L’anémie continue cette semaine encore, comme prévu ! Et l’arrivée de Noël n’arrangera pas les choses, puisque ce sera alors l’indigestion d’émissions de circonstances. Il y aura, en début de semaine, un très bel hommage rendu à celle qui fut la plus belle des suédoises de Hollywood avec Garbo, Ingrid Bergman. Un portrait franc et sincère de l’actrice fétiche de Hitchcock, le réalisateur auquel la télévision locale consacre depuis quelques semaines un cycle remarquable avec à l’affiche, cette semaine «Psycho» une plongée magistrale dans le macabre. Ce cycle justifie pleinement le fait que nous consacrions un dossier au grand réalisateur qui ne cachait pas sa prédilection pour les héroïnes blondes. D’où la Bergman... Et dans «Psycho», de blondes il y en a deux : Janet Leigh et Vera Miles. Côté cinéma, il y aura aussi un film estimable de Claude Chabrol qui, une fois de plus, dénonce avec virulence l’hypocrisie «bourgeoise» dans «L’inspecteur Lavardin» avec le regretté Jean Poiret. Et la semaine se terminera avec du théâtre : une représentation filmée des «Fourberies de Scapin» de Molière, mise en scène de Jean-Louis Benoît. Ce portrait intimiste d’Ingrid Bergman mêle interviews de l’actrice, documents amateurs et témoignages d’Isabella Rossellini et de Pia Lindstrom, les filles de la star. Un documentaire. C’est en Suède qu’elle naquit et qu’elle débute à l’écran. Hollywood qui rêvait de trouver une remplaçante à une Garbo vieillissante, est subjugué par la fraîcheur de celle qui venait de triompher dans son pays dans Intermezzi. Débarquant à Hollywood, elle tourne la version américaine mais les producteurs cherchèrent longtemps comment l’utiliser. Ce fut le triomphe de Casablanca qui la propulse au faite. Elle remporte un Oscar avec Gaslightt et devient l’actrice fétiche de Hitchcock. Mais elle n’aime pas Hollywood, s’enthousiasme pour le néo-réalisme italien, et va tourner sous la direction de Rosselini Stomboli. C’est le scandale. Celle qui avait été «Jeanne d’Arc» à l’écran se révèle être une... pécheresse adultérienne. Elle est mis au bans de Hollywood et végétera en Europe jusqu’à son retour en force sur les écrans américains avec Anastasia. Elle est absoute... La fin de sa vie sera poignante. Elle luttera des années contre le cancer... Diffusion mardi à 20h00 sur le Canal 9 Claude Chabrol s’est fait une réputation de pourfendeur de la bourgeoise française. C’est ce qu’il fait dans Inspecteur Lavardin qui se présente comme une comédie policière. Automne 1985. Raoul Mons, écrivain catholique notoire, déjeune ce jour-là avec sa femme Hélène, la fille de celle-ci, Véronique, qui fête ses 13 ans, et Claude, l’oncle de la petite. Mais le repas est interrompu par une délégation de notables venue solliciter son aide pour obtenir l’interdiction d’une pièce, Notre paire qui êtes aux cieux, tenue pour blasphématoire. Mons leur obtient gain de cause auprès du maire de Saint-Malo. Quelque temps plus tard, il est assassiné et son corps retrouvé nu sur la plage avec le mot «porc» inscrit sur son dos au rouge à lèvres. C’est à l’inspecteur Lavardin qu’est confiée l’enquête et celui-ci est fort surpris de retrouver, en Hélène Mons, une ancienne amie de cœur dont il était sans nouvelles depuis vingt ans. Et plus encore de la savoir veuve pour la seconde fois. L’inspecteur perspicace finit par découvrir que la victime menait en fait une double vie. Le succès de Poulet au vinaigre a sans doute incité. Jean Poiret à renouer avec ce policier cynique qui, au besoin, n’hésite pas à rudoyer les suspects. Et, cette fois, pour notre plus grande jubilation, il ne quitte pratiquement jamais l’écran. La réalisation de Claude Chabrol est au diaposon, c’est-à-dire brillante. Diffusion mardi à 21h00 sur le Canal 9 Innocent Victims se présente comme un feuilleton en deux épisodes. C’est l’histoire d’une erreur judiciaire le personnage principal étant Tim Hinnis un jeune sergent de l’armée américaine accusé de meurtre. Il est en fait, la victime d’un système judiciaire plus que corrompu puisque l’avocat de l’accusation, afin d’attirer l’attention des médias sur sa personne, réunit de vagues preuves et des témoins contestables, tout ceci sous des aspects tactiques purement légaux. Face à l’accusation, la femme, les parents et les deux avocats de Tim unissent leurs efforts pour prouver que les preuves ont été «fabriquées» et que des témoins dont on avait perdu la trace sont retrouvés. Le procès finira par établir l’innocence de Tim, et à la conclusion que la quête du «sensationnel» dans une affaire criminelle peut fausser la justice et envoyer un innocent à la mort. Rick Schroder est la vedette de ce téléfilm. Diffusion jeudi et vendredi à 21h30 sur Future TV Dans la morosité ambiante des programmes, le cycle Hitchcock se poursuit, pour la plus grande joie des cinéphiles avec ce soir le mythique Psycho. Tout d’abord, un bref rappel de l’intrigue. Marion Crane vole 40 000 dollars à son patron George Lowery. Elle espère ainsi pouvoir vivre avec son amant Sam Loomis. Elle fuit en voiture mais, contrainte par la pluie à s’arrêter, elle se rend dans un motel où elle fait la connaissance du directeur Norman Bates. Mais, alors qu’elle prend une douche, Marion est sauvagement poignardée par la mère de bates. Ce dernier cache le cadavre de Marion. Le détective Milton Arbogast, chargé de retrouver Marion et l’argent qu’elle a volé, se rend au motel, décidé à voir la mère de Bates, la soupçonnant d’être liée à la disparition de Marion... Les très grands cinéastes réussissent une fois tous les dix ans un film de la classe et de la perfection de Psycho : les autres rêvent toute leur vie d’en faire un... C’est dire que Psycho n’est pas un simple film à suspense mais une des œuvres majeures d’Hitchcock dans laquelle tous les thèmes qui lui sont chers forment un entrelacs. Dans son livre «Le Cinéma selon Hitchcock», Truffaut écrit à propos de Psycho : «Toute la construction du film me fait penser à une sorte d’escalier de l’anormal ; tout d’abord, une scène d’adultère, puis un vol, puis un crime, deux crimes, et enfin la psychopathie ; chaque étape nous fait monter d’une marche». Dès les premiers plans, le drame est situé avec une précision diabolique : Phoenix (Arizona), vendredi 11 décembre, 14h43. L’étreinte de John Gavin et janet Leigh a quelque chose de désespéré et le spectateur prend conscience qu’un danger menace. Chaque détail va, par la suite, nous précipiter dans un labyrinthe dont Hitchcock est le guide tout-puissant. Vainement, nous tentons de temps en temps de «faire le point» sur cette histoire qui se déroule implacablement et la révélation finale, l’un des coups de théâtre les plus hallucinants de l’histoire du cinéma, stupéfie tout autant par la soudaineté de la révélation que par la rigueur psychologique dont Hitchcock a fait preuve durant tout le film. Si vous connaissez déjà Psycho, vous retrouverez un film toujours aussi passionnant et toujours aussi terrifiant dont les moindres éléments (par exemple le policier qui symbolise une dernière fois le destin) ont une importance capitale. Pour Hitchcock, rien n’est jamais gratuit et le décor (cet étonnant «gothique californien»), comme la musique jouent un rôle primordial. Si vous découvrez au contraire pour la première fois le film, vous allez deux heures durant devenir le jouet d’Hitchcock qui va vous entraîner dans la plus terrible des aventures criminelles, misant tout autant sur vos nerfs que sur votre intelligence. Diffusion jeudi à 23h15 sur MTV Les fourberies de Scapin. Comédie en trois actes de Molière, mise en scène de Jean-Louis Benoît. Profitant de l’absence de son père, le très autoritaire Géronte, Octave s’est marié sans son consentement. Quant à son ami Léandre, fils d’un vieux barbon avare, il lui faut trouver une coquette somme pour délivrer celle qu’il aime. Prince des fourbes, le valet Scapin s’entremet toujours prompt à échaffauder d’habiles stratagèmes. Dans le rôle-titre, Philippe Torreton, à l’affiche du très attendu Henry V également mis en scène par J-L Benoît, impressionne par son charisme et la grande maîtrise de son jeu. Brillant, drôle et enlevé, le spectacle ne souffre guère du passage au petit écran. Diffusion vendredi à 21h00 sur le Canal 9 Légendes: 1: Portrait de star : Ingrid Bergman. 2: L’inspecteur Lavardin : Jean Poiret et Max (Jean-Luc Bideau). 3: Psycho : Hitchcock le maître du suspense !
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