Un mystérieux admirateur a réglé une dette en suspens depuis 105 ans de l’écrivain britannique Oscar Wilde auprès d’un chapelier de Londres. Le personnel de James Lock et Co – le plus ancien chapelier britannique – a eu la surprise en ouvrant le courrier, jeudi, jour du centenaire de la mort d’Oscar Wilde, de trouver un chèque de 3 livres et 6 shillings (environ 5 dollars). Une lettre accompagnant le chèque expliquait que l’argent devait être utilisé pour effacer une dette de l’écrivain. «Je me dois de présenter des excuses en son nom pour cette dette due depuis si longtemps», disait la lettre, signée par un certain Royston Du Marier. Ce mystérieux correspondant n’a pu être retrouvé vendredi et personne n’a pu établir s’il avait un lien quelconque avec Oscar Wilde. Selon les registres de la boutique, l’écrivain dandy, très soucieux de son apparence, avait commandé en 1895 un chapeau claque, un chapeau melon et un chapeau mou, avec une bordure en velours. Mais Oscar Wilde n’a jamais eu l’occasion de régler ses achats. Peu de temps après, il fut condamné à être détenu à la prison de Reading, après avoir été reconnu coupable d’avoir eu des relations homosexuelles. Relâché deux ans plus tard, sa réputation ternie, il ne retrouva jamais le succès d’avant sa condamnation. Il s’éteignit en 1900, à 46 ans, dans un minable hôtel de Paris, sans le sou... et sans avoir payé ses chapeaux. Selon Janet Taylor, qui s’exprimait pour la société James Lock et Co, Oscar Wilde n’aurait jamais été poursuivi pour cette dette par le chapelier, qui entendait adopter une approche de gentleman pour ce genre d’indélicatesses. Au cours d’aujourd’hui, la dette d’Oscar Wilde s’élèverait à environ 200 livres. «Il a été dans le registre des dettes pendant 105 ans. On aurait aussi bien pu attendre cent autres années... Mais, je pense que vu la nature distinctive de cette épisode, nous conserverons le chèque et la lettre», a dit Janet Taylor. «Un siècle après sa mort, il est bien de voir certains fantômes de sa vie s’effacer», a-t-elle conclu.
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