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Actualités - Chronologie

PÉTROLE La Syrie prudente dans sa normalisation avec l’Irak

La discrétion observée par la Syrie à propos de la réouverture de l’oléoduc qui lui achemine du pétrole d’Irak découle de sa politique de rapprochement prudent avec un pays gouverné par un régime rival et soumis à un embargo international. Damas et Bagdad se sont abstenus jusqu’à présent de confirmer une information de la revue Middle East Economic Survey (MEES) selon laquelle la Syrie a recommencé le 20 novembre à recevoir du pétrole brut irakien à travers l’oléoduc Syrie-Irak rouvert après 18 ans de fermeture. Les volumes exportés à travers cet oléoduc sont dans un premier temps de l’ordre de 150 000 barils/jour, et le contrat entre les deux pays porte sur un volume total de 200 000 b/j, d’après la revue basée à Chypre, référence de l’industrie pétrolière régionale. Les exportations irakiennes de brut vers la Syrie, si elles sont confirmées, interviendraient sans l’autorisation des Nations unies qui imposent un embargo multiforme à l’Irak depuis plus de dix ans. Selon un diplomate occidental en poste à Damas, le profil bas adopté par la Syrie est dû en partie à cet embargo sur lequel l’administration américaine veille au plus haut point. Bagdad veut accélérer la normalisation avec Damas pour entamer l’embargo et faire de la Syrie «une porte d’accès à l’Irak», alors que Damas est «plus réservé», estime le diplomate. Le ministre syrien des Affaires étrangères Farouk el-Chareh a déclaré en novembre que la Syrie «avançait pas à pas dans la bonne direction avec Bagdad». Les deux régimes, gouvernés par des ailes rivales du parti Baas, ont commencé à se rapprocher en 1997. Le dégel était intervenu en réponse à l’accord de coopération militaire israélo-turc de 1996, dans lequel Damas aussi bien que Bagdad voient une menace, et au blocage persistant des négociations entre Israël et la Syrie. Damas appuie ouvertement, depuis, la levée de l’embargo international imposé à l’Irak, estimant que les sanctions sont une injustice qui a trop duré de la part de la communauté internationale. Les rencontres à haut niveau entre dirigeants syriens et irakiens se sont multipliées depuis juillet dernier. Des délégations syriennes, humanitaires et ministérielles, ont commencé au mois d’août à se rendre par avion à Bagdad, bravant l’embargo. Le vice-Premier ministre irakien Tarek Aziz a réservé à la Syrie le 25 novembre sa première sortie par avion d’Irak depuis dix ans. La réunion de la commission syro-irakienne de coopération économique, en août, pour la première fois depuis 20 ans, et l’ouverture à Damas, sous pavillon algérien, d’une section d’intérêts irakiens, sont autant de signes annonçant un rétablissement des relations diplomatiques rompues en 1980. L’Irak et la Syrie abritent en revanche toujours leurs opposants respectifs et une véritable normalisation devra en tenir compte. Le 22 novembre, le nouveau président syrien Bachar el-Assad a reçu à Damas Massoud Barzani, chef du Parti démocratique kurde (PDK), une faction de l’opposition kurde qui contrôle une partie du nord de l’Irak.
La discrétion observée par la Syrie à propos de la réouverture de l’oléoduc qui lui achemine du pétrole d’Irak découle de sa politique de rapprochement prudent avec un pays gouverné par un régime rival et soumis à un embargo international. Damas et Bagdad se sont abstenus jusqu’à présent de confirmer une information de la revue Middle East Economic Survey (MEES) selon laquelle la Syrie a recommencé le 20 novembre à recevoir du pétrole brut irakien à travers l’oléoduc Syrie-Irak rouvert après 18 ans de fermeture. Les volumes exportés à travers cet oléoduc sont dans un premier temps de l’ordre de 150 000 barils/jour, et le contrat entre les deux pays porte sur un volume total de 200 000 b/j, d’après la revue basée à Chypre, référence de l’industrie pétrolière régionale. Les exportations irakiennes...