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Actualités - Conferences Internationales

Qui a lâché quoi ? qui a gagné quoi ?

 Voici le point, pour les principaux protagonistes du sommet de Nice, des succès et des concessions de chacun : – Allemagne : le chancelier Gerhard Schroeder a copieusement rempli sa besace. Il a fait une fleur au président Jacques Chirac en ne réclamant pas le «décrochage», c’est-à-dire avoir plus de voix que la France dans les Conseils des ministres européens. Mais les Français le lui ont bien rendu, avec des propositions très favorables à Berlin : veto maintenu sur la plus grande partie des questions d’asile et d’immigration ; représentation massive au Parlement européen, ouverture d’un nouveau chantier institutionnel en 2004 ; «filet démographique» de 62 % très à son avantage dans les votes au Conseil des ministres de l’UE. – Royaume-Uni : dans une relative discrétion, en retrait par rapport à la bataille entre «grands» et «petits», Tony Blair n’a guère eu de difficultés à respecter les «lignes rouges» qu’il s’était fixées. Le Royaume-Uni n’a pas cédé grand chose sur l’immigration ; il est resté totalement inflexible sur la Sécurité sociale et surtout la fiscalité pour lesquelles il a obtenu le maintien du droit de veto national. – France : elle avait deux priorités : conserver la parité avec l’Allemagne dans le nombre de voix aux Conseils des ministres et garder un veto de facto sur les négociations commerciales internationales dans le secteur de la culture et de l’audiovisuel. Dans les deux cas, la mission est accomplie pour la délégation française, au prix de concessions à l’Allemagne et de formes juridiques extrêmement complexes. Le jugement sera moins clair pour la France en sa qualité de présidente en exercice de l’Union européenne. L’ambition proclamée par la France au début de sa présidence n’apparaît pas atteinte par le nouveau traité de Nice. – Espagne : José Maria Aznar a obtenu ce qu’il était venu chercher. Un statut de «quasi grand» dans la repondération, avec 27 voix contre 29 à la bande des quatre «grands». Il a eu aussi l’assurance que l’Espagne bénéficierait de généreuses aides régionales au moins jusqu’en 2013. – Finlande, Portugal : ils n’ont pas gagné grand chose. Petits pays, ils perdent de l’influence dans l’Europe élargie, car leur poids dans les Conseils des ministres s’amoindrit. Ils ont essayé de se battre sur ce thème de la repondération des voix, après avoir tout de même sauvé leur commissaire à Bruxelles pour quelques années encore, puisque le plafonnement de la Commission n’aura lieu que lorsque l’Union comptera 27 États membres. – Danemark, Irlande, Luxembourg, Suède : ils n’ont pas eu à batailler pour éviter d’avoir à renoncer à leur droit de veto sur la fiscalité. Tony Blair s’est chargé du travail. – Belgique : elle a mené un baroud d’honneur, insatisfaite de la nouvelle pondération qui lui donne une voix de moins que son voisin néerlandais. Les Belges se sont érigés en défenseurs de la tradition communautaire et de l’engagement européen, en déplorant aussi l’absence de mouvement vers l’extension des votes à la majorité qualifiée. Ils ont cédé à l’aube, totalement isolés. – Italie : le partenaire modèle. A tout accepté, apparemment sans faire de problèmes.
 Voici le point, pour les principaux protagonistes du sommet de Nice, des succès et des concessions de chacun : – Allemagne : le chancelier Gerhard Schroeder a copieusement rempli sa besace. Il a fait une fleur au président Jacques Chirac en ne réclamant pas le «décrochage», c’est-à-dire avoir plus de voix que la France dans les Conseils des ministres européens. Mais les Français le lui ont bien rendu, avec des propositions très favorables à Berlin : veto maintenu sur la plus grande partie des questions d’asile et d’immigration ; représentation massive au Parlement européen, ouverture d’un nouveau chantier institutionnel en 2004 ; «filet démographique» de 62 % très à son avantage dans les votes au Conseil des ministres de l’UE. – Royaume-Uni : dans une relative discrétion, en retrait par rapport à la...