Deux tables, six chaises et une centaine d’espressos par jour : un minuscule café ouvert depuis deux mois au cœur de la Cité interdite de Pékin a déchaîné une tempête de protestations patriotiques au pays des buveurs de thé. L’établissement, ouvert par la chaîne américaine Starbucks, fait figure d’envahisseur occidental dans l’immense palais six fois centenaire des empereurs chinois. Selon une étude menée par le site Internet chinois Sina.com auprès de 60 000 internautes, 70 % des Pékinois sont hostiles à la présence de Starbucks à la Cité interdite. La plupart estiment que le café «ruine le patrimoine culturel chinois». Certains visiteurs étrangers ne sont pas loin de partager leur appréhension de «l’impérialisme culturel» américain dans un site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. «Ca ne va pas très bien dans le décor», déplore Torunn Arntsen, une touriste norvégienne. «Il faudrait quelque chose de plus chinois, une maison de thé, par exemple». L’établissement, situé dans une annexe du Palais de l’harmonie préservée, l’un des plus majestueux de la Cité, est pourtant invisible de l’extérieur. Tentant de désamorcer la polémique, Starbucks a même retiré son enseigne intérieure. «Nous devons garder profil bas», explique David Sun, président de la société chinoise qui a déjà ouvert en franchise 19 Starbucks à Pékin. Les conservateurs du palais impérial expliquent que la licence accordée à Starbucks s’inscrit dans un effort d’amélioration des services aux touristes, qui n’ont aucun endroit décent pour se restaurer dans l’immense enceinte. Des dizaines de marchands de souvenirs ont ouvert depuis des années des échoppes criardes à l’intérieur et tout autour du palais, mais personne ne semble se scandaliser de cette atteinte au patrimoine par les autochtones.
Deux tables, six chaises et une centaine d’espressos par jour : un minuscule café ouvert depuis deux mois au cœur de la Cité interdite de Pékin a déchaîné une tempête de protestations patriotiques au pays des buveurs de thé. L’établissement, ouvert par la chaîne américaine Starbucks, fait figure d’envahisseur occidental dans l’immense palais six fois centenaire des empereurs chinois. Selon une étude menée par le site Internet chinois Sina.com auprès de 60 000 internautes, 70 % des Pékinois sont hostiles à la présence de Starbucks à la Cité interdite. La plupart estiment que le café «ruine le patrimoine culturel chinois». Certains visiteurs étrangers ne sont pas loin de partager leur appréhension de «l’impérialisme culturel» américain dans un site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. «Ca ne...
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