Un musée parisien a démenti avoir acquis sur un marché illicite des œuvres d’art ancien du Nigeria, mais les experts à Lagos et en Europe doutent de cette affirmation estimant que le trafic d’antiquités du tiers-monde reste florissant. L’archéologue britannique Colin Renfrew a affirmé lors d’une conférence de presse de l’Unesco que trois sculptures de la civilisation Nok (datant de 500 ans av. et 500 ap. J-C) et pillées au Nigeria avaient été acquises sur un marché clandestin en novembre 1998 par le Musée des arts premiers à Paris. L’achat de ces œuvres a ensuite été approuvé en février 2000 par le président nigérian Olusegun Obasanjo à la suite d’une intervention personnelle de son homologue français Jacques Chirac. Des experts internationaux d’art ont déclaré à Lagos que ces sculptures font partie d’un lot apparemment sorti illégalement du pays il y a plusieurs années par un marchand d’art belge connu. «Il n’y a qu’une poignée de marchands spécialisés dans ce type d’objets. Tout le monde sait qui c’est. Ils ont tous des contacts puissants. Il y a beaucoup d’argent en jeu», a indiqué un archéologue qui a une longue expérience dans ce domaine. «Chacun de ces spécialistes est connu dans un domaine particulier. Un Belge, un Libanais doté de la double nationalité suisse et togolaise, un Britannique, un Américain et un Français sont impliqués. C’est le Belge qui négocie les sculptures Nok les plus prisées», a affirmé cet expert qui a requis l’anonymat. Beaucoup d’œuvres d’art majeures du Nigeria ont disparu il y a un siècle, dont les fameux bronzes de la ville de Bénin (sud-ouest) qui sont exposés au British Museum de Londres. À la fin des années 40 et 50, la puissance coloniale s’est efforcée de maintenir au Nigeria les œuvres d’art antique et a aidé à l’édification de musées. Après l’indépendance, la plupart des œuvres ainsi répertoriées et exposées sont restées relativement protégées. Toutefois, selon les experts à Lagos, la majorité des œuvres que les musées possédaient encore il y a vingt ans ont été volées depuis. Durant les années de régime militaire, ce sont les hauts responsables des musées qui les ont dérobées. Selon un rapport publié par le quotidien nigérian The Guardian, 426 pièces ont ainsi disparu des musées nationaux entre 1993 et 1999. Deux réseaux différents de trafiquants ont sorti du pays environ 3 000 pièces d’art Nok depuis 1993-94.
Un musée parisien a démenti avoir acquis sur un marché illicite des œuvres d’art ancien du Nigeria, mais les experts à Lagos et en Europe doutent de cette affirmation estimant que le trafic d’antiquités du tiers-monde reste florissant. L’archéologue britannique Colin Renfrew a affirmé lors d’une conférence de presse de l’Unesco que trois sculptures de la civilisation Nok (datant de 500 ans av. et 500 ap. J-C) et pillées au Nigeria avaient été acquises sur un marché clandestin en novembre 1998 par le Musée des arts premiers à Paris. L’achat de ces œuvres a ensuite été approuvé en février 2000 par le président nigérian Olusegun Obasanjo à la suite d’une intervention personnelle de son homologue français Jacques Chirac. Des experts internationaux d’art ont déclaré à Lagos que ces sculptures font...
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