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Actualités - Chronologie

Désignation du joueur du siècle ce soir à Rome

Récompense prestigieuse surtout destinée à conclure en beauté le dernier comité exécutif de la Fédération internationale de football (Fifa), aujourd’hui à Rome, la désignation du «joueur du siècle» est presque devenue une affaire d’État. Dans l’esprit des dirigeants du football mondial, même s’ils observent aujourd’hui la plus grande discrétion, la désignation du roi Pelé relevait en principe d’une simple formalité tant le nom du Brésilien est associé à l’histoire du football. Mais un banal sondage sur Internet, débouchant sur un vote massif de jeunes internautes favorables au polémique soliste argentin Diego Armando Maradona (plus du double de votes en sa faveur), a déclenché la polémique. Caprice Maradona, fort du résultat surprise de ce sondage, s’est tout de suite proclamé roi à la place du roi, tapant du pied en apprenant que le vote était beaucoup plus complexe et s’offrant finalement un caprice en menaçant de ne pas venir à Rome s’il n’était pas assuré du titre. Le flegmatique président de la Fifa, Joseph Blatter, n’avait jamais envisagé de se retrouver face à un tel dossier, «presque aussi sensible que l’élection du président des États-Unis», affirmait ironiquement un membre de la Fifa. Le président Blatter a pourtant fait un geste samedi soir en laissant un long message sur le portable de Maradona lui ouvrant les portes de la Fifa. «À 40 ans la vie recommence et même en dehors du terrain tu pourrais continuer d’être le magnifique ambassadeur du football que tu as été comme joueur dans tous les stades du monde (...). Cher Diego nous t’attendons les bras ouverts», a insisté le diplomatique patron du football mondial. En attendant, les lecteurs du magazine de la Fifa ont déjà envoyé leurs coupons de vote et la commission des joueurs, rassemblant des noms aussi prestigieux que Michel Platini, le bras droit du président Blatter, et Franz Beckenbauer, le patron de la Coupe du monde 2006, tranchera entre les deux monstres sacrés du football. D’un côté Pelé, 60 ans, le surdoué, élégant, collectif, aussi bon des deux pieds que de la tête, aussi dangereux avec que sans le ballon, infatigable buteur (1 285), racé, le joueur le plus titré de l’histoire du football (3 Coupes du monde et 59 trophées en 21 ans de carrière). «O Rey» a également réussi sa reconversion occupant les fonctions de ministre des Sports du Brésil tout en jouant un peu le rôle d’ambassadeur de la Fifa. Politique De l’autre, Diego Armando Maradona, 40 ans, alias «el pibe de oro» (l’enfant en or), un soliste génial, l’homme de tous les excès, capable des plus grands exploits mais aussi des plus grandes descentes aux enfers. Son fameux but de la main contre l’Angleterre, ses contrôles positifs à la cocaïne, sa dépendance à la drogue (il sort à peine de sa dernière cure de désintoxication) sont autant de faux pas qui ont sérieusement écorné son image de marque, sans parler de ses nombreux conflits avec la Fifa. Mais, Maradona, à l’inverse de Pelé, a eu la chance d’évoluer à une époque de surmédiatisation, ce qui explique en partie le vote des jeunes internautes. Ce bras de fer rejette un peu dans l’ombre le choix du joueur de l’année dont les trois candidats sont le Portugais Figo (Real Madrid), le Brésilien Rivaldo (Barcelone) et le Français Zinédine Zidane (Juventus de Turin). Zidane, champion d’Europe avec la France après avoir éliminé le Portugal en demi-finale de l’Euro, est le seul à avoir remporté un titre majeur. Cela suffit pour en faire le favori logique malgré le médiocre parcours européen de la Juventus.
Récompense prestigieuse surtout destinée à conclure en beauté le dernier comité exécutif de la Fédération internationale de football (Fifa), aujourd’hui à Rome, la désignation du «joueur du siècle» est presque devenue une affaire d’État. Dans l’esprit des dirigeants du football mondial, même s’ils observent aujourd’hui la plus grande discrétion, la désignation du roi Pelé relevait en principe d’une simple formalité tant le nom du Brésilien est associé à l’histoire du football. Mais un banal sondage sur Internet, débouchant sur un vote massif de jeunes internautes favorables au polémique soliste argentin Diego Armando Maradona (plus du double de votes en sa faveur), a déclenché la polémique. Caprice Maradona, fort du résultat surprise de ce sondage, s’est tout de suite proclamé roi à la...