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Actualités - Chronologie

L’oléoduc de l’IPC, miroir de relations difficiles

L’histoire de l’oléoduc acheminant du pétrole irakien à la Syrie, qui aurait rouvert dans la discrétion en novembre d’après la presse spécialisée, est à l’image des relations entre les deux pays gouvernés depuis les années 60 par deux ailes rivales du parti Baas panarabe. Construit en 1953 par l’Iraqi Petroleum Company (IPC), détenue en majorité par l’Anglo-Iranian Oil Company, l’oléoduc acheminait dans un premier temps du brut de Kirkouk, dans le nord de l’Irak, aux terminaux méditerranéens syrien de Banias, puis libanais, de Tripoli. La première grande dispute remonte à la nationalisation de l’IPC par l’Irak, en 1972. Durant les renégociations sur le transit du pétrole à travers la Syrie, Damas exige du nouveau propriétaire, Bagdad, un doublement des droits de transit. L’Irak finit par céder aux conditions syriennes. Mais il tire la leçon des négociations difficiles avec Damas et met aussitôt après en chantier de nouveaux oléoducs, pour mettre fin à sa dépendance vis-à-vis de la Syrie. L’Irak achève en 1976 la construction d’un oléoduc «stratégique» interne, reliant les champs du Nord (Kirkouk) et du Sud (Bassorah), avec des débouchés sur le Golfe et sur l’oléoduc transsyrien. Un deuxième oléoduc, à travers la Turquie, est entré en opération en 1977, et deux autres, à travers l’Arabie séoudite, sont complétés en 1985 et 1990. Fort de la mise en marche de son oléoduc interne débouchant sur le Golfe, l’Irak ferme l’oléoduc transsyrien en 1976, pour protester contre l’intervention syrienne au Liban. Le rôle régional que le régime baassiste de Damas commence à jouer à travers le Liban fait de l’ombre à celui de Bagdad. L’Irak n’a repris ses exportations à travers la Syrie qu’en 1981, à cause de sa guerre avec l’Iran qui a rendu les eaux du Golfe dangereuses à la navigation. Mais l’oléoduc est fermé à nouveau en 1982, cette fois-ci à l’initiative de la Syrie, en soutien à son nouvel allié régional, l’Iran. Bagdad avait rompu auparavant ses relations diplomatiques avec Damas, en 1980, pour protester contre les livraisons d’armes de la Syrie à l’Iran. L’invasion irakienne du Koweït, en 1990, empoisonne davantage les relations entre les deux pays, la Syrie ayant rejoint la coalition multinationale qui a libéré le petit émirat. Il faut attendre 1997 pour que les deux régimes rivaux se rapprochent. Le dégel intervient en réponse à l’accord de coopération militaire israélo-turc de 1996, dans lequel Damas aussi bien que Bagdad voient une menace, et au blocage persistant des négociations entre Israël et la Syrie. La frontière syro-irakienne est rouverte pour les responsables et les hommes d’affaires en 1997 et Damas appuie depuis ouvertement la levée de l’embargo international imposé à l’Irak depuis dix ans.
L’histoire de l’oléoduc acheminant du pétrole irakien à la Syrie, qui aurait rouvert dans la discrétion en novembre d’après la presse spécialisée, est à l’image des relations entre les deux pays gouvernés depuis les années 60 par deux ailes rivales du parti Baas panarabe. Construit en 1953 par l’Iraqi Petroleum Company (IPC), détenue en majorité par l’Anglo-Iranian Oil Company, l’oléoduc acheminait dans un premier temps du brut de Kirkouk, dans le nord de l’Irak, aux terminaux méditerranéens syrien de Banias, puis libanais, de Tripoli. La première grande dispute remonte à la nationalisation de l’IPC par l’Irak, en 1972. Durant les renégociations sur le transit du pétrole à travers la Syrie, Damas exige du nouveau propriétaire, Bagdad, un doublement des droits de transit. L’Irak finit par céder...