En s’offrant dimanche une victoire contre le leader nantais (2-0), l’Olympique de Marseille s’est découvert de nouvelles ambitions sous la férule de Javier Clemente. «Battre le leader est moralement excellent pour les joueurs. Je ne sais pas s’il faut parler de match référence. Je préfère simplement savourer les trois points de la victoire», a expliqué l’entraîneur basque. Deux buts en moins de vingt minutes ont assuré le succès phocéen, offrant à Clemente son deuxième succès depuis son arrivée en remplacement du Brésilien Abel Braga, contre une défaite «pas forcément justifiée» à Lens. «Son grand mérite est d’avoir su nous faire prendre conscience qu’on finirait dans le mur en continuant sur la lancée du début de saison. Sous son impulsion, on a retrouvé une agressivité et une solidité défensive qui nous permet de repartir très vite vers l’avant», a expliqué Stéphane Trévisan. «Les consignes sont claires: il faut voler le ballon à l’adversaire. Ce que nous avons su faire face à Nantes avec le résultat qu’on connaît», a ajouté le gardien de buts phocéen. Le respect des consignes mais aussi la confiance retrouvée ont permis aux Marseillais de survoler une rencontre qu’ils pouvaient fort justement redouter face à une équipe bretonne restant sur huit victoires consécutives, championnat et coupe d’Europe confondus. « Un homme à poigne » «Jusqu’à son arrivée, on avait aperçu par intermittence les qualités du groupe. Face à des Nantais bien en place, l’OM a livré son match le plus complet depuis le début de la saison. Clemente y est pour beaucoup», affirme Djamel Belmadi, l’auteur du premier but face aux Canaris. «C’est pourquoi on peut véritablement évoquer un effet Clemente. D’un amalgame de joueurs, il a fait une équipe organisée en défense et sereine en attaque», poursuit l’auteur du but le plus rapide cette saison en championnat (21). Pour le meneur de jeu phocéen, le caractère autoritaire de l’ancien sélectionneur de l’équipe d’Espagne «pèse lourdement» dans le renouveau affiché par l’OM depuis trois rencontres. «Abel Braga avait de belles idées, mais il nous laissait la responsabilité de les mettre en pratique. Javier Clemente est davantage un homme à poigne. Avec lui, les règles du jeu sont simples. Soit on adhère à son système, soit on est mis à l’écart», précise-t-il. Premier club relégable avant l’arrivée du technicien espagnol, l’OM a aujourd’hui laissé ce redoutable privilège à Metz qu’il devance de trois points et ne se retrouve désormais «qu’à six points» de Lille, le premier club européen. «Tout reste possible dans ce championnat très serré où une belle série vous propulse vers le haut tandis qu’une mauvaise vous fait immédiatement dégringoler vers les profondeurs du classement. L’OM a toutefois les moyens de rêver à de plus grandes ambitions que le seul maintien parmi l’élite», a relevé le défenseur Sébastien Perez. Pour cela, le club phocéen devra confirmer, samedi à Guingamp puis face à Monaco, les progrès entrevus devant Nantes avant de se renforcer éventuellement lors du mercato. «J’aimerais bien recruter Beckam, Raul, Rivaldo et Zidane, mais il faudrait vendre Marseille pour cela», a ironisé Javier Clemente, étudiant plus sérieusement la possibilité «d’incorporer un ou deux éléments» durant la trêve hivernale. «Ce sera néanmoins compliqué car les prix sont très élevés pour les meilleurs», a conclu l’entraîneur marseillais.
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