ma démission, que je sois ministre ou par exemple vice-président, je serai à ses côtés. Je suis de ceux qui souhaitent qu’il soit candidat», avait-il dit. «La démission de M. Mohadjerani rend encore plus délicate la décision du président de se représenter. Ce départ peut être interprété comme la difficulté de mener à bien certaines réformes culturelles, ou de société. Il marque peut-être le début de la campagne, avant même l’annonce des candidatures», explique un diplomate.
 La démission hier de son plus fervent partisan, le ministre réformateur de la Culture Ataollah Mohadjerani, porte un coup très dur au chef de l’État iranien Mohammad Khatami à six mois de l’élection présidentielle, estiment les analystes. Après huit mois d’hésitation, M. Khatami a accepté officiellement jeudi soir la démission de son ministre le plus populaire, qui incarnait la volonté d’ouverture et l’ambition de réformer la République islamique, dans le cadre constitutionnel. «M. Khatami perd un partisan, mais surtout un atout politique de très grand poids au sein du gouvernement. C’est le fondement même de l’action du président qui est atteint. C’est une victoire à l’usure des conservateurs», explique le politologue Iradj Rachti. «Mohadjerani traduisait en actes les idées du président. Son...