Il semble qu’on entre en modernité de mille et une manières. Celle qu’a choisie la vénérable maison Vuitton, le célèbre maroquinier, ne manque ni d’audace, ni d’originalité. Un artiste américain, Stephen Sprouse, a été sollicité d’abandonner l’«underground» new-yorkais pour venir «graffiter» (lire «tagger») à la bombe vêtements, sacs et bagages. Marc Jacobs, auteur de la collection, ne s’est nullement opposé à ce coup de pub-saccage. Le bain en «Day-Glo» (la peinture fluo utilisée pour le saccage) n’a pas, malgré son vigoureux «tag», éclipsé la réforme du style Vuitton. Le coup de graffiti n’a pas escamoté la grande et radicale réforme du style de la maison. Inspirée des années 80 et de la révolte des artistes réclamant, par des graffitis, leur place au soleil, la rejouvance Vuitton annonçait ainsi son avènement. Pour souligner la référence révolutionnaire, Vuitton faisait venir des États-Unis le père même du mouvement, Stephen Sprouse, figure emblématique du mouvement «underground». Le pape même de l’anticulture (ou contre-culture) annonçait ainsi à l’aide de sa bombe de peinture l’éclosion d’un nouvel esprit, moins coïncé et suranné que celui du passé... Avec Marc Jacobs aux commandes, Vuitton se modernise, s’exhibe, oublie à jamais son air coïncé. Détail qui a son importance : le rebelle Stephen Sprouse, en 1983, à part ses activités coloristes sur murs et véhicules publics, était l’auteur de collections de mode féminine. Autant d’affinités qui serviraient encore mieux la cause du renouveau de la maison française. «Marc Jacobs, explique Sprouse, voulait des “tags” sur ses bagages. J’ai trouvé l’idée drôle. J’avais déjà travaillé à cela sur mes propres créations, il y a une vingtaine d’années...». Détail qui a son importance et concède une valeur spéciale aux graffitis des bagages et articles Vuitton : Sprouse fait partie des artistes choisis par la Nasa pour décorer la station devant remplacer Mir...
Il semble qu’on entre en modernité de mille et une manières. Celle qu’a choisie la vénérable maison Vuitton, le célèbre maroquinier, ne manque ni d’audace, ni d’originalité. Un artiste américain, Stephen Sprouse, a été sollicité d’abandonner l’«underground» new-yorkais pour venir «graffiter» (lire «tagger») à la bombe vêtements, sacs et bagages. Marc Jacobs, auteur de la collection, ne s’est nullement opposé à ce coup de pub-saccage. Le bain en «Day-Glo» (la peinture fluo utilisée pour le saccage) n’a pas, malgré son vigoureux «tag», éclipsé la réforme du style Vuitton. Le coup de graffiti n’a pas escamoté la grande et radicale réforme du style de la maison. Inspirée des années 80 et de la révolte des artistes réclamant, par des graffitis, leur place au soleil, la rejouvance Vuitton...
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